Élections législatives bissau-guinéennes de 2019

Élections législatives bissau-guinéennes de 2019
102 sièges à l'Assemblée nationale populaire
(majorité absolue : 52 sièges)
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Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert
Sièges sortants 57
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Parti du renouveau social
Sièges sortants 41

Les élections législatives bissau-guinéennes de 2019 se déroulent le 10 mars 2019 en Guinée-Bissau afin de renouveler les 102 membres de la chambre de l'assemblée nationale populaire.

Élections législatives bissau-guinéennes de 2019

Sommaire

Contexte

Les élections doivent mettre fin à plusieurs années de crise politique courant depuis août 2015, lorsque le président José Mário Vaz limoge le premier ministre Domingos Simões Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), au pouvoir et dont fait également partie José Mário Vaz, suite à des dissensions entre les deux hommes. L'investiture du successeur de Pereira, Baciro Djá, est invalidée par la Cour suprème le premier septembre, et le PAIGC l'exclu du parti. Carlos Correia, candidat avancé par le PAIGC, le remplace deux semaines plus tard.

Le , le président José Mário Vaz le limoge à son tour avec son gouvernement[1]. Baciro Djá lui succède[2]. Cependant, le gouvernement refuse de céder le pouvoir[3], et décide de ne pas quitter le siège du gouvernement au profit du gouvernement Djá. En réaction, la Justice bissau-guinéenne fait couper l'eau et l'électricité dans le bâtiment, et en interdit l'entrée aux ministres déjà sortis[4]. Le , il quitte finalement le siège du gouvernement avec ses ministres[5]. Il est alors remplacé par Baciro Djá, désormais étiqueté indépendant.

Un accord de sortie de crise est signé à Conakry le 12 octobre 2016, et Umaro Sissoco Embaló, (PAIGC), devient premier ministre le 18 novembre 2016 avec pour objectif l'organisation au plus vite de nouvelles législatives, mais il démissionne le 12 janvier 2018, considérant que les conditions lui permettant de continuer à exercer ses fonctions n'étaient pas remplies. Les dissensions au sein du parti au pouvoir ont entre temps entrainées le départ de 15 députés sur 57, faisant perdre au PAIGC sa majorité absolue a l'assemblée, composée de 102 sièges. Le président Vaz nomme alors Artur Silva avec le soutien des 15 frondeurs et des 41 députés du Parti du renouveau social (PRS), auparavant dans l'opposition. La crise perdure ainsi au sein de la classe politique[6].

Un nouvel accord de sortie de crise est conclu le 14 avril 2018 à Lomé au sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Celui ci abouti à la désignation d’un Premier ministre de consensus, Aristides Gomes, chargé de conduire le pays aux législatives, fixées au 18 novembre[7].. Le 19 avril, le Parlement prolonge son mandat, qui devait expirer le 23 avril 2018, jusqu'à la proclamation des résultats des nouvelles élections législatives[8]. Le financement nécessaire à l'organisation des élections est évaluée à 5 milliards de francs CFA, soit 7,5 millions d'euros, une somme dont le pays ne dispose pas. En juilllet, le gouvernement n'a ainsi pu débloquer que moins de 15 % des fonds nécessaires, soit 1 million d'euros. Le Premier ministre Aristides Gomes se déplace dans plusieurs pays d'Afrique occidentale afin de plaider un soutien de la part de ses voisins de la CEDEAO. Le 5 juin, il se déplace à Bruxelles afin de quérir celui de l'Union européenne[9]. Un report du scrutin est alors jugé probable[10].

En octobre, la Cédéao, l’Union africaine (UA) et les Nations unies se « se félicitent des avancées enregistrées dans la stabilisation du pays »[11]. Un report devient cependant inévitable, du fait notamment du retard pris dans le recensement électoral, censé s’achever le 20 octobre mais prolongé jusqu’au 20 novembre suite aux difficultés dans l’enrôlement des 886 292 électeurs[12].

Le président Vaz rassure néanmoins la communauté internationale en annonçant que le gouvernement d'Aristide Gomes sera prolongé jusqu'à la tenue effective des élections[13] Le premier ministre organise des consultations entre les différents partis sur une nouvelle date pour les élections. Plusieurs alternatives sont envisagées, s‘échelonnant entre le 16 décembre et le 27 janvier de l'année suivante[14]. Le recensement, alors achevé à 70 %, est prolongé de quinze jours jusqu'au 5 décembre. La tenue des élections avant la fin de l'année est des lors compromise[6]. Le 20 décembre, José Mario Vaz les fixe par décret présidentiel au 10 mars l'année suivante, après plusieurs jours de consultations menée par le Premier ministre, au cours desquelles une majorité de partis se prononcent pour cette date, les 17 et 24 février ayant également été évoqués[15].

Mode de scrutin

L'assemblée nationale populaire est composée de cent deux sièges pourvus tous les cinq ans dont cent au scrutin proportionnel plurinominal avec liste bloquées dans vingt sept circonscriptions plurinominales. Suite à une réforme récente, les deux sièges restants sont élus par la diaspora, présente notamment en Afrique et en Europe[8].

Campagne

Les partis ont du premier au dix janvier pour présenter leurs listes de candidats auprès de la Cour suprême de justice (CSJ) qui statue sur leurs validité dans sous huit jours, la campagne électorale devant démarrer le 16 février pour s'achever le 8 mars 2019[16].

Résultats

Résultats des législatives bissau-guinéennes de 2019
Partis Voix % Sièges +/-
Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)
Parti du renouveau social (PRS)
Nouveau parti de la démocratie (PND)
Parti de la convergence démocratique (PCD)
Parti républicain pour l'indépendance et le développement (PRID)
Union pour le changement (UM)
Parti démocratique guinéen
Résistance de la Guinée-Bissau-Mouvement Bafatá
Autres partis
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 102 Steady.svg
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et références

  1. « Nouvelle dissolution d’un gouvernement en Guinée-Bissau - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 29 mai 2016)
  2. « Guinée-Bissau: le nouveau Premier ministre contesté prête serment », sur TV5MONDE (consulté le 28 mai 2016)
  3. « Guinée-Bissau: le gouvernement dissout refuse la nomination de Baciro Djá - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 29 mai 2016)
  4. « Guinée-Bissau: l'étau se resserre autour du gouvernement déchu - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 9 juin 2016)
  5. « Guinée-Bissau: les ministres réfractaires ont quitté le Palais du gouvernement - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 10 juin 2016)
  6. a et b « Guinée-Bissau : le recensement électoral encore prolongé », sur Jeune Afrique,
  7. Décret de nomination du nouveau Premier ministre bissau-guinéen, VOA Afrique, 16 avril 2018
  8. a et b Assembleia Nacional Popular (Assemblée nationale populaire Union Interparlementaire
  9. Guinée-Bissau : l'UE sollicitée pour financer les législatives du 18 novembre
  10. Guinée-Bissau : probable report des législatives
  11. « Guinée Bissao: la communauté internationale se félicite des avancées enregistrées dans la stabilisation du pays », sur guineelive, .
  12. Guinée-Bissau : Vaz chez Buhari, impossibilité de tenir les législatives à la date prévue
  13. [1]
  14. Guinée-Bissau : des législatives après le recensement électoral
  15. Bissau: les législatives fixées au 10 mars pour dénouer une longue crise politique
  16. Guinée-Bissau : fin du dépôt des candidatures aux législatives le 10 janvier

Voir aussi