Élections législatives bulgares de 2014

Élections législatives bulgares de 2014
240 sièges de l'Assemblée nationale
(Majorité absolue : 121 députés)
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 071 395
Votants 3 501 269
49,51 %  −1,8
Votes exprimés 3 283 192
Votes nuls 218 077
Boyko Borisov EPP 2014.jpg GERB – Boïko Borissov
Voix 1 072 491
32,67 %
 +2,1
Sièges obtenus 84  −13
Mishomikov.jpg BSP-LB – Mihaïl Mikov
Voix 505 527
15,40 %
 −11,2
Sièges obtenus 39  −45
Lutfi Mestan Chairman of DPS.jpg DPS – Lioutvi Mestan
Voix 487 134
14,84 %
 +3,5
Sièges obtenus 38  +2
Defaut.svg RB –
Voix 291 806
8,89 %
Sièges obtenus 23  +23
Defaut.svg PF – Valeri Simeonov
Voix 239 101
7,28 %
Sièges obtenus 19  +19
Defaut.svg BBT – Nikolay Barekov
Voix 186 938
5,69 %
Sièges obtenus 15  +15
Premier ministre
Sortant Élu
Gueorgui Bliznachki
Ind.
Boïko Borissov
GERB

Les élections législatives bulgares de 2014 (en bulgare : Парламентарни избори в България 2014) ont eu lieu le dimanche [1] afin d'élire les deux cent quarante députés de la quarante-troisième législature de l'Assemblée nationale pour un mandat de quatre ans.

Contexte

Un gouvernement de gauche contesté

Le résultat des élections législatives du 12 mai 2013 semble amener à un blocage de l'Assemblée nationale. Tandis que les Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), au pouvoir depuis 2009, confirment leur statut de premier parti bulgare, avec une perte de vingt sièges, la Coalition pour la Bulgarie (KZB) double son nombre d'élus. Dans l'hémicycle, forces de gauche et de droite disposent chacune de 120 sièges, soit l'exacte moitié du Parlement.

Toutefois, l'Union nationale Attaque (Ataka) refusant de soutenir un gouvernement des GERB, la KZB forme un gouvernement de coalition avec le Mouvement des droits et des libertés (DPS) sous la direction de l'indépendant de centre-gauche Plamen Orecharski, qui bénéficie de l'abstention bienveillante d'Ataka. Ce gouvernement, quasi-minoritaire à l'Assemblée, est contesté dans la rue par de nombreux manifestants, qui protestent également contre la corruption et le chômage.

Une crise politique née des européennes

Si les élections européennes du 25 mai 2014 confirment que les GERB, la KZB et le DPS forment les trois principales forces politiques du pays, le fort taux d'abstention — qui s'établit à 63,7 % — et la percée du parti populiste Bulgarie sans censure (BBT) amènent les libéraux turcs[2] puis les socialistes à retirer leur soutien au gouvernement et demander la tenue d'élections anticipées[3].

Après avoir consulté les partis politiques, le président de la République Rossen Plevneliev annonce que le scrutin anticipé aura lieu à l'automne, fin septembre ou début octobre[4].

Mode de scrutin

L'Assemblée nationale (en bulgare : Народното събрание) est élue pour un mandat de quatre ans et se compose de 240 députés élus selon un mode de scrutin mixte dans 31 circonscriptions électorales correspondants aux vingt-huit districts Bulgares (oblasti), auxquels se rajoutent un siège pour la ville de Plovdiv et deux pour la ville de Sofia. 31 sièges sont pourvus au scrutin majoritaire à un tour dans chacune des circonscriptions, et les 209 sièges restants le sont au Scrutin proportionnel plurinominal au plus fort reste de Hare entre les listes de candidats ayant remporté au moins 4 % des suffrages exprimés au niveau national[5].

Principales forces en présence

Force politique Idéologie Chef de file Résultats en 2013
Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie
Граждани за европейско развитие на България
Centre droit
Conservatisme, libéralisme, europhilie
Boïko Borissov 30,5 % des voix
97 députés
Parti socialiste bulgare-Bulgarie de gauche
Българска социалистическа партия-Лява България
Centre gauche
Social-démocratie, progressisme, europhilie
Mihaïl Mikov 26,6 % des voix
84 députés
Mouvement des droits et des libertés
Движение за права и свободи
Centre
Libéralisme, intérêts de la minorité turque
Lioutvi Mestan 11,3 % des voix
36 députés
Union nationale Attaque
Национално обединение Атака
Extrême droite
Nationalisme, conservatisme, populisme
Volen Nikolov Siderov 7,3 % des voix
23 députés

Sondages

Résultats

Voix et sièges

Élections législatives bulgares de 2014[6]
Inscrits 7 071 395
Abstentions 3 570 126 50,49 %
Votants 3 501 269 49,51 %
Bulletins enregistrés 3 501 269
Bulletins blancs ou nuls 218 077 6,23 %
Suffrages exprimés 3 283 192 93,77 % 240 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) Boïko Borissov 1 072 491 32,67 %
84 / 240
en diminution 13
Parti socialiste bulgare-Bulgarie de gauche (BSP-LB) Mihaïl Mikov 505 527 15,4 %
39 / 240
en diminution 45
Mouvement des droits et des libertés (DPS) Lioutvi Mestan 487 134 14,84 %
38 / 240
en augmentation 2
Bloc réformateur (RB) 291 806 8,89 %
23 / 240
en augmentation 23
Front patriotique (PF) Valeri Simeonov 239 101 7,28 %
19 / 240
en augmentation 19
Bulgarie sans censure (BBT) Nikolay Barekov 186 938 5,69 %
15 / 240
en augmentation 15
Union nationale Attaque (ATAKA) Volen Nikolov Siderov 148 262 4,52 %
11 / 240
en diminution 12
Alternative pour la renaissance bulgare (ABV) Gueorgui Parvanov 136 223 4,15 %
11 / 240
en augmentation 11
Autres listes Néant 215 710 6,57 %
0 / 240

Analyse

Pour la troisième fois consécutive depuis sa création, le parti des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie arrive en tête des élections législatives, marquées par une très forte abstention puisque moins d'un électeur sur deux s'est déplacé. Cependant, comme au scrutin anticipé de 2013, les GERB accusent un recul en sièges qui les éloigne de la majorité absolue à l'Assemblée. L'alliance Parti socialiste bulgare-Bulgarie à gauche, qui succède à la Coalition pour la Bulgarie (KZB), réédite le schéma habituel de cette force politique, à savoir une forte chute lors du scrutin qui suit une forte hausse. À 18 000 voix et un siège près, elle aurait pu céder son statut de deuxième force du pays au Mouvement des droits et des libertés.

Plusieurs partis récemment créés font leur entrée à l'Assemblée, qui compte un total de huit forces politiques en son sein, un record depuis la chute du communisme. Si le parti xénophobe et nationaliste de l'Union nationale Attaque connaît un important recul, au point de frôler l'éjection de l'hémicycle, les formations populistes réussissent une belle percée dans la mesure où le Front patriotique et la Bulgarie sans censure totalisent près de 15 % des mandats ; par ailleurs, deux forces modérées et pro-européennes profitent du recul des grands partis, à savoir le Bloc réformateur, créé à l'initiative de l'ancienne commissaire européenne Meglena Kouneva, et l'Alternative pour la renaissance bulgare, emmené par l'ancien président de la République et ancien socialiste Gueorgui Parvanov.

Ce scrutin laisse donc un Parlement bulgare totalement éclaté, sans majorité claire, alors même que le pays traverse depuis plus d'un an et demi une crise politique majeure.

Conséquences

Le président des GERB Boïko Borissov forme un gouvernement de coalition l'associant au Bloc réformateur et à l'ABV. Il bénéficie du soutien sans participation du Front patriotique et de la Bulgarie sans censure.

Notes et références

Annexes

Article connexe