Élections générales italiennes de 2018

Élections générales italiennes
de 2018
630 députés de la Chambre des députés
315 des 320 membres du Sénat
Type d’élection Élections législatives et
sénatoriales
Matteo Renzi crop 2015.jpeg Parti démocrate – Matteo Renzi
Députés sortants 297
Sénateurs sortants 99
Luigi Di Maio portrait.jpg Mouvement 5 étoiles – Luigi Di Maio
Députés sortants 88
Sénateurs sortants 35
Pietro Grasso crop.jpg Libres et égaux – Pietro Grasso
Députés sortants 60
Sénateurs sortants 23
Silvio Berlusconi crop 2015.jpeg Forza Italia – Silvio Berlusconi
Députés sortants 57
Sénateurs sortants 46
Beatrice Lorenzin.jpg Alternative populaire – Beatrice Lorenzin
Députés sortants 28
Sénateurs sortants 27
Matteo Salvini 2.jpg Ligue du Nord – Matteo Salvini
Députés sortants 22
Sénateurs sortants 12
Gouvernement
Sortant
Gentiloni
(PD-AP-UdC)
Législature élue
XVIIIe

Les élections générales italiennes de 2018 est un scrutin de type parlementaire devant se tenir le , après l'expiration naturelle de la XVIIe législature de la République italienne. Elles se tiendrons à la suite de la dissolution du Parlement du . Ce scrutin doit pourvoir à l'élection de 315 des 320 membres du Sénat et des 630 membres de la Chambre des députés.

Ces élections générales auront lieu un peu plus d'un an après le référendum constitutionnel de 2016, à l'issue duquel la plus importante réforme constitutionnelle de l'après-guerre proposée par le gouvernement de Matteo Renzi a été largement rejetée par les électeurs ayant pris part au vote. En outre, l'adoption, par le Parlement en octobre 2017, d'une nouvelle loi électorale régissant les modalités propres aux élections générales a été rendue nécessaire après l'abrogation partielle de la loi Calderoli et la censure, par la Cour constitutionnelle, de la loi électorale votée par les parlementaires en 2015 et baptisée « Italicum ».

Les députés et sénateurs désignés à l'occasion de ces élections siégeront pour la XVIIIe législature de la République italienne.

Contexte

Une situation politique instable

À l'issue des élections générales des et , aucune des deux principales coalitions, dirigées par Pier Luigi Bersani pour le centre gauche et Silvio Berlusconi pour le centre droit, ne parvient à remporter la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat, ce qui pose problème compte-tenu du bicaméralisme parfait régi par la Constitution en vigueur en Italie. À cette confusion s'est ajouté le succès électoral du Mouvement 5 étoiles (M5S) dirigé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, dont la percée a profondément bouleversé l'échiquier politique transalpin, jusqu'ici largement dominé par le bipartisme et désormais bouleversé par le succès d'une formation généralement qualifiée de populiste.

Après ces élections, la possibilité de voir le pays ingouvernable et fracturé en trois bloc hétérogènes est parue crédible et a inquiété les partenaires de l'Italie, notamment l'Union européenne, déjà préoccupée par la situation économique atone de la péninsule qui peine à sortir de la récession malgré les plans d'austérité préparés par le gouvernement Monti.

Alors que son septennat, entamé le , allait toucher à sa fin, le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, âgé de 87 ans, a tenté de résoudre, par plusieurs moyens, la crise politique issue de ces élections ; après plusieurs tours de scrutin infructueux, il est finalement réélu le par les grands électeurs, incapables de lui trouver un successeur susceptible de résoudre cette crise politique. Soucieux de préserver le pays des conséquences d'une crise post-électorale trop longue, le président Napolitano parvient à conjurer celle-ci en confiant la formation d'un gouvernement d'union nationale au démocrate Enrico Letta, qui n'est toutefois pas parvenu à convaincre le parti de Grillo de soutenir ledit cabinet, composé de plusieurs ministres représentant la coalition emmenée par Berlusconi.

Quelques mois plus tard, ceux-ci quittent le parti du Cavaliere pour fonder un nouveau parti de centre droit afin de protester contre l'influence de l'ex-président du Conseil dans la conduite des affaires publiques au gré de ses ennuis judiciaires, entamant ainsi le déclin progressif de Berlusconi qui, a de son côté, refondé son ancien parti Forza Italia.

Mais, contesté au sein de sa propre famille politique pour la lenteur des réformes entreprises par son gouvernement, Enrico Letta est finalement renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate, dirigé par Matteo Renzi, qui le remplace à la présidence du Conseil le . L'arrivée au pouvoir de ce jeune et ambitieux politicien, qui a promis d'envoyer « à la casse » la vieille classe politique, tend à bousculer encore un peu plus le paysage politique, en voie à une certaine forme de renouvellement incarnée par Renzi lui-même et ses plus fidèles, comme Maria Elena Boschi.

L'hégémonie de Matteo Renzi sur le centre gauche

Résolu à être présenté comme un réformateur, Matteo Renzi a fait voter plusieurs lois qui ont réformé le pays, dont certaines lui ont valu quelques contestations au sein même de sa propre majorité lorsqu'il a, par exemple, voulu moderniser le marché du travail en introduisant les Jobs Act, une loi contestée par l'aile gauche du Parti démocrate ; en outre, le gouvernement Renzi a fait voter, par les parlementaires, un texte de loi ouvrant le droit, pour les couples de même sexe, à l'union civile, ce qui a toutefois suscité les réserves du Nouveau Centre-droit d'Angelino Alfano, principal partenaire des démocrates au sein de la coalition.

Dans le même temps, Matteo Renzi parvient à imposer une certaine hégémonie sur le centre gauche qui fragilise, dans le même temps, le chef de file historique de la droite italienne, Silvio Berlusconi, avec lequel des accords ponctuels devaient être initialement conclus pour les réformes institutionnelles envisagées par le cabinet Renzi. Ainsi, au mois de , après la démission du président Giorgio Napolitano qui ne souhaitait pas mener son second septennat jusqu'à son terme, Renzi s'est résolu à présenter la candidature du juge constitutionnel Sergio Mattarella.

Ayant promis, dès son arrivée au pouvoir, de mettre un terme au bicamérisme parfait, Matteo Renzi et son exécutif ont présenté, dès le mois d', un projet de loi diminuant considérablement les pouvoirs du Sénat de la République ; alors que les membres de la chambre haute étaient jusqu'à présent désignés en même temps que les députés, cette réforme ferait de cette institution un organe élu au suffrage indirect, constitué de cent membres dont quatre-vingt-quinze élus parmi les conseils régionaux et cinq par le président de la République. Adopté par les députés puis par les sénateurs, le projet est ensuite soumis, le , par référendum, aux citoyens italiens qui le rejettent massivement par 59, 1 % des voix en faveur du « non » contre 40,8 % pour le « oui ».

Système électoral

Contexte

Le système électoral pour l'élection des membres de la Chambre des députés avait été modifié par la loi Italicum du 6 mai 2015[1]. Mais cette loi avait fait l'objet d'une déclaration partielle d'inconstitutionnalité par la Cour constitutionnelle en janvier 2017.

Le mode d'élection des membres du Sénat de la République restait réglementé par la loi 270 du 21 décembre 2005, qui s'appliquait déjà pour les trois précédentes élections générales. Cependant, la loi avait été jugée en partie inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle en décembre 2013[2].

Une réforme électorale a donc été entreprise en 2017 pour unifier ces deux modes d'élections qui risquaient de rendre l'Italie ingouvernable du fait de leurs différences. C'est ainsi que la loi Rosatellum bis a été promulguée le 3 novembre 2017 pour instaurer un système mixte pour les deux chambres du Parlement. Il s'agit donc de la loi applicable pour ce scrutin, remisant l'Italicum sans que ce régime n'ait pu être appliqué une seule fois.

Fonctionnement

Article détaillé : Loi électorale italienne de 2017.
Le bulletin de vote utilisé

Les élections se déroulent sur un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte, avec 36 % de sièges alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et 64 % au scrutin proportionnel. Le Sénat et la Chambre des députés utilisent tous deux la méthode d'Hondt pour l'attribution des sièges.

Cette loi a également ré-introduit les listes fermées de parti, interdisant à nouveau aux électeurs le panachage, ce qui avait été autorisé dans la loi électorale de 2015, l'Italicum.

Chambre des députés

La Chambre des députés est composée de 630 députés élus pour cinq ans, dont

  • 232 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales.
  • 398 sont élus par la représentation proportionnelle nationale.
    • Ils sont ensuite répartis dans des circonscriptions plurinominales dont le cadre ne dépasse pas le territoire régional avec un seuil électoral de facto de 3 %.
  • Sur ces 398, 12 sont élus par les Italiens de l'étranger dans des circonscriptions plurinominales.

La chambre des députés est élue sur un bulletin de vote unique. Le bulletin de vote comprend le candidat au scrutin uninominal de la circonscription et les partis et les listes qui le soutiennent, ce qui est utilisé pour déterminer l'attribution proportionnelle des sièges au niveau régional, avec un seuil minimal de 3 %.

Sénat de la République

Le Sénat de la République est composé 315 sénateurs élus pour cinq ans dont:

  • 116 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales.
  • 199 sont élus à la représentation proportionnelle dans des circonscriptions plurinominales régionales avec un seuil électoral de facto de 3 %.
  • Sur ces 199, 6 sont élus par les Italiens de l'étranger dans des circonscriptions plurinominales
  • À ces 315 sénateurs s'ajoutent un petit nombre variable de sénateurs à vie composé d'anciens présidents de la République et de plusieurs autres personnes nommées à vie par le président de la République en exercice.

Comme pour la chambre, le Sénat est élue sur un bulletin de vote unique.

Principales forces en présence

Coalition Parti Idéologie Dirigeant
Coalition de centre-gauche Parti démocrate (PD) Social démocratie Matteo Renzi
Ensemble (E) Progressisme Riccardo Nencini
Alternative populaire (AP) Centrisme Beatrice Lorenzin
Parti populaire sud-tyrolien (PPS) Régionalisme Arno Kompatscher
Coalition de centre-droit Forza Italia (FI) Libéral-conservatisme Silvio Berlusconi
Ligue du Nord (LN) Fédéralisme Matteo Salvini
Frères d'Italie (FdI) National-conservatisme Giorgia Meloni
Nous avec l'Italie (NaI) Libéral-conservatisme Raffaele Fitto
Mouvement 5 étoiles (M5E) Démocratie directe Luigi Di Maio
Libres et égaux (LeE) Démocratie sociale Pietro Grasso
Plus d'Europe (+E) Libéralisme Emma Bonino
Pouvoir au peuple (PaP) Communisme à déterminer

Parti démocrate

Mouvement 5 étoiles

En septembre 2017, Luigi Di Maio est désigné candidat pour le Mouvement 5 étoiles dans le cadre d'une primaire interne[3].

Forza Italia

Ligue du Nord

Alternative populaire

Autre listes

Campagne

Sondages

Graphique synthétisant les résultats des sondages réalisés depuis le 25 février 2013.

La couleur de chaque ligne correspond à un parti politique :
Date Institut M5S PD FI LN SI FdI AP MDP CP Autres
25–27 sept. SWG 26,5 27,1 13,1 15,5 2,2 4,5 2,7 2,9 2,0 3,5
25 sept. Piepoli 29,0 29,0 12,0 13,5 2,5 5,0 2,5 3,5 3,0
24 sept. Tecnè 25,7 26,2 15,9 15,3 2,6 5,1 1,9 4,0 0,9 2,4
20–22 sept. Bidimedia 25,4 27,5 14,0 14,0 2,7 4,1 2,8 5,2 4,3
20–22 sept. EMG 27,1 28,4 13,0 14,4 2,0 5,1 2,2 2,4 5,4
21 sept. Euromedia 26,7 26,0 14,5 14,6 2,2 4,1 1,6 3,4 3,2 3,7
21 sept. Index 26,5 25,0 13,8 15,0 2,4 5,3 2,0 3,2 6,8
18–20 sept. SWG 26,8 26,8 13,5 15,9 2,4 4,2 2,7 2,6 1,8 3,3
16 sept. Tecnè 26,4 25,9 15,6 15,2 2,6 5,0 2,0 3,8 1,0 2,5
13–15 sept. EMG 28,3 27,8 12,3 14,9 2,1 5,1 2,2 2,7 4,6
14 sept. Index 27,5 25,4 13,6 14,7 2,2 5,3 2,0 3,0 6,3
13–14 sept. Demopolis 28,2 27,0 14,0 15,0 2,3 5,0 2,2 4,0 2,0
11–13 sept. SWG 26,8 27,3 13,6 15,5 2,3 4,3 2,5 3,0 1,8 2,9
11 sept. Piepoli 28,5 29,5 12,0 13,5 2,5 5,0 2,5 3,5 3,0
6–8 sept. EMG 28,0 27,3 12,4 15,5 2,1 5,0 2,3 2,8 4,6
6 sept. Tecnè 27,6 25,6 14,6 15,1 2,5 4,4 2,2 4,0 1,2 2,8
5–6 sept. Ipsos 26,6 26,5 15,6 15,0 2,6 5,0 2,2 3,6 2,9
4–6 sept. Demos 28,1 26,8 13,2 13,6 2,4 4,8 2,0 3,8 2,0 3,3
4–6 sept. SWG 26,8 26,6 13,4 16,0 2,3 4,3 2,7 2,7 1,8 3,0
5 sept. Index 28,0 25,2 13,4 14,7 2,2 5,4 2,0 3,1 6,0
4 sept. Piepoli 29,0 29,5 12,5 13,5 2,5 4,5 2,5 3,5 2,5

Résultats

Chambre des députés

Résultats des législatives italiennes de 2018
Partis Voix  % Sièges +/-
Circon-
scriptions
Propor-
tionnelle
Total
Parti démocrate (PD)
Ensemble (E)
Alternative populaire (AP)
Plus d'Europe (+E)
Parti populaire sud-tyrolien (PPS)
Ligue du Nord (LN)
Frères d'Italie (FdI)
Nous avec l'Italie (NaI)
Union de Centre (UdC)
Mouvement animaliste (MA)
Mouvement 5 étoiles (M5E)
Libres et égaux (LeE)
Pouvoir au peuple (PaP)
Autres -
Indépendants
Coalition Italie. Bien commun -
Coalition de centre-droit -
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total ' 100 232 398 630 Steady.svg
Abstentions
Nombre d'inscrits / participation

Sénat de la République

Résultats des sénatoriales italiennes de 2018
Partis Voix  % Sièges +/-
Circon-
scriptions
Propor-
tionnelle
Total
Parti démocrate (PD)
Ensemble (E)
Alternative populaire (AP)
Plus d'Europe (+E)
Parti populaire sud-tyrolien (PPS)
Ligue du Nord (LN)
Frères d'Italie (FdI)
Nous avec l'Italie (NaI)
Union de Centre (UdC)
Mouvement animaliste (MA)
Mouvement 5 étoiles (M5E)
Libres et égaux (LeE)
Pouvoir au peuple (PaP)
Autres -
Indépendants
Coalition Italie. Bien commun -
Coalition de centre-droit -
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total ' 100 116 199 315 Steady.svg
Abstentions
Nombre d'inscrits / participation

Notes et références

  1. (it) « LEGGE 6 maggio 2015, n. 52 », sur Gazzetta aufficiale (consulté le 28 septembre 2017).
  2. (it) « Sentenza 1/2014 », sur Coerte costituzionale (consulté le 28 septembre 2017).
  3. « Luigi Di Maio, un "5 étoiles" pour diriger l'Italie ? », sur Le JDD, (consulté le 28 septembre 2017).

Articles connexes