Élection présidentielle vénézuélienne de 2018

Élection présidentielle vénézuélienne de 2018
Canciller de Venezuela y Ofrenda Floral a Bolívar (4).jpg Nicolás Maduro – Somos Venezuela
Sortant
Nicolás Maduro
PSUV

L'élection présidentielle vénézuélienne du a pour objet de permettre l'élection du président de la République bolivarienne du Venezuela à la suite de la fin du mandat du président sortant Nicolás Maduro[1].

Élection présidentielle vénézuélienne de 2018

Sommaire

Contexte

Le , le président Hugo Chávez meurt des suites d'un cancer, quatre mois après avoir été réélu pour un quatrième mandat face à Henrique Capriles Radonski. Le vice-président, Nicolás Maduro, assure l'intérim puis est élu le 14 avril de peu face à Caprilles[2].

Le , après des manifestations en cours depuis 2014, l'opposition de la MUD remporte les législatives[3].

En avril 2016, l'opposition de la MUD signe une pétition de 2 millions de signatures, dont 600 000 seront cependant rejetées après vérification par les autorités électorales, en faveur d'un référendum pour le révoquer de sa fonction présidentielle[4], pour demander un référendum révocatoire à l'encontre du président Nicolás Maduro[5]. Le , le Conseil électoral suprême valide cette première étape[6].En septembre 2016, la commission électorale annonce que le scrutin n'aurait pas lieu avant janvier 2017, empêchant ainsi la tenue d'une élection anticipée[7]. Le , le Conseil électoral suprême suspend le processus[8].

Le , le Parlement, favorable à l'opposition, vote en faveur d'un procès en destitution à l'encontre du président Maduro. Ce dernier dénonce alors un « coup d'État parlementaire », la révocation du président par le Parlement n'étant pas prévue par la constitution, même s'il existe une procédure pour manquements au devoir de sa charge[9].

Le , l'opposition organise une grève générale afin d'obtenir le départ de Nicolas Maduro[10]. En décembre, elle se retire du dialogue amorcé par l’entremise de l'Unasur et du Vatican pour trouver un accord de résolution de la crise politique[11]. Début janvier 2017, Julio Borges, nouveau président de l'Assemblée nationale du Venezuela, en appelle à l'armée « face à un gouvernement passé de l'autoritarisme à la dictature »[12].

Le , la Cour suprême s'octroie le pouvoir législatif et révoque l'immunité des députés[13]. Le président de l'Assemblée nationale, Julio Borges, dénonce alors un « coup d'État »[14]. Le 31 mars, Luisa Ortega, à la tête du parquet national, conteste également la décision[15]. Cela fait également l'objet d'un tollé auprès de la communauté internationale[16]. Le , le Tribunal suprême de justice annule les deux décrets, tandis que l'opposition appelle à de nouvelles manifestations[17].

Le , Maduro convoque une Assemblée nationale constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution, ce qui provoque de nouvelles protestations de la part de l'opposition[18]. En réaction, le ministre brésilien des Affaires étrangères dénonce un « coup d'État »[19]. Les élections de l'Assemblée constituante se tiennent le 30 juillet.

Ensuite, les manifestations baissent progressivement en intensité.

Deux mois après avoir remporté les élections régionales et s'appuyant sur une décision de l'Assemblée constituante, le président vénézuélien Nicolás Maduro déclare que les partis ayant boycotté et appelé au boycott des élections municipales, ce qui est le cas de certains partis de la MUD, n'auraient pas le droit de participer à la présidentielle[20].

Le , l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne décide que la présidentielle soit organisée avant le [21]. Henry Ramos Allup, secrétaire général d'Action démocratique et un membre de la MUD, affirme que sa coalition pourrait organiser des primaires présidentielles en « quatre à cinq semaines »[22]. Pour sa part, Maduro déclare que « si ça ne tenait qu’à moi, l’élection aurait lieu dimanche prochain »[23]. Cette décision a été critiquée par les États-Unis[24].

Le , le Tribunal suprême de justice interdit à la MUD de participer au scrutin, tout en autorisant les partis la composant mais ayant boycotté les municipales, comme Action démocratique et Primero Justicia à se réenregistrer en vue de l'élection[25]. En réaction, le président français Emmanuel Macron dénonce une « dérive inacceptable » tout en réclamant de nouvelles sanctions contre le régime, puis le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza dénonce des propos « inacceptables » et un « acte hostile et inamical »[26].

Le , le Conseil électoral fixe la présidentielle au [27].

Analyse

Pour Félix Seijas, directeur de l'institut de sondage Delphos « Le chavisme a des chances de remporter cette élection. Si l'opposition ne fait pas les bons choix, millimétrés, les possibilités que Maduro remporte ce scrutin, même sans tricher, existent »[28].

Pour le cabinet Eurasia Group, « Le président Nicolas Maduro va fortement manipuler les règles du jeu afin de s'assurer de sa réélection, même en ayant recours à la fraude si nécessaire, faisant de la rue le moyen le plus sûr pour un changement de régime »[29]. Pour sa part, Luis Salamanca, pense que malgré des « conditions injustes, c'est sur le terrain électoral que se trouvent les principales opportunités de provoquer des [changements] politiques majeurs »[29].

Pour la politologue Francine Jacome « c'est clairement la victoire de Maduro qui se dessine », puisque selon elle l'opposition manque d'une « vraie direction » nombre de ses dirigeants, comme Henrique Capriles Radonski et Leopoldo López, sont privés de droits politiques leur permettant de se présenter au scrutin[30]. Ceci est dénoncé par les pays membre du groupe de Lima[31].

Candidats

Nicolás Maduro

Le , le vice-président, Tareck El Aissami, annonce que Nicolás Maduro se présente à la présidentielle[32],[28]. Le , sa candidature est officialisée[33]. En février 2018, il lance un nouveau mouvement politique, baptisé Somos Venezuela[34].

Notes et références

  1. Tele 13, « Maduro pide prepararse para elecciones presidenciales de 2018 », sur http://www.t13.cl/ (consulté le 31 mars 2017)
  2. « Nicolas Maduro remporte l'élection présidentielle de justesse - France 24 », sur France 24 (consulté le 31 mars 2017)
  3. « Venezuela : large victoire de l’opposition aux élections législatives », sur Le Monde, (consulté le 31 mars 2017)
  4. Zone International - ICI.Radio-Canada.ca, « Venezuela : le président Maduro exclut le référendum révocatoire pour 2016 », sur Radio-Canada.ca
  5. « Venezuela : une pétition réclame la destitution du président Maduro », sur euronews (consulté le 31 mars 2017)
  6. « Venezuela : première étape franchie pour un vote de révocation du président Maduro », sur Le Monde, (consulté le 31 mars 2017)
  7. « Venezuela : le référendum anti-Maduro n'aura pas lieu en 2016, l'opposition proteste - France 24 », sur France 24 (consulté le 31 mars 2017)
  8. « L'opposition dénonce un «coup d'Etat» du régime de Maduro », sur 20minutes.fr (consulté le 31 mars 2017)
  9. « Venezuela : le Parlement vote en faveur d’une procédure contre le président Maduro », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. « Grève générale au Venezuela : la population fait pression sur le gouvernement », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  11. « Tentative de relance du dialogue pouvoir-opposition », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  12. « L'opposition au Venezuela en appelle à l'armée », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  13. « Venezuela: la Cour suprême s'octroie les pouvoirs législatifs », sur Le Parisien, (consulté le 30 mars 2017)
  14. « Venezuela : le président du Parlement accuse Maduro de "coup d'Etat" », sur Le Parisien, (consulté le 30 mars 2017)
  15. « Venezuela: un haut responsable du pouvoir dénonce une "rupture de l'ordre constitutionnel" », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 1er avril 2017)
  16. ome, « Venezuela : la communauté internationale dénonce le «coup d'État» de Maduro », sur Le Figaro (consulté le 1er avril 2017)
  17. « Venezuela. La Cour suprême annule les pouvoirs élargis du président Maduro », sur Ouest-France.fr (consulté le 1er avril 2017)
  18. « Venezuela: l'assemblée constituante de Maduro renforce la crise », sur Bourse Direct (consulté le 4 mai 2017)
  19. ome, « Le Brésil dénonce un coup d'État au Vénézuela », sur Le Figaro (consulté le 4 mai 2017)
  20. « Municipales au Venezuela : carton plein pour le président Maduro », sur Le Figaro (consulté le 11 décembre 2017)
  21. « Venezuela: élection présidentielle anticipée avant fin avril », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  22. Home, « Venezuela: la présidentielle avancée pour faire réélire Maduro », sur Le Figaro (consulté le 24 janvier 2018)
  23. « Au Venezuela, Maduro a trop hâte d'être réélu », sur Libération.fr (consulté le 24 janvier 2018)
  24. « Les Etats-Unis "rejettent" l'élection anticipée au Venezuela », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 24 janvier 2018)
  25. Le Point, magazine, « Venezuela : l'opposition dos au mur après l'exclusion de sa coalition de la présidentielle », sur Le Point (consulté le 26 janvier 2018)
  26. Le Point, magazine, « Macron dénonce la « dérive » du Venezuela, qui réplique violemment », sur Le Point (consulté le 28 janvier 2018)
  27. « Une date pour l’élection présidentielle du Venezuela », sur Le Monde.fr (consulté le 13 février 2018)
  28. a et b « Venezuela : le président Maduro est candidat à sa réélection », sur Le Monde, (consulté le 3 février 2018)
  29. a et b « Venezuela: sonnée, l'opposition hésite à participer à la présidentielle », sur TV5MONDE (consulté le 13 février 2018)
  30. « Venezuela : Maduro arrête unilatéralement la date des élections », sur lesechos.fr (consulté le 13 février 2018)
  31. « Un nouveau calendrier électoral exigé au Venezuela par le groupe de Lima », sur Le Monde, (consulté le 15 février 2018)
  32. « Venezuela : le président Maduro va briguer un nouveau mandat en 2018 », sur Europe 1 (consulté le 30 novembre 2017)
  33. « Venezuela : le président Maduro est candidat à sa réélection », sur Le Monde, (consulté le 3 février 2018)
  34. « A la Une: date fixée pour la présidentielle au Venezuela - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 13 février 2018)