Élection présidentielle russe de 2018

Élection présidentielle russe de 2018
Type d’élection Élection présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 110 864 228
Participation
67,54 %  +2,3
Vladimir Putin (2018-03-01) 03 (cropped).jpg Vladimir Poutine – Russie unie
Voix 56 206 514
76,69 %
 +13,1
Pavel Grudinin Moscow asv2018-01 (cropped).jpg Pavel Groudinine – Parti communiste de la fédération de Russie
Voix 8 648 147
11,77 %
Vladimir Zhirinovsky in 2015.jpg Vladimir Jirinovski – Parti libéral-démocrate de Russie
Voix 4 151 063
5,65 %
Ksenia Sobchak 2017.jpg Ksenia Sobtchak – Initiative civile
Voix 1 226 145
1,68 %
GAYavlinskiy.jpg Grigori Iavlinski – Iabloko
Voix 765 122
1,05 %
Président
Sortant Élu
Vladimir Poutine
(Russie unie)
Vladimir Poutine
(Russie unie)

L’élection présidentielle de 2018 est organisée en Russie le . Vladimir Poutine ayant réuni une majorité absolue des voix dès le premier tour, aucun second tour n'est organisé.

Le , le président sortant Vladimir Poutine annonce qu'il se représente pour un deuxième mandat consécutif, quatrième mandat au total. Poutine est largement favori, régulièrement placé au-delà des 50 % dans les sondages publiés depuis la dernière élection présidentielle.

Vladimir Poutine (Russie unie : droite libéral-conservatrice) est réélu dès le premier tour avec 76,7 % des voix, face à sept autres candidats. Pavel Groudinine (Parti communiste : marxiste-léniniste, nationaliste), arrivé en deuxième position, obtient 11,8 % des voix.

Système électoral

Généralités

Le président de la Russie est élu directement pour un mandat de six ans, contre quatre ans avant une réforme entreprise par le gouvernement de Dmitri Medvedev en 2008[1]. Conformément à l'article 81 de la Constitution de la fédération de Russie, un candidat à la présidence doit être âgé d'au moins 35 ans et avoir résidé en permanence en Russie pendant les dix dernières années, et ne peut pas réaliser plus de deux mandats consécutifs[2].

Sélection des candidats

Accès libre

Les partis politiques représentés à la Douma et/ou dans les organes législatifs d'au moins un tiers des sujets de la fédération peuvent désigner un candidat sans recueillir de signatures. Cela concerne, pour l'élection de 2018 :

Si le Parti communiste de la fédération de Russie et le Parti libéral-démocrate de Russie présentent bien respectivement et administrativement Pavel Groudinine et Vladimir Jirinovski, la candidature de Vladimir Poutine n'est officiellement portée par aucun parti.

Accès limité

Les individus qui appartiennent à un parti non-représenté à la Douma doivent recueillir 100 000 signatures pour pouvoir déposer leur candidature, tandis que ceux qui sont totalement indépendants doivent collecter au moins 300 000 signatures, dans la limite de 7 500 par sujet fédéral de la Russie[6], et former un groupe de militants composé d'au moins 500 personnes[7].

Les documents d'enregistrement de la candidatures doivent être soumis à la Commission électorale centrale de la fédération de Russie (CEC) au plus tôt quatre-vingt jours et au plus tard quarante-cinq jours avant la date du scrutin, soit au plus tard le à 18 heures.

De nombreux commentateurs politiques, dont l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Irina Khakamada, évoquent la difficulté de rassembler des signatures sans le soutien d'un parti politique[8]. Cependant, selon la présidente de la CEC Ella Pamfilova, les conditions d'accès aux candidats sont plus faciles que jamais car ils n'ont plus besoin de collecter 1 000 000 de signatures. Par conséquent, selon Pamfilova, il pourrait y avoir encore plus de candidats à cette élection qu'en 2000, lorsque onze candidats s'étaient présentés[9]. En fin de compte, huit candidats concourent en 2018, soit trois de plus que lors de la dernière élection en 2012.

Contexte

Logo de l'élection.

Changement de la date du scrutin

Le , les sénateurs Andreï Klichas et Anatoli Chirokov ont soumis à la Douma un projet d'amendements à la législation électorale. L'un des amendements prévoit le décalage de l'élection du deuxième au troisième dimanche de mars, c'est-à-dire du 11 au 18 mars 2018[10]. En effet, selon l'article 5, paragraphe 7 de la loi fédérale no 19-FZ, « si le dimanche au cours duquel doit se tenir l'élection présidentielle coïncide avec le jour précédant un jour férié, ou si ce dimanche tombe la semaine incluant un jour férié ou si ce dimanche est déclaré comme jour ouvrable, l'élection est organisée le dimanche suivant ». La deuxième semaine de mars, le , coïncide à la Journée internationale des femmes, jour férié en Russie[11]. Le projet de loi est adopté par la Douma et le Conseil de la Fédération sans délai en , puis est promulgué par Vladimir Poutine le [12].

Le , le Conseil de la Fédération confirme que le 18 mars 2018 sera la date de l'élection présidentielle. Débute alors officiellement la campagne électorale ainsi que l'enregistrement des candidatures[13]. La date retenue pour l'organisation du scrutin correspond au quatrième anniversaire de l'annexion de la Crimée par la Russie[14].

Contexte politique

Une élection sans réelle alternative à Poutine

L'élection présidentielle de 2018 intervient dans un contexte politique marqué, tout d'abord, par la difficulté de voir émerger une opposition au président sortant. En effet, Vladimir Poutine, candidat à sa propre succession, est au pouvoir depuis plus de dix-huit ans, deux fois en tant que Premier ministre (1999-2000 et 2008-2012) et trois fois en tant que Président de la fédération de Russie (2000-2004, 2004-2008 puis depuis 2012, pour un mandat de six ans).

La popularité du président sortant ne faiblit pas, si bien que sa réélection ne semble être qu'une formalité à en croire les sondages et une partie de ses opposants. Un bon nombre de Russes voient en lui l'homme qui a pu ramener la Russie au devant de la scène internationale, mais aussi un gage de stabilité pour le présent et pour l'avenir, selon le politologue russe Dmitri Orechkine : « Quand on vote pour Vladimir Poutine, on vote pour le leader de la nation, pour le chef qui ne s’abaisse pas à évoquer des thèmes aussi mesquins que la question du faible revenu de la population. Poutine, c’est celui qui relève la Russie qui était à genoux, celui qui repousse les manigances des États-Unis et de l’Europe, celui qui rattache la Crimée - et ça n’est d’ailleurs pas innocent si l’élection a lieu le jour même du quatrième anniversaire du retour de la Crimée à la Russie. En réalité, il ne peut plus réaliser de nouveaux exploits, et donc l’idée est de conserver cette image de l’aigle qui vole très haut, qui a vaincu et convaincu le monde entier »[15].

Aussi, Poutine est généralement accusé de neutraliser les oppositions qui se lèvent contre lui. Par exemple, l'opposant Boris Nemtsov, qui s'apprêtait à publier un rapport intitulé Poutine. La Guerre, est assassiné en 2015 devant le Kremlin[16]. Aussi, Alexeï Navalny, considéré par certains comme l'actuel « principal opposant » au président sortant, n'a pas été autorisé à se présenter à l'élection. Ce dernier a par ailleurs annoncé qu'il boycotterait ce qu'il ne considère pas comme étant « une vraie élection », où « il n'y aura que Poutine et les candidats qu'il a sélectionnés »[17]. Ainsi, selon un sondage publié par l'agence de presse TASS à quelques jours du scrutin, plus de la moitié des Russes interrogés seraient incapables de citer plus de quatre candidats à l'élection[18].

En cas de réélection, ce deuxième mandat consécutif de Poutine devrait être le dernier, puisque la Constitution ne lui permet pas, en l'état, d'être élu trois fois de suite. En , il annonce ne pas avoir l'intention de modifier la Constitution de sorte à pouvoir rester au pouvoir à l'issue de son éventuel prochain mandat[19]. Poutine pourrait éventuellement revenir après un intermède de six ans en 2030, alors âgé de 77 ans. Sa succession fait déjà l'objet de discussions et certains noms apparaissent depuis plusieurs mois, notamment ceux de Dmitri Medvedev et de Sergueï Lavrov, et d'autres plus récemment, comme celui d'Alexeï Dioumine, gouverneur de l’oblast de Toula[20].

Une Russie au cœur de la scène internationale

Vladimir Poutine et Donald Trump, en 2017.

Depuis la dernière élection présidentielle de 2012, qui a vu le retour de Vladimir Poutine à la tête de l'État, la Russie est au cœur de la scène internationale et voit ses relations avec d'autres puissances, notamment les États-Unis et l'Union européenne, se détériorer.

Le premier épisode de cette escalade est intervenu en 2014 lorsque le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch a été destitué le à la suite de l'Euromaïdan. La Russie a considéré le nouveau président « illégitime » et, le , à la suite d’un référendum tenu le , le gouvernement russe annonce que la république de Crimée (correspondant à l’ancienne république autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol, anciennement ukrainiennes, deviennent deux nouveaux sujets de la fédération de Russie. Au niveau international, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays s'opposent à la Russie, l'accusent de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine. Par ailleurs, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le , une résolution non contraignante qui dénonce le référendum en Crimée et le rattachement (qualifié d'« annexion » par Bruxelles et de « retour » par Moscou) de cette péninsule à la Fédération de Russie[21].

Aussi, en , les États-Unis accusent le gouvernement russe d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016 en donnant naissance à l'affaire du Russiagate et effectue à l'encontre de la Russie des représailles diplomatiques, les plus importantes depuis la guerre froide[22]. D'une manière assez réciproque, la Russie dit disposer d’informations sur les tentatives de certains pays occidentaux de s’ingérer dans l'élection présidentielle. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a ainsi déclaré : « À la différence des accusations infondées portant sur les hackers russes tout-puissants et sur les soi-disant tentatives russes visant à influencer les élections dans d'autres pays, nous disposons d'informations confirmant les faits d'ingérence de certains pays occidentaux dans nos affaires intérieures dans le contexte de la campagne présidentielle actuelle ». Selon un rapport rédigé par Andreï Manoïlo, membre du conseil scientifique auprès du Conseil de sécurité russe, et intitulé « Invasion. L'ingérence des USA dans les élections russes pendant les campagnes présidentielles de 1996 à 2018 », l'objectif principal des États-Unis consiste à « délégitimer le processus électoral en Russie » en utilisant plusieurs moyens : les réseaux sociaux, le soutien aux leaders d'opposition comme Alexeï Navalny, le recours aux grands médias et la transformation des problèmes de la population liés au domaine social, à la santé et à l'enseignement en problèmes politico-idéologiques[23].

De la même manière, la guerre civile en Syrie conduit à l'accroissement des tensions entre la Russie et les États-Unis, notamment car les deux pays ne partagent pas les mêmes objectifs dans ce conflit. Tandis que la Russie soutient farouchement le président Bachar el-Assad contre les combattants rebelles et ceux de l'organisation État islamique (EI), les États-Unis attaquent à la fois l'EI et les forces gouvernementales. En effet, par exemple, à la suite d'une attaque chimique perpétrée en et attribuée aux forces armées syriennes, ayant fait 86 morts dont une trentaine d'enfants, les États-Unis ont riposté en envoyant des missiles sur une base aérienne du régime syrien, ce que la Russie a qualifié d'« agression »[24]. Plus récemment, le général Joseph Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient (CENTCOM) a déclaré, le , devant le Congrès des États-Unis que « Moscou jour à la fois le rôle de pyromane et celui de pompier, en attisant le conflit entre le régime syrien, les YPG et la Turquie, et affirmant ensuite jouer un rôle d'arbitre pour résoudre le conflit »[25].

La situation socio-économique, thème privilégié de politique intérieure

L'escalade des tensions entre la Russie d'un côté, et les États-Unis et l'Union européenne de l'autre, ont conduit ces puissances à prendre des sanctions politiques, mais aussi économiques, entre elles. Depuis , l'Union européenne impose progressivement à la Russie un ensemble de « mesures restrictives en réaction à l'annexion illégale de la Crimée et à la déstabilisation délibérée de l'Ukraine », ce qui a un impact sur leurs relations économiques[26]. De plus, la Russie est depuis l'automne 2014 touchée par une importante chute du prix du pétrole, ce dernier élément étant le facteur dominant dans l’évolution de l’économie russe et de la valeur de sa monnaie (le marché russe étant d'une importance limitée pour l'UE)[27].

Selon l'économiste Jacques Sapir, les sanctions imposées à partir de 2014 par les États-Unis et l’Union européenne n'ont pas détruit l'économie russe. Il rappelle que la baisse des revenus réels en Russie, depuis 2014, « est largement liée aux mouvements des prix des hydrocarbures, qui a engendré à son tour une baisse de l'investissement, qui elle-même s'est traduite en une baisse de la production […] qui a conduit à une nouvelle baisse des revenus réels ». Il estime que cette boucle s'éteint progressivement depuis 2016 car les chiffres du revenu réel, de l'investissement et de la production se sont remis à progresser. Jacques Sapir souligne enfin que, malgré ces turbulences, le chômage est resté modéré (5,2 % de la population active) et indique que le prix des hydrocarbures s'est redressé, ce qui devrait avoir des conséquences positives sur le redémarrage de l'économie russe[28].

La situation socio-économique de la Russie est le thème le plus mobilisé par les opposants à Vladimir Poutine dans le cadre de la campagne électorale. Par exemple Vladimir Ryzhrov, ancien député d’opposition et soutien de Grigori Iavlinski (candidat du parti libéral Iabloko) rappelle que « les revenus réels de la population sont en baisse pour la quatrième année consécutive. Depuis 2013, ils ont été diminués de 15 % et cela fait six ans qu’il n’y a pas de signe de croissance ». Il souligne également que « les problèmes sociaux s’accumulent dans le secteur de la santé et de l’éducation »[15]. Aussi, Pavel Groudinine, candidat du Parti communiste et principal concurrent de Vladimir Poutine, laisse une place importante à l'économie dans son programme[29]. Enfin, pour souligner l'importance des questions économiques dans cette campagne, il convient de souligner que la candidature de Boris Titov ne s'inscrit pas en opposition au président sortant. Titov considère lui-même que le but de sa participation à l'élection est uniquement de promouvoir son programme économique, intitulé « Stratégie de la Croissance », préparé par sa fondation, le « club Stolypine »[30].

Primaires

Trois primaires ont été organisées dans le cadre de l'élection présidentielle russe de 2018.

Parti de la croissance

En , le Parti de la croissance annonce la tenue de primaires pour la nomination d'un candidat en vue de l'élection présidentielle de 2018. Quatre candidats participent aux primaires : Oksana Dmitriyeva, Dmitry Potapenko, Dmitry Marinichev et Alexander Huruji. Le vote est réalisé sur internet, d' à [31].

Le , le porte-parole du parti déclare aux médias que les résultats des primaires seraient pris en compte lors du congrès du parti qui doit se tenir pour décider du choix du candidat[32]. Le , il est annoncé que le parti nommera Boris Titov, qui n'a pourtant pas participé aux primaires. Selon la direction du parti, aucun des candidats aux primaires n'a été en mesure d'obtenir un soutien suffisant pour représenter le parti[33].

Front de gauche

Le Front de gauche, dirigé par Sergueï Oudaltsov ouvre, le , des primaires en ligne dans le but de la désignation d'un candidat commun pour la gauche. Les primaires ont lieu en deux tours, du 2 au pour le premier tour et du 24 au pour le second tour.

Soixante-dix-sept candidats concourent dans le cadre du premier tour, parmi lesquels figurent des représentants de divers partis politiques et organisations de gauche, dont Pavel Groudinine, Iouri Boldyrev, Guennadi Ziouganov, Sergueï Mironov, Zakhar Prilepine, Jaurès Alferov, Sergueï Babourine ou encore Maxim Souraïkine[34].

Le second tour voit s'opposer Iouri Boldyrev et Pavel Groudinine. Ce dernier l'emporte avec 4 086 voix (58,4 %)[35]. Fin , Groudinine est officiellement désigné comme le candidat du Parti communiste de la fédération de Russie.

Plusieurs candidats malheureux de cette primaire décident de ne pas soutenir le vainqueur, notamment Sergueï Mironov qui apporte son soutien à Vladimir Poutine, ou encore Sergueï Babourine (qui se présente finalement sous les couleurs de l'Union nationale russe) et Maxim Souraïkine (qui se présente pour les Communistes de Russie).

Troisième force

Les participants de la primaire du mouvement Troisième force.

Le mouvement Troisième force organise des primaire entre les représentants de dix partis non-parlementaires pour nommer des candidats. Selon les organisateurs, les primaires doivent déterminer quatre candidats représentant des points de vue différents[36],[37]. La présentation officielle des candidats a lieu le dont figurent parmi eux Andreï Bogdanov notamment[38].

Finalement, Troisième force ne parvient pas à déterminer un vainqueur clair et tous les candidats à l'exception d'Olga Onichtchenko déclarent qu'ils participeront aux élections. Toutefois, aucun ne parvient à enregistrer sa candidature[39],[40],[41].

Candidats

Candidatures officiellement enregistrées

Les candidats sont listés dans l'ordre dans lequel ils apparaissent sur le bulletin de vote, c'est-à-dire l'ordre alphabétique en russe[42].

Candidat (nom et âge) et
parti ou mouvement politique
Fonction(s) politique(s) Logo Détails
Sergueï Babourine
(59 ans)

Union nationale russe

Sergueï Babourine. Député au Congrès des députés du peuple de Russie
(1990-1993)
Député à la Douma
(1994-2000, 2003-2007)
Logo de la campagne de Sergueï Babourine. Soutenue par un parti non-parlementaire, sa candidature est confirmée par la CEC le après avoir fait valider plus de 100 000 signatures[43],[44].
Pavel Groudinine
(57 ans)

Parti communiste de la fédération de Russie

Pavel Groudinine. Député à la Douma de l'Oblast de Moscou
(1997-2011)
Logo de la campagne de Pavel Groudinine. Portée par un parti parlementaire, sa candidature est officiellement enregistrée le [45],[46],[47].
Vladimir Jirinovski
(71 ans)

Parti libéral-démocrate de Russie

Vladimir Jirinovski. Député à la Douma
(depuis 1993)
Dirigeant du Parti libéral-démocrate de Russie
(depuis 1991)
Logo de la campagne de Vladimir Jirinovski. Portée par un parti parlementaire, sa candidature est officiellement enregistrée le [48].
Vladimir Poutine
(65 ans)

Russie unie[N 1]

Vladimir Poutine. Président de la fédération de Russie
(1999-2008 et depuis 2012)
Président du gouvernement russe
(1999-2000 et 2008-2012)
Président de Russie unie
(2008-2012)
Directeur du FSB
(1998-1999)
Logo de la campagne de Vladimir Poutine. Administrativement indépendant, il est le candidat de Russie unie et est soutenu par plusieurs autres partis parlementaires. Sa candidature est confirmée par la CEC le après la validation de plus de 300 000 signatures[49].
Ksenia Sobtchak
(36 ans)

Initiative civile

Ksenia Sobtchak. Aucune Logo de la campagne de Ksenia Sobtchak. Soutenue par un parti non-parlementaire, sa candidature est confirmée par la CEC le après avoir fait valider plus de 100 000 signatures[50].
Maxim Souraïkine
(39 ans)

Communistes de Russie

Maxim Souraïkine. Président du Comité central des Communistes de Russie
(depuis 2012)
Logo de la campagne de Maxim Souraïkine. Soutenue par un parti non-parlementaire, sa candidature est confirmée par la CEC le après avoir fait valider plus de 100 000 signatures[51].
Boris Titov
(57 ans)

Parti de la croissance

Boris Titov. Président du Parti de la croissance
(depuis 2016)
Logo de la campagne de Boris Titov. Soutenue par un parti non-parlementaire, sa candidature est confirmée par la CEC le après avoir fait valider plus de 100 000 signatures[52].
Grigori Iavlinski
(65 ans)

Iabloko

Président de Iabloko
(1993-2008)
Député à la Douma
(1993-2003)
Député à l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg
(2011-2016)
Logo de la campagne de Grigori Iavlinski. Soutenue par un parti non-parlementaire, sa candidature est confirmée par la CEC le après avoir fait valider plus de 100 000 signatures[53].

Candidature rejetée

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Alexeï Navalny

Logo de la campagne d'Alexeï Navalny.

Alexeï Navalny, avocat, figure de l'opposition russe et blogueur anti-corruption, annonce son intention de se présenter à la présidence le [80]. Au début de l'année 2017, il se rend dans différentes villes de Russie pour ouvrir des bureaux de campagne et rencontrer ses partisans, malgré son implication dans des affaires judiciaires en cours qui pourraient l'empêcher de se présenter. Comme l'indique l'ancien conseiller de l'administration du président de Russie Gleb Pavlovsky, la campagne à l'américaine de Navalny est sans précédent dans la Russie moderne car la plupart des candidats ne commence à faire campagne que quelques mois, voire quelques semaines, avant l'élection[81].

L'axe principal de la campagne de Navalny est la lutte contre la corruption au sein du gouvernement actuel, dirigé par Vladimir Poutine et le président du gouvernement Dmitri Medvedev[82]. Le , Navalny publie un documentaire sur YouTube intitulé Ne l'appelez pas Dimon, détaillant la corruption de Medvedev[83]. Il a ensuite appelé à des rassemblements de masse le pour attirer l'attention sur cette situation après que le gouvernement n'ait pas répondu au documentaire. Plus de 100 000 personnes auraient participé à ces rassemblements dans tout le pays[84], faisant de cet événement la plus grande manifestation organisée en Russie depuis les manifestations de 2011[85]. Une nouvelle manifestation est organisée le [86] au cours de laquelle Navalny et plus d’un millier de ses partisans sont interpellés partout dans le pays[87].

Sur son site internet, Navalny énumère les grands axes de son programme présidentiel[88] : combattre la corruption gouvernementale, améliorer les infrastructures et le niveau de vie en Russie, engager une décentralisation, ou encore réformer le système judiciaire. Ses propositions économiques comprennent aussi l'instauration d'un salaire minimum, la réduction de la bureaucratie, la gratuité des soins et de l'éducation, la réduction des impôts pour de nombreux citoyens, la décentralisation de la gestion financière et de la gouvernance locale, une transparence accrue dans les entreprises d'État, la mise en place de visas de travail pour les migrants d'Asie centrale entrant dans le pays pour travailler ou encore le renforcement de la coopération économique avec les États d'Europe occidentale[89].

En , il est révélé que l'équipe de campagne de Navalny a récolté plus de 300 000 promesses de signatures par des personnes issues de quarante régions de Russie, et cela par voie électronique[90]. Plus de 75 000 personnes se sont portées volontaires pour participer à sa campagne et près de 700 000 dollars ont été récoltés[91]. Toutefois, l'admissibilité de sa candidature est remise en cause, du fait de sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds, au moment où Navalny travaillait comme assistant du gouverneur Nikita Belykh de l'oblast de Kirov. La Cour suprême russe a annulé sa condamnation en après que la Cour européenne des droits de l'homme détermine que les droits de Navalny avaient été violés[92]. La Cour suprême russe le renvoie devant un tribunal de district de Kirov pour révision et celui-ci, en , confirme la condamnation avec sursis de Navalny[93].

La Constitution de la Russie ne permet pas aux criminels condamnés de se présenter aux élections et de ce fait, la candidature de Navalny devrait être jugée irrecevable. Navalny a promis de faire appel de sa condamnation à la CEDH et a déclaré qu'il continuerait sa campagne, alors qu'au début du mois de mai, la CEC a déclaré qu'il ne serait pas autorisé à se présenter à moins que la condamnation ne soit annulée[94].

En août, la présidente de la CEC, Ella Pamfilova, a renforcé ce sentiment en déclarant qu'il serait « miraculeux » pour Navalny d'obtenir l'autorisation de se présenter[95]. Elle a cité deux scénarios dans lesquels Navalny pourrait se présenter : si sa condamnation était annulée, ou si la loi électorale fédérale était modifiée d'urgence pour permettre aux personnes ayant des condamnations criminelles de se présenter. Panfilova a également précisé que Navalny pourrait légalement se présenter à la présidence d'ici « quelque temps, en 2028 »[96].

Pour avoir organisé un rassemblement non-autorisé à Nijni Novgorod, des membres de l'équipe de campagne de Navalny sont arrêtés par la police, dont son chef de cabinet, Leonid Volkov, condamné à 30 jours de prison[97].

Navalny publie son manifeste électoral le , deux jours avant le début officiel de la campagne. Il présente officiellement ses documents pour s'enregistrer en tant que candidat le mais la CEC rejette sa candidature le lendemain en invoquant sa condamnation. Le même jour, Navalny appelle ses partisans à boycotter l'élection et à manifester le [98].

Au cours de la manifestation organisée le à Moscou, rassemblant 4 000 personnes selon les estimations de l’AFP (environ 1 000 selon un communiqué de la police), Navalny est arrêté par une dizaine de policiers. Le même jour, des milliers de manifestants se sont réunis dans près de 118 villes de province, dont Nijni Novgorod, Tcheboksary, Tomsk ou encore à Iakoutsk. Selon l'ONG russe OVD-Info, au moins 180 militants ont été arrêtés dans tout le pays au cours de ces manifestations[99].

Campagne électorale

Sergueï Babourine

Sergueï Babourine, lors d'une commémoration de la Première Guerre mondiale le .

Sergueï Babourine, 59 ans, se définit lui-même comme l'« intrus » de cette élection[100]. Les Russes le connaissent principalement comme étant l'un des sept seuls députés à s'être opposés à la dissolution de l'URSS en 1991. Il annonce sa volonté d'être candidat à l'élection présidentielle russe le lors d'une conférence de presse du Présidium du Conseil central de son parti, l'Union nationale russe. En , il est l'un des soixante-dix-sept candidats à la primaire organisée par le Front de gauche, mais échoue dès le premier tour en obtenant que 138 voix.

Le , son parti, l'Union nationale russe, le désigne officiellement comme candidat à la présidence[101]. Le , ce dernier dépose ses documents d'enregistrement auprès de la CEC mais celle-ci rejette la demande car elle identifie des erreurs[102],[103]. Sergueï Babourine soumet à nouveau ses documents et voit son enregistrement approuvé[104]. L'Union nationale russe débute la collecte de signatures le , dans cinquante-six sujets de la fédération et, le , Babourine dépose environ 128 000 signatures auprès de la CEC. 3,28 % d'entre elles sont invalidées mais cela n'empêche pas la validation de sa candidature le .

Le , Sergueï Babourine publie son programme électoral, intitulé « Une voie russe vers l'avenir ! » qui se compose de 9 parties[105],[106] :

  1. Pour la Grande Russie - Un pouvoir décent.
  2. La réforme constitutionnelle est la condition principale pour aller de l'avant.
  3. Une économie forte est une garantie de stabilité de l'État.
  4. La liberté d'enseigner et de guérir est la responsabilité sociale de l'État.
  5. La pauvreté du peuple - honte au gouvernement.
  6. L'avenir de la Russie dans la purification spirituelle et morale de la société.
  7. Confort dans chaque maison - confort dans le pays.
  8. Une immigration sous contrôle équitable et transparent de l'État.
  9. Développer une communauté internationale - construire la Russie.

Plus précisément, dans son programme électoral, Sergueï Babourine promet en premier lieu la démission du gouvernement de Dmitri Medvedev pour la formation d'un nouveau gouvernement, plus autoritaire. Aussi, il souhaite une réforme constitutionnelle pour modifier le système politique actuel, développer toutes les institutions, améliorer le système judiciaire et l'organisation des élections, et tout cela en « tenant compte des traditions historiques et des caractéristiques nationales de la Russie ».

Sergueï Babourine prône une intervention plus poussée de l'État, dans de nombreux domaines. En matière économique, il souhaite notamment le développement de politiques protectionnistes et l'adoption d'un ensemble de lois qui permettra de surmonter la dépendance du pays au commerce du pétrole. Il promet également le développement des petites et moyennes entreprises, notamment dans les domaines de la production et des services.

Il demande également le retour de la santé et de l'éducation comme politiques prioritaires de l'État. Pour cela, il souhaite revenir au système d'éducation soviétique, supprimer l'examen d'État unifié ou encore développer l'enseignement professionnel. Aussi, il défend une augmentation des fonds alloués à la santé, l'introduction d'une réglementation de l'État concernant le prix des médicaments pour les plus pauvres et les retraités et souhaite enfin que l'État soit actif concernant la législative relative à l'alcool et le tabac.

Sa politique sociale en faveur des plus démunis se traduit également par des propositions comme l'augmentation immédiate et significative du salaire minimum, une revalorisation des pensions et un financement minimal dans plusieurs secteurs d'intervention de l'État, notamment la culture, la science ou encore l'éducation et la santé. Il propose également plusieurs mesures concernant le logement, notamment en proposant la limitation des loyers.

En matière culturelle, Sergueï Babourine prône la renaissance ou le développement des langues et cultures des « peuples frères de la Russie », sur la base des valeurs spirituelles communes, et souhaite un renforcement du soutien de l'État en faveur de l'art, professionnel comme amateur, et des institutions culturelles de tous les niveaux. Enfin, il souhaite développer la restauration des objets et monuments du patrimoine culturel russe.

Ses propositions concernant l'immigration sont aussi nombreuses. Pour lutter contre l'immigration illégale, il souhaite mieux équiper les frontières extérieures du pays et limiter, voire interdire, la main-d'œuvre étrangère non qualifiée dans certains domaines, afin de lutter contre la saturation du marché du travail national. Il demande également l'introduction d'une responsabilité pénale des employeurs qui embauchent des migrants illégaux.

Enfin, concernant la politique étrangère, il souhaite le renforcement de la position géopolitique de la Russie sur le continent eurasien afin de promouvoir le développement de la Crimée en tant que territoire russe légitime. Il prône un renforcement du rôle de la Russie dans le cadre l'Union de la Russie et de la Biélorussie, de l'Union économique eurasiatique, de l'Organisation de coopération de Shanghai et des BRICS.

Pavel Groudinine

Malgré le fait que le dirigeant du Parti communiste Guennadi Ziouganov a déclaré que sa candidature était soutenue par toutes les forces de gauche et qu'il participerait à l'élection au nom du parti, Pavel Groudinine (député de la Douma de 1997 à 2011) remporte la primaire organisée par le Front de gauche, une coalition de partis de gauche sans représentation à la Douma. Le , Ziouganov propose le soutien du Parti communiste à Groudinine, qui accepte[107],[108], et ce soutien est confirmé deux jours plus tard par un vote organisé lors du congrès du Parti communiste (314 pour, 11 contre)[109]. Guennadi Ziouganov est nommé porte-parole de sa campagne[110].

Pavel Groudinine, 58 ans, dépose sa candidature auprès de la CEC le et le . Soutenu par un parti parlementaire, il n'a pas besoin de récolter de signatures et voit sa candidature enregistrée le .

Le , il dévoile son programme électoral, comprenant 20 points[29] :

  1. Le changement de stratégie économique.
  2. La restauration de la souveraineté économique de la Russie.
  3. La reprise de l'économie.
  4. Nouvelle industrialisation, modernisation de l'économie et développement de l'innovation.
  5. Assurer la sécurité alimentaire de la Russie.
  6. Notre tâche historique est d'assurer la renaissance de la Russie « provinciale ».
  7. Contrôle des prix des aliments et des produits de base, aux prix du logement.
  8. Impôts - dans l'intérêt de la justice et du développement.
  9. Garanties de récupération pour le travail et la journée de travail de 8 heures, fournissant aux gens un travail et un salaire décent.
  10. La destruction de la sphère sociale sera arrêtée.
  11. Les mères et les enfants recevront un soutien total.
  12. Une pension décente pour les citoyens.
  13. Nous protégerons la santé spirituelle de la nation.
  14. Nous garantissons la construction massive de logements abordables et de qualité.
  15. Pour freiner la cupidité des prêteurs d'argent.
  16. Assurer la protection de la nature.
  17. Assurer la capacité de défense et la sécurité du pays.
  18. Un procès équitable sera du côté de la loi, du citoyen et de la société, pas de l'oligarchie.
  19. Le système rétablit la démocratie et la représentation populaire.
  20. Améliorer la qualité de l'administration publique.

Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe et soviétique à l'université Paris-Nanterre, considère que Groudinine est le principal opposant de Vladimir Poutine car le discours du candidat communiste, critique et virulent à l'égard du pouvoir en place, « porte beaucoup en Russie, notamment dans des classes populaires, parmi les ouvriers, parmi les laissés-pour-compte de ces dernières années de développement économique et surtout parmi ceux qui ont été frappés par la crise économique »[111].

Toutefois, certains politiciens russes de gauche perçoivent négativement la nomination de Groudinine comme candidat à la présidence du parti communiste. Les principales raisons de la critique sont que Groudinine est un homme d'affaires (il est propriétaire d'une florissante entreprise agroalimentaire, ancien Sovkhoze Lénine, ce qui lui vaut par ailleurs le surnom de « roi de la fraise »[112]), qu'il est représentatif de la « classe bourgeoise » contre laquelle le communisme s'oppose idéologiquement et qu'il était auparavant membre de Russie unie.

Commentant la nomination de Pavel Groudinine, le dirigeant des Communistes de Russie Maxim Souraïkine, qui est également candidat à l'élection, a déclaré : « Groudinine, selon sa déclaration, avait des revenus de 752 millions de roubles en 2015. Pouvez-vous imaginer combien il a d'argent ? De plus, il est le propriétaire d'une ferme, qui en elle-même vaut plusieurs milliards de roubles. C'est un vrai milliardaire. Un gars très riche. Mais je comprendrais s'il donnait ses revenus au parti, à la cause communiste. Il y a des gens décents qui gagnent beaucoup. Mais il a été membre de Russie unie. Si une personne gagne des milliards, si la personne était dans le parti au pouvoir et puis soudainement change pour rejoindre les communistes, pour le moins, c'est étrange. Pour un tel homme, la question se pose immédiatement. Par conséquent, il est clair qu'une grande partie de l'électorat potentiel ne soutiendrait pas un tel candidat »[113].

Aussi, Pavel Groudinine est critiqué pour l'existence de comptes à l'étranger qu'il n'aurait pas précisé lors de la soumission de ses documents à la CEC, à savoir cinq comptes dans une banque autrichienne, dont l'un contiendrait 14 390 000 roubles, et des titres pour une valeur totale de 7,5 milliards de roubles. Cependant, lors de la demande d'enregistrement en tant que candidat, l'intéressé a souligné que ces comptes ont déjà été fermés[114],[115].

Vladimir Jirinovski

Âgé de 71 ans, Vladimir Jirinovski se présente à la présidence pour la cinquième fois depuis l'éclatement de l'Union soviétique (et sixième fois au total). Il est la personne la plus âgée à se présenter à la présidence de la Russie[116].

Dès , il déclare prévoir de participer à l'élection présidentielle de 2018 mais en juillet de la même année, il indique que le Parti libéral-démocrate de Russie va « peut-être choisir une personne plus efficace »[117],[118]. Le , le site officiel du parti publie une déclaration annonçant que le parti le désigne comme candidat à la présidence[119],[120]. Jirinovski est officiellement nommé par son parti lors de son 31e congrès le [121]. Il soumet l'enregistrement de sa candidature à la CEC le lendemain et le [122],[123]. Sa candidature est officiellement confirmée le .

Le , le Parti libéral-démocrate publie le programme de son candidat, intitulé « 100 étapes : il est temps de faire un bond en avant ! ». Vladimir Jirinovski est un habitué des outrances et propos chocs. Ainsi, dans le cadre de la campagne des législatives de 1993, il avait proposé que la vodka soit gratuite pour tous les hommes et que les femmes bénéficient de sous-vêtements de qualité[124]. Idéologiquement, Jirinovski est un ardent critique de la structure moderne de l'État russe. En particulier, il critique la structure fédérale de la Russie. Selon lui, la Russie devrait être un pays unitaire composé de 40 gouvernorats. Il propose par ailleurs de réduire le nombre de membres de la Douma de 450 à 200 et d'abolir le Conseil de la Fédération[125],[126]. Aussi, il s'oppose aux mots étrangers dans la langue russe. En matière de politique étrangère, Vladimir Jirinovski souhaite une politique agressive tout en normalisant les relations avec l'Occident, notamment les États-Unis[127]. Plus particulièrement, il souhaite que la Russie retrouve les frontières qui étaient siennes en 1985. Selon lui, cela pourra se faire à travers de référendums organisés dans les anciennes républiques soviétiques[127]. Aussi, il prône le rattachement à la Russie de l'Alaska, vendue aux États-Unis au XIXe siècle[124].

Lors d'un débat organisé le sur la chaîne de télévision Pierviy Kanal, Jirinovski se déclare en faveur d'une dictature forte : « Je changerai la situation dans le pays par la force. Je punirai tout le monde : les oligarques et ceux qui volent. Je ferai rapatrier l'argent de l'étranger. C'est impossible dans des conditions démocratiques, j'instaurerai la dictature la plus dure »[128].

Selon Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe et soviétique à l'université Paris-Nanterre, Jirinovski est « le candidat des outrances, de l'exagération, de protestations pures » qui « attire tout le vote protestataire » en apparaissant toujours très vindicatif[111].

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine lors d'un meeting organisé par le Front populaire panrusse, coalition qu'il préside, le .

Vladimir Poutine, âgé de 65 ans, est le président sortant. La Constitution de la fédération de Russie lui permet de se présenter pour un deuxième mandat de suite, quatrième au total.

Jusqu’en , certaines analystes politiques pensaient que Poutine n’allait pas se présenter. Dmitri Medvedev, président du gouvernement et ancien président de la fédération de Russie (2008-2012), et Alexeï Dioumine, gouverneur de l’oblast de Toula, étaient fréquemment présentés comme de possibles successeurs de Poutine[20]. D’autres analystes pensaient que Poutine participerait bien à cette élection mais annoncerait sa candidature le plus tardivement possible afin de mener une courte campagne électorale[129].

Le , parlant aux ouvriers d'une usine automobile de GAZ, Vladimir Poutine annonce qu'il se présente pour un second mandat consécutif[130]. Il précise, le , qu'il se présente en tant qu'indépendant[131]. Le 26 décembre, il rassemble son comité de soutien, composé de 668 personnes dont l'ancien ministre de l'Économie Alexander Shokhin , le joueur de hockey Aleksandr Karelin, le recteur de l'université d'État de Moscou Victor Sadovnichy, le sénateur et secrétaire général de Russie unie Andreï Tourchak  ou encore Sergueï Mironov, le président de Russie juste[132],[133],[134]. Il dépose ses documents d'enregistrement auprès de la CEC le et ceux-ci sont approuvés le lendemain[135]. Le , son équipe de campagne annonce avoir recueilli 1 611 123 signatures, soit plus de cinq fois le seuil réglementaire pour les candidats indépendants (300 000)[73]. Le , sa candidature est confirmée par la CEC après avoir validé la quasi-totalité des signatures récoltées (seules 232 ont été écartées)[136].

Enregistré comme indépendant mais de facto candidat de Russie unie[137], Vladimir Poutine bénéficie du soutien de plusieurs autres partis politiques dont notamment : Russie juste[3], Rodina[4], les Patriotes de Russie[138], Pouvoir civil[139], la Plateforme civique[5], Les Verts[140], le Parti de la grande patrie [141], le Parti russe des retraités pour la justice sociale [142] ou encore le Parti travailliste[143].

Le président sortant bénéficie également de l'appui d'un mouvement, PutinTeam , créé par le joueur de hockey Aleksandr Ovetchkine et composé de personnalités russes comme le cosmonaute Sergueï Krikaliov, la pop-star Nyusha, le ténor Nikolaï Baskov, l'artiste Polina Gagarina, l'acteur Andreï Merzlikine, le volleyeur Sergey Tetyukhin, l'athlète Yelena Isinbayeva, le patineur artistique Evgeni Plushenko, ou encore les hockeyeurs Ievgueni Malkine, Pavel Boure et Ilia Kovaltchouk[144].

Le , Poutine dévoile lui-même les responsables de son équipe de campagne, à savoir le patron de KamAZ, Sergueï Kirienko, la responsable du centre Sirius consacré aux enfants surdoués, Yelena Shmelyova, et le patron du Centre national de recherche médicale pour l'oncologie pédiatrique, Alexander Rumyantsev[145]. Poutine s'entoure également d'Andreï Yarin et du journaliste Andreï Kondrashov, qui devient son responsable des relations avec la presse[146],[147].

Vladimir Poutine présente ses « réalisations et perspectives d'avenir », c'est-à-dire son bilan ainsi que son programme électoral, le lors de son traditionnel annuel au Parlement. Au cours de son allocution, plusieurs sujets internationaux et intérieurs ont été soulevés. Dans un premier temps, le président sortant s'est exprimé sur la situation socio-économique du pays, reconnaissant que la situation d'un bon nombre de ses concitoyens s'est dégradée au cours des dernières années, notamment celle des plus démunis. Poutine s'est fixé comme objectifs de réussir à ce que la durée de vie moyenne soit de 80 ans et de réduire de moitié le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté d'ici à 2024 (soit la fin du mandat). Évoquant la situation économique du pays, Poutine a déclaré : « Notre économie a fait preuve de sa stabilité, et la stabilité de la situation macroéconomique donne lieu à de nouvelles possibilités pour une percée de la croissance, pour un développement à long terme ». Il a également émis le souhait que le prochain gouvernement et la Banque centrale présentent rapidement un plan de stimulation d'investissement dans l'économie pour « assurer une hausse des investissements allant jusqu'à 25-27 % du PIB afin de maintenir une croissance économique stable ». Il a également précisé que la Russie entend exporter plus de produits alimentaires sur les marchés internationaux que ceux qu’elle importe. Aussi, Poutine a proposé de « créer les conditions les plus commodes, les plus attirantes, pour que la jeunesse talentueuse des autres pays vienne faire ses études » en Russie. Enfin, Poutine a précisé que la circulation sur le pont de Crimée sera ouverte dans quelques mois et qu'une liaison ferroviaire sera assurée dans l'année à venir, « ce qui donnera un coup de pouce au développement de la péninsule »[148],[149].

La seconde partie du discours s'est portée sur les questions relatives à la défense. Poutine a annoncé que la Russie a comblé tous les « trous » apparus après l’effondrement de l’URSS dans le système de protection radar de ses frontières et qu'un renforcement des infrastructures scientifiques, militaires, de transport et de navigation s'est réalisé en Arctique, « région stratégiquement importante ». Aussi, le président sortant a présenté les nouvelles armes mises à disposition de l'armée russe et s'est félicité des succès technologiques du secteur militaro-industriel. Il a évoqué la création d'un drone sous-marin mais pas uniquement : « L’une de ces innovations, c’est ce missile de croisière doté d’une charge explosive nucléaire, avec un rayon d'action pratiquement illimité. Ce missile est quasiment impossible à détecter et il est invincible face à tous les systèmes existants et futurs de défense anti-aérienne ». Poutine a indiqué que ces efforts militaires sont réalisés pour protéger le pays d’éventuelles menaces : « J'espère que tout ce qui a été dit aujourd'hui dissuadera tout éventuel agresseur. Ces démarches inamicales envers la Russie, telles que le déploiement d'un système de défense antimissile, le rapprochement des infrastructures de l'OTAN à nos frontières et d'autres, deviennent inefficaces du point de vue militaire, injustement coûteuses financièrement et, finalement, simplement dépourvues de sens pour ceux qui les initient et les mettent en place ». Il a enfin appelé à la fin de l'escalade des tensions avec les autres puissances mondiales : « La Russie aspire à la coopération avec les États-Unis et l'Europe, même si leurs positions ne coïncident pas. Nous restons partenaires malgré tout, des partenaires qui relèvent ensemble les défis mondiaux les plus complexes »[148],[149].

Ksenia Sobtchak

Ksenia Sobtchak parlant avec une retraitée à Iekaterinbourg, le .

Ksenia Sobtchak, âgée de 36 ans, est la plus jeune et la seule femme candidate à cette élection. Fille d'Anatoli Sobtchak, ancien maire de Saint-Pétersbourg considéré comme le mentor politique de Vladimir Poutine, elle s'est fait connaître dans un premier temps comme mondaine, surnommée la « Paris Hilton russe »[150]. Devenue depuis activiste politique, Ksenia Sobtchak annonce son intention de se présenter à l'élection présidentielle dès le mois d', dans une vidéo publiée sur YouTube[151],[152]. Dans cette vidéo, elle dit vouloir être la candidate « contre tous » car, depuis l'élection de 2004, l'option « contre tous » est exclue du scrutin. Elle dit vouloir donner aux gens la possibilité de voter à nouveau « contre tous ». Dans le même temps, elle déclare qu'elle retirerait sa candidature si Alexeï Navalny était enregistré comme candidat par la CEC[153].

À l'origine Sobchak était indépendante de tous les partis politiques. Dans ce cas de figure, elle aurait dû recueillir au moins 300 000 signatures pour être candidate à l'élection. Peu après, cependant, l'équipe de campagne de Sobchak déclare que la candidate souhaiterait le soutien du Parti de la liberté du peuple  ou de l'Initiative civile[154]. Elle obtient le soutient de l'Initiative civile lors du congrès de ce parti, organisé le [155] et adhère à ce parti le même jour[156]. Elle dépose ses documents d'enregistrement de candidature le et ceux-ci sont approuvés par la CEC le lendemain[157],[158]. Sur le site internet de sa candidature, elle indique avoir rassemblé les 100 000 signatures nécessaires pour pouvoir se présenter le [159]. Sa candidature est officiellement enregistrée le 8 février.

Sur le plan économique, Sobchak est partisane de la privatisation et du laissez-faire. Elle considère que « la Russie est un pays d'économie libre avec un secteur étatique fort. Toutes les grandes entreprises publiques devraient être privatisées avec des restrictions anti-cartels. L'État ne devrait contrôler aucun secteur de l'économie, la part de l'État dans les entreprises et les industries devrait être limitée pour empêcher les monopoles. La propriété privée devrait être protégée par la loi »[160].

Sobchak se décrit également comme étant une patriote et une nationaliste, bien qu'elle pense qu'une grande partie du patriotisme en Russie est artificielle[161]. Elle se dit également féministe, critiquant les inégalités salariales entre les hommes et les femmes en Russie, ainsi que la sous-représentation des femmes à la tête des grandes entreprises du pays[160]. Concernant la question de la Crimée, elle a déclaré que le retour inconditionnel de la Crimée en Ukraine n'était pas possible, même si elle estime qu'en annexant la Crimée, la Russie a violé le mémorandum de Budapest[162]. Elle estime que « la chose la plus importante est que la Russie et l'Ukraine devraient maintenant restaurer leur amitié à tout prix » et, simultanément, a suggéré d'organiser un nouveau référendum sur le statut de la Crimée après « une campagne large et égale »[163],[164]. Ainsi, le , en pleine campagne électorale, elle émet le souhait, fortement symbolique, d'obtenir l'aval des autorités ukrainiennes et de passer par l'Ukraine pour se rendre en Crimée afin d'y faire campagne auprès des Tatars[165].

Pour l'opposant Alexeï Navalny, empêché de se présenter, il s'agit d'une candidature initiée par le Kremlin : « Leur idée est simple, ils ont besoin d'une caricature de candidat libéral. Ils me traitent de criminel et mettent en avant Ksenia Sobtchak ». Pour le dirigeant communiste Guennadi Ziouganov, « sa candidature fait tourner la prochaine élection à la farce tragique ». Cette candidature est mise en parallèle avec celle de l'oligarque Mikhaïl Prokhorov lors de l'élection présidentielle de 2012, suscitée par l'exécutif, et qui avait finalement obtenu seulement 8 % des suffrages[166]. Cette hypothèse s'appuie notamment sur le fait que, par ses origines familiales, Sobtchak est particulièrement proche de Vladimir Poutine[111]. Certains politologues estiment que Ksenia Sobtchak, en participant à cette élection, souhaite retrouver une virginité médiatique et retrouver un poste à la télévision d'État, où elle ne peut plus pour l'instant travailler[167].

Pour Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe et soviétique à l'université Paris-Nanterre, Ksenia Sobtchak peut séduire « un certain électorat, notamment jeune, urbain, assez protestataire parce qu'elle a un discours assez radical, un look et une présentation de soi » car il considère que l'unique candidate féminine à cette élection « tranche avec la grisaille des "bonshommes" »[111].

Maxim Souraïkine

Le comité central des Communistes de Russie annonce la nomination de son président, Maxim Souraïkine, âgé de 39 ans, comme candidat à l'élection dès . Il est officiellement désigné lors du congrès organisé à Moscou le [168] et dépose ses documents d'enregistrement auprès de la CEC le même jour[169]. Ces documents sont approuvés le lendemain[170].

Maxim Souraïkine annonce, le , avoir récolté environ 170 000 signatures pour porter sa candidature, alors que 100 000 peuvent lui suffire pour se présenter[171]. Le , il remet ses signatures à la Commission électorale centrale de la fédération de Russie (CEC) et l'audit a révélé que seuls 3,72 % des signatures sont défectueuses, pour maximum autorisé de 5 %. En conséquence, sa candidature est bien confirmée le . Le lendemain, il se rend à Riazan. Au cours de sa visite, il dépose des fleurs sous la statue de Vladimir Ilitch Lénine avant de se rendre dans des marchés locaux et des usines[172].

Dans son programme électoral, Maxim Souraïkine liste plusieurs mesures qu'il mettrait en place dans les cent premiers jours de sa présidence, s'il était élu. Après avoir prêté serment publiquement au mausolée de Lénine, il destituerait le gouvernement de Dmitri Medvedev, à l'exception du ministre de la Défense et du ministre des Affaires étrangères. Il ferait ensuite rédiger une nouvelle constitution, en s'inspirant des constitutions soviétiques de 1936 et 1977. Il restaurerait la commémoration de la Révolution d'Octobre, le , et reconnaîtrait la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk. Enfin, il suspendrait le fonctionnement de toutes les banques commerciales, transférerait leurs actifs à la Banque centrale et interdirait les OGM[173].

Le , dans un entretien accordé à la presse russe, Souraïkine se présente comme un « staliniste convaincu » en déclarant : « Je suis un staliniste convaincu parce que Staline n'est pas celui dont l'image a été créée par les médias bourgeois qui avaient pour but de ternir la période soviétique et de présenter tout ce qui était soviétique comme des répressions et ainsi de suite. Staline était avant tout un homme d'État qui cherchait à construire l'État soviétique dans l'intérêt de la société, et pas à pas, il a réalisé ce programme. C'est pourquoi le stalinisme, pour nous, signifie une industrie militaire puissante, un excellent système de formation des cadres et des industriels qui construisent le pays au lieu de remplir leurs comptes à l'étranger »[174]. Il a annoncé par ailleurs que son objectif, pour cette élection, est d'arriver au moins en deuxième place et de battre le Parti communiste de la fédération de Russie[175].

Boris Titov

Le dirigeant du Parti de la croissance, Boris Titov, déclare son intention de participer à l'élection présidentielle le . Initialement, le Parti de la croissance avait organisé des primaires auxquelles Titov n'avait pas participé mais, selon la direction du parti, aucun des candidats n'a reçu un soutien suffisant pour pouvoir être désigné[176]. Titov est officiellement nommé par son parti le [177] et soumet ses documents d'enregistrement de candidature à la CEC le lendemain[178]. Les documents sont approuvés le [179]. Boris Titov annonce avoir rassemblé les 100 000 signatures nécessaires pour pouvoir être candidat et les dépose à la CEC le et sa candidature est officiellement confirmée le [180].

Intellectuel, issu des classes supérieures, Titov est un businessman technocrate qui ne se considère pas comme un opposant au président sortant[181]. Selon lui-même, le but principal de sa participation à cette élection est de promouvoir le programme économique du parti (intitulé « Stratégie de la Croissance »), préparé par sa fondation, le « club Stolypine », et présenté à Vladimir Poutine en [182]. Pendant la campagne, Titov et son équipe ont l'intention de voyager partout dans le pays pour promouvoir ce programme, assez méconnu[30]. En effet, selon un sondage publié en , 87 % des citoyens du pays admettent qu'ils « n'ont jamais entendu parler de Boris Titov »[183].

Grigori Iavlinski

Grigori Iavlinski à la conférence du parti Iabloko tenue à Ekaterinbourg, le .

Les premières rumeurs indiquant que Grigori Iavlinski, 66 ans, se présenterait comme candidat du parti Iabloko pour l'élection présidentielle de 2018 ont circulé dès 2013[184]. Déjà candidat à la présidence en 1996 et 2000, il est nommé par son parti lors d'un congrès organisé le [185]. Il soumet ses documents d'enregistrement à la CEC le et ceux-ci sont approuvés deux jours plus tard[186].

Le , Nikolaï Rybakov, porte-parole du candidat, indique que Grigori Iavlinski a recueilli les 100 000 signatures nécessaires pour pouvoir se présenter. Le candidat du parti Iabloko indique qu'il ne soutiendra pas l'appel au boycott d'Alexeï Navalny si sa candidature devait être invalidée et promet de « refuser catégoriquement la politique de Poutine parce que celui-ci a conduit la Russie à l'isolement, à la stagnation économique et vers une pauvreté croissante »[187]. Sa candidature est finalement officiellement enregistrée le .

Le programme de Iavlinski, appelé « chemin vers l'avenir », indique ce qu'il a l'intention d'accomplir dans ses cent premiers jours au pouvoir, s'il était élu. Parmi ses deux principales priorités figurent le respect des droits de l'homme en Russie et la création d'une économie forte[188]. Iavlinski a déclaré que l'un de ses principaux objectifs serait la lutte contre la pauvreté et propose de donner trois acres de terre gratuitement à chaque famille russe afin qu'elles puissent, chacune, y construire une maison et développer la terre[189]. Il souhaite également rendre le pouvoir judiciaire du pays « véritablement indépendant »[188].

En matière de politique étrangère, Iavlinski n'a pas soutenu le rattachement de la Crimée en 2014 et estime qu'un nouveau référendum devrait avoir lieu dans la région contestée[190]. Il considère que la Crimée est ukrainienne et a déclaré que « toute forme d'intervention énergique dans les affaires intérieures de l'Ukraine, ainsi que l'incitation et la propagande de la guerre doivent être arrêtées »[191]. Il a également qualifié les actions russes en Ukraine de « disgrâce absolue et complète ». Enfin, il souhaite une normalisation des relations avec l'Union européenne et les États-Unis, ainsi que le retrait de toutes les forces armées russes de Syrie[192].

Débats

Le , la CEC fixe le calendrier et le temps d'antenne pour les candidats à la présidence[193]. Les débats auront lieu du au et seront diffusés sur cinq chaînes de télévision fédérales : Rossiya 1, Rossiya 24, Pierviy Kanal, TV Centre et PTR , ainsi que sur trois stations de radio : Radio Rossii, Radio Mayak et Vesti FM [194]. Le président sortant Vladimir Poutine refuse de participer aux débats[195]. Enfin, des débats seront diffusés sur les chaînes de télévision et les stations de radio régionales, auxquelles participeront des représentants de tous les candidats, y compris des représentants de Vladimir Poutine.

Le troisième débat, organisé le par la chaîne de télévision fédérale Rossiya 1, est marqué par une surprenante joute verbale. En effet, alors que Sergueï Babourine s'exprimait, le candidat du Parti libéral-démocrate de Russie Vladimir Jirinovski lui a coupé la parole. La « candidate contre tous » Ksenia Sobtchak lui a alors demandé de se calmer et de bien se tenir mais Jirinovski a décidé de s'en prendre à elle, s'écriant « qu'elle se taise […] elle est stupide, elle n'a pas de cerveau ! ». Pour calmer son opposant, Sobtchak lui a jeté un verre d'eau dessus, ce qui a conduit Jirinovski, malgré les appels de l'animateur à laisser parler les autres candidats, a proféré d'autres insultes envers son opposante : « Elle est de la boue noire, une meuf dégoûtante, la dernière pute, une idiote folle ! »[196]. Ne cautionnant pas cette situation, le candidat du Parti communiste russe Pavel Groudinine a préféré quitter le plateau prématurément[197].

Le dernier débat de la campagne, diffusé sur Rossiya 1 le jeudi , est également la scène de plusieurs affrontements : Maxim Souraïkine a insulté l'autre candidat communiste, Pavel Groudinine, de « sale con » en menaçant de lui « casser la gueule », et l'affrontement entre Vladimir Jirinovski et Ksenia Sobtchak s'est poursuivi[198].

Premiers débats de l'élection présidentielle russe de 2018
Date Organisateur Modérateur P = Présent / R = Représenté / Abs = Absent Notes
Maxim Souraïkine

(KR)

Pavel Groudinine

(KPRF)

Grigori Iavlinski

(Iabloko)

Ksenia Sobtchak

(IC)

Boris Titov

(Crois.)

Vladimir Poutine

(Russ.U)

Sergueï Babourine

(ROS)

Vladimir Jirinovski

(LDPR)

26 février
13 h 10 MT
Radio Rossii Abs R Abs R R Abs Abs P [199]
28 février
h 0 MT
Pierviy Kanal Anatoly Kuzichev P P P P R Abs P P
28 février
23 h 0 MT
Rossiya 1 Vladimir Soloviov P P P P P Abs P P Débat consacré aux capacités de défense du pays et à l'armée[196].
Rossiya 24 P R P P R Abs P P [200]

Sondages

Le Centre analytique Levada, considéré comme une référence par les médias et les observateurs étrangers, ne publie pas de sondages pendant la campagne présidentielle car, en , il a été désigné par les autorités russes comme une ONG relevant du registre des « agents de l’étranger »[201].

Sondeur Date Abstention Indécis Maxim Souraïkine. Pavel Groudinine. Grigori Iavlinski. Ksenia Sobtchak. Boris Titov. Vladimir Poutine. Sergueï Babourine. Vladimir Jirinovski. Autres
Maxim Souraïkine

(KR)

Pavel Groudinine

(KPRF)

Grigori Iavlinski

(Iabloko)

Ksenia Sobtchak

(IC)

Boris Titov

(Crois.)

Vladimir Poutine

(Russ.U)

Sergueï Babourine

(ROS)

Vladimir Jirinovski

(LDPR)

FOM 10-11 mars 2018 12,1 % 3,5 % 0,3 % 6,2 % 0,5 % 0,7 % 0,4 % 64,9 % 0,2 % 6,7 %
WCIOM 5-9 mars 2018 3 % 11 % 0 % 7 % 1 % 2 % 0 % 69 % 1 % 5 %
FOM 3-4 mars 2018 11,4 % 3,8 % 0,1 % 6,5 % 0,7 % 1,2 % 0,2 % 64,0 % 0,2 % 6,6 %
WCIOM 2-4 mars 2018 3,4 % 10,7 % 0,3 % 7,1 % 1,0 % 1,1 % 0,2 % 69,7 % 0,3 % 5,6 %
CIPKR 24-26 février 2018 1 % 8 % 0,5 % 10 % 1 % 4 % 0,4 % 67 % 0,2 % 8 %
WCIOM 19-26 février 2018 3,1 % 10,4 % 0,1 % 7,8 % 0,9 % 1,6 % 0,3 % 69,1 % 0,3 % 5,9 %
FOM 24-25 février 2018 12 % 3,9 % 0,2 % 6,2 % 0,8 % 1,1 % 0,2 % 63,5 % 0,2 % 7,3 %
FOM 17-18 février 2018 12,1 % 4 % 0,2 % 6,3 % 0,6 % 0,7 % 0,2 % 66,5 % 0,4 % 6,0 %
WCIOM 12-18 février 2018 3,4 % 10,6 % 0,1 % 7,5 % 1,4 % 0,9 % 0,3 % 69,5 % 0,4 % 5,3 %
FBK 9-14 février 2018 30 % <1 % 5 % <1 % 1 % <1 % 57 % <1 % 4 %
WCIOM 11 février 2018 3,0 % 9,3 % 0,1 % 7,3 % 0,8 % 1,0 % 0,2 % 71,5 % 0,5 % 5,5 %
FOM 10-11 février 2018 7 % 12 % 0,1 % 5,4 % 0,5 % 0,9 % 0,1 % 67,2 % 0,2 % 5,4 %
Les candidatures de Ksenia Sobtchak et Maxim Souraïkine sont officiellement enregistrées ().
Les candidatures de Sergueï Babourine, Grigori Iavlinski et Boris Titov sont officiellement enregistrées ().
La candidature de Vladimir Poutine est officiellement enregistrée ().
FOM 4 février 2018 7,6 % 11,2 % 6,5 % 0,5 % 1,2 % 0,1 % 66,3 % 5,5 % 0,9 %
WCIOM 29 janvier-4 février 2018 3,2 % 9,2 % 6,9 % 0,7 % 1,3 % 0,4 % 71,4 % 5,7 % 0,7 %
FBK 26-31 janvier 2018 25 % 5 % <1 % <1 % <1 % 60 % 5 % 2 %
FOM[PDF] 27-28 janvier 2018 7 % 9 % 6 % 1 % 1 % 1 % 69 % 6 % 0 %
WCIOM 26-28 janvier 2018 3,7 % 9,2 % 7,2 % 0,9 % 1,2 % 0,3 % 69,9 % 5,9 % 1,0 %
FOM[PDF] 21 janvier 2018 8 % 9 % 6 % 1 % 1 % 0 % 67 % 6 % 1 %
FBK 15-18 janvier 2018 21 % 6 % <1 % <1 % <1 % 62 % 6 % 2 %
WCIOM 15 janvier 2018 5,5 % 5,6 % 6,1 % 0,8 % 1,2 % 0,3 % 73,2 % 6,1 % 0,6 %
FOM 14 janvier 2018 9,1 % 7,9 % 6,2 % <1 % 1,5 % <1 % 65,9 % 6,0 % 1,1 %
La candidature de Pavel Groudinine est officiellement enregistrée ().
WCIOM 8-10 janvier 2018 4,0 % 13,6 % 5,1 % 0,4 % 0,5 % 0,3 % 54,3 % 2,8 % 0,4 %
CIPKR 27-30 décembre 2017 7 % 17 % 7 % >1 % 2 % >1 % 58 % 3 % 2 %
La candidature de Vladimir Jirinovski est officiellement enregistrée ().
La CEC rejette la candidature d'Alexeï Navalny ().
FOM[PDF] 23-24 décembre 2017 7 % 9 % 1 % 1 % 0 % 68 % 7 % 1 %, Ziouganov: 4 %
Pavel Groudinine annonce sa candidature ().
Début de la campagne électorale ().
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Résultats

Affiche présentant les candidats dans un bureau de vote.
Bulletin de vote utilisé pour l'élection.

Des observateurs étrangers se rendent en Russie pour suivre les opérations électorales le . Selon le ministère russe des Affaires étrangères, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) envoie à elle seule environ 500 observateurs. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a toutefois précisé que les diplomates américains et les employés des représentations des États-Unis en Russie n'ont pas eu cette possibilité[202].

En réaction à l'organisation de l'élection en Crimée et à Sébastopol (territoires revendiqués par l'Ukraine), le gouvernement ukrainien empêche le déroulement du scrutin le dans les consulats et ambassades russes situés sur son sol[203].

Des fraudes électorales et des irrégularités ont entaché le scrutin, allant des fortes pressions sur les électeurs pour qu'ils aillent voter jusqu’au bourrage d'urnes dans les bureaux de vote, mais sans que leur ampleur soit facile à évaluer[204].

Résultats de l'élection présidentielle russe de 2018[205]
Candidat Parti Voix %
Vladimir Poutine Russie unie[N 2] 56 430 712 76,69
Pavel Groudinine Parti communiste 8 659 206 11,77
Vladimir Jirinovski Parti libéral-démocrate 4 154 985 5,65
Ksenia Sobtchak Initiative civile 1 238 031 1,68
Grigori Iavlinski Iabloko 769 644 1,05
Boris Titov Parti de la croissance 556 801 0,76
Maxim Souraïkine Communistes de Russie 499 342 0,68
Sergueï Babourine Union nationale russe 479 013 0,65
Votes valides 72 787 734 98,92
Votes blancs et nuls 791 258 1,08
Total 73 578 992 100
Abstention 35 433 323 32,46
Nombre d'inscrits / participation 109 012 315 67,54

Critiques

Le sénateur John McCain a fustigé Donald Trump pour avoir félicité Vladimir Poutine après son élection en dépit d'un mémo de la « National Security Team » où il était écrit en lettres capitales « DO NOT CONGRATULATE »[206]. Le sénateur a notamment déclaré qu'« un président américain ne guide pas le monde libre en félicitant des dictateurs pour avoir gagné une élection qui est une imposture »[207].

Notes et références

Notes

  1. Se présente administrativement en tant qu'indépendant.
  2. Candidat de Russie unie se présentant administrativement en tant qu'indépendant, il est également soutenu par Russie juste, Rodina et plusieurs partis mineurs.

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