Élection présidentielle polonaise de 2020

Élection présidentielle polonaise de 2020
(1er tour)
(2d tour)
Corps électoral et résultats
Inscrits 30 204 792
Votants 19 483 760
64,51 %  +15,6
Votes exprimés 19 425 459
Votes blancs et nuls 58 301
Prezydent Rzeczypospolitej Polskiej Andrzej Duda.jpg Andrzej Duda – Droit et justice
Voix 8 450 513
43,50 %
 +8,7
Rafał Trzaskowski Sejm 2015 02.JPG Rafał Trzaskowski – Coalition civique
Voix 5 917 340
30,46 %
 −3,3
Szymon.Hołownia.JPG Szymon Hołownia – Indépendant
Voix 2 693 397
13,87 %
Krzysztof Bosak Sejm 2016.jpg Krzysztof Bosak – Confédération
Voix 1 317 380
6,78 %
Président de la République
Sortant
Andrzej Duda
(PiS)

L’élection présidentielle polonaise de 2020 (en polonais : Wybory prezydenckie w Polsce w 2020 roku), septième élection présidentielle de la Troisième République, a lieu les et afin d'élire le président de la république de Pologne pour un mandat de cinq ans.

Le président sortant national-conservateur, Andrzej Duda, élu en 2015, est éligible pour un second et dernier mandat.

Alors que le scrutin est initialement prévu les et , durant la pandémie de Covid-19, la proposition du gouvernement de maintenir l’élection et de l’organiser par voie postale uniquement suscite une vive polémique, l'opposition dénonçant les capacités inégales de faire campagne du président sortant et des autres candidats dans le contexte d'un confinement de la population. Le scrutin est finalement reporté à la suite d’un compromis au sein de la coalition au pouvoir puis du vote favorable de l'opposition, qui contrôle le Sénat.

Au soir du premier tour, marqué par une forte hausse de la participation, Andrzej Duda et le maire libéral de Varsovie Rafał Trzaskowski se qualifient pour le second tour.

Contexte

Le président sortant, Andrzej Duda.

Le président sortant est Andrzej Duda. Élu lors de l’élection présidentielle de 2015, il est issu du parti conservateur Droit et justice (PiS). Le président de PiS, Jarosław Kaczyński, est considéré comme l'homme fort du pays, même si Andrzej Duda a fait preuve d'indépendance à quelques reprises — notamment en 2017 lors des premiers projets de réforme judiciaire —, avant de se montrer plus en retrait[1]. Depuis les élections parlementaires de 2015, qui se déroulent cinq mois après le scrutin présidentiel, PiS est majoritaire au Parlement. De 2015 à 2017, Beata Szydło est présidente du Conseil des ministres. Elle cède ensuite sa place à Mateusz Morawiecki.

Durant le mandat présidentiel d’Andrzej Duda, l'exécutif a plusieurs différends avec les autorités européennes. Celles-ci dénoncent les réformes de la justice, pour laquelle le gouvernement polonais dénonce l'absence de réforme depuis la chute du communisme. La question migratoire est également un point de dissension.

La situation économique de la Pologne est la meilleure que le pays ait connu depuis la chute du communiste, avec une croissance d’environ 5 % et un taux de chômage historiquement bas[2]. Le PiS a mis en place un « État-providence à la polonaise » via notamment la mise en place d'aides familiales, la gratuité des médicaments pour les plus de 75 ans, l'abaissement de l'âge légal de la retraite, la taxation des institutions financières, la re-nationalisation de plusieurs banques et une politique générale favorisant le développement des entreprises polonaises[3].

Les élections parlementaires qui se tiennent six mois avant l'élection présidentielle voient la reconduction de Droit et justice au pouvoir avec le meilleur résultat pour une force politique depuis 1989 ; le parti conservateur perd cependant le Sénat, ce qui peut permettre à l’opposition de ralentir le processus législatif[4],[5].

Modalités

D'après la Constitution, le président de la république de Pologne est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Conformément à l'article 128 de la Constitution polonaise, l'élection présidentielle est organisée au cours d'un jour non travaillé placé entre le soixante-quinzième et le centième jour précédent la fin du mandat du président de la République, un second tour éventuel pouvant être organisé deux semaines plus tard. Le choix de la date revient au président de la Diète (Sejm).

Urne électorale lors du premier tour de scrutin ().

Les candidats à l'élection présidentielle doivent se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale cinquante-cinq jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils ont ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien. Les candidats doivent avoir au minimum 35 ans au jour de l'élection. Les candidats nés avant le doivent par ailleurs s'être soumis aux obligations liées à la lustration[6].

Le président de la république de Pologne est le chef des forces armées polonaises, il doit représenter la Pologne en son sein comme à l'étranger, ratifie les accords internationaux, nomme les membres du gouvernement et ratifie les lois. Il jouit d'un droit de veto lorsqu'il se permet de contester une loi approuvée par le Parlement.

Candidats

Retenus

Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au [7]. À l'exception de la candidate de la Plateforme civique — qui a été remplacée —, tous les candidats de la présidentielle de mai participent au nouveau processus électoral ; Waldemar Witkowski parvient également à valider sa candidature.

Candidat Coalition / parti Fonctions / activités Idéologie Détail
Robert Biedroń
(44 ans)
Robert Biedroń La Gauche
(Printemps)
Député européen
(depuis 2019)
Maire de Słupsk
(2014-2018)
Député à la Diète
(2011-2014)
Progressisme
Social-démocratie
Anticléricalisme
Militant LGBT. Premier député ouvertement homosexuel de l'histoire polonaise. Fondateur et président de Printemps, qui fait partie de la coalition La Gauche.
Krzysztof Bosak
(37 ans)
Krzysztof Bosak Confédération
(Mouvement national)
Député à la Diète
(2005-2007 ; depuis 2019)
Nationalisme
Souverainisme
National-libéralisme
Militant nationaliste, membre du Mouvement national, qui fait partie de la coalition. Remporte la primaire de la Confédération face à huit autres candidats, dont libertarien Janusz Korwin-Mikke (candidat aux élections présidentielles de 1995, 2000, 2005, 2010 et 2015).
Andrzej Duda
(47 ans)
Andrzej Duda Droite unie
(Droit et justice)
Président de la République
(depuis 2015)
Député européen
(2014-2015)
Député à la Diète
(2011-2014)
National-conservatisme
Démocratie chrétienne
Social-conservatisme
Élu en 2015 au second tour face au sortant, Bronisław Komorowski. Le , Jarosław Kaczyński annonce que le parti apporte son soutien à une candidature d’Andrzej Duda pour un second mandat[8].
Szymon Hołownia
(43 ans)
Szymon Hołownia Indépendant Catholicisme libéral
Catholicisme social
Écologisme
Écrivain, journaliste, animateur d'émissions de télévision, activiste humanitaire.
Officialise sa candidature le [9].
Marek Jakubiak 
(61 ans)
Marek Jakubiak Fédération pour la République Député à la Diète
(2015-2019)
Populisme de droite
National-conservatisme
National-libéralisme
Entrepreneur, soldat professionnel à la retraite. Ancien membre du Kukiz'15 puis de la Confédération.
Władysław Kosiniak-Kamysz
(38 ans)
Władysław Kosiniak-Kamysz Coalition polonaise
(Parti paysan polonais)
Députée à la Diète
(depuis 2011)
Ministre du Travail
(2011-2015)
Agrarisme
Démocratie chrétienne
Démocratie directe
Président du Parti paysan polonais (PSL), le plus grand parti de la coalition. Bénéficiant du bon résultat de son parti aux élections parlementaires de 2019[a], il appelle dans un premier temps à une candidature commune avec la Plate-forme civique[10]. Il se présente finalement sans union avec la PO.
Mirosław Piotrowski
(54 ans)
Mirosław Piotrowski Mouvement Europe véritable Député européen
(2004-2019)
Cléricalisme
Droite chrétienne
Traditionalisme
Enseignant universitaire, militant catholique associé à Radio Maryja. Ancien membre de Droit et Justice, président Mouvement Europe véritable.
Paweł Tanajno 
(44 ans)
Paweł Tanajno Indépendant Libéralisme
Populisme
Démocratie directe
Chef d’entreprise. Défait à l'élection de 2015.
Rafał Trzaskowski
(48 ans)
Rafał Trzaskowski Coalition civique
(Plate-forme civique)
Maire de Varsovie
(depuis 2018)
Député à la Diète
(2015-2018)
Ministre de l'Administration et du Numérique
(2013-2014)
Député européen
(2009-2013)
Libéralisme
Europhilie
Le , après le retrait de Małgorzata Kidawa-Błońska et alors qu'il avait déjà été un temps pressenti pour représenter la Coalition civique avant elle, il est désigné candidat de l’alliance libérale[11].
Waldemar Witkowski 
(66 ans)
Waldemar Witkowski Union du travail Membre de l'Assemblée régionale de la Grande-Pologne
(2001-2005)
Social-démocratie
Progressisme
Président de l’Union du travail (UP).
Stanisław Żółtek
(64 ans)
Stanisław Żółtek Congrès de la Nouvelle Droite Député européen
(2014-2019)
Adjoint au maire de Cracovie
(1997-1998)
Libertarianisme conservateur
Libéralisme économique
Paléo-conservatisme
Élu président du Congrès de la Nouvelle Droite (KNP) après le départ de Janusz Korwin-Mikke en 2015.

Ayant renoncé

Candidat Coalition / parti Fonctions / activités Idéologie Détail
Donald Tusk
(63 ans)
Donald Tusk Plate-forme civique Député à la Diète
(2001-2014)
Président du Conseil des ministres
(2007-2014)
Président du Conseil européen
(2014-2019)
Libéralisme
Europhilie
Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2005 et ancien chef de gouvernement, il est longtemps pressenti pour représenter la PO. Mais le — alors qu'il est pressenti pour prendre la présidence du Parti populaire européen —, il renonce à se présenter. Il était pourtant considéré par les médias comme le mieux placé face au président sortant issu de Droit et justice, qui en faisait sa cible favorite. Pour justifier sa décision, il déclare que les réformes impopulaires qu’il a menées à la tête du gouvernement sont un obstacle à sa candidature[12],[13].
Małgorzata Kidawa-Błońska
(63 ans)
Małgorzata Kidawa-Błońska Coalition civique
(Plate-forme civique)
Députée à la Diète
(depuis 2005)
Porte-parole du gouvernement
(2014-2015)
Vice-présidente à la Diète
(depuis 2015)
Présidente de la Diète
(2015)
Libéralisme
Europhilie
À la suite du désistement de Donald Tusk, la PO organise une primaire. Face au maire de Poznań, Jacek Jaśkowiak , Małgorzata Kidawa-Błońska l’emporte avec 73 % des suffrages[14]. Alors qu’elle appelle au boycott de l’élection prévue pour mai dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, elle perd sa deuxième place dans les sondages et voit les intentions de vote en sa faveur chuter à moins de 10 %[15]. Le , peu après l’annonce du report du scrutin, elle renonce à se porter candidate[16].

Campagne

Enjeux

Droit et justice fait part de sa volonté de poursuivre ses réformes controversées de la justice et ses mesures sociales avec la réélection de son candidat[17].

Pour l’opposition, cette élection est un moyen de faire élire un chef de l’État qui pourrait opposer son veto sur certains projets de loi, en particulier ceux ayant trait à la séparation des pouvoirs, comme celle de 2019 autorisant des sanctions contre les magistrats hostiles aux réformes judiciaires[1]. Une victoire d’un candidat libéral, en conflit larvé avec les conservateurs depuis 2005, constituerait ainsi une nouvelle forme de cohabitation — en Pologne, cette situation profite généralement au président du fait de son droit de veto — qui pourrait conduire à des élections parlementaires anticipées avec l’affaiblissement et l’éclatement de la coalition de droite au pouvoir[18].

Pandémie de Covid-19

L’élection présidentielle doit se tenir durant l’épidémie mondiale de Covid-19. Le , invoquant un ralentissement de la pandémie après Pâques, le président du Conseil des ministres refuse de reporter le scrutin. Son annonce intervient alors que la Pologne est l’un des pays européens les moins touchés par le virus, avec un millier de cas et une dizaine de morts, soit moins en proportion de la population que lors de la tenue des élections municipales françaises[1],[19],[20].

Jarosław Kaczyński, très influent dirigeant de Droit et justice, milite pour le maintien de l’élection présidentielle en mai (par voie postale), mais fait face aux réticences de Jarosław Gowin, président d’Alliance et membre de la majorité.

Droit et justice est accusé de calcul politique, les enquêtes d’opinion indiquant que son électorat — qui vit principalement dans les zones rurales, moins touchées par le coronavirus — serait le plus mobilisé en cas de maintien de l’élection au , et les différents candidats n’étant pas réellement en mesure de faire campagne dans un contexte de limitation des rassemblements. Une enquête Kantar indique que 73 % des sondés seraient réticents à l’idée de se rendre dans un bureau de vote[1]. L'opposition pointe du doigt les risques d'aggravation de la pandémie, invoquant une augmentation du nombre de cas en Bavière à cause de la tenue de ses élections municipales[21]. La proposition est par ailleurs décriée pour les difficultés d'acheminement du matériel et sa possible inconstitutionnalité[22].

Le , réunie en urgence pour discuter des mesures économiques à prendre durant la crise sanitaire, la Diète apporte des modifications au code électoral. Le scrutin est maintenu à la date prévue, mais il est prévu que les personnes de plus de 60 ans, les plus menacées par la pandémie, pourront voter par correspondance, une option initialement réservée aux seules personnes handicapées[23]. L’opposition s'oppose à cette révision en invoquant une décision de 2006 du Tribunal constitutionnel selon laquelle il n’est pas possible de réviser la législation électorale moins de six mois avant le scrutin ; le parti au pouvoir répond que cette décision concerne les points fondamentaux du code électoral et non des aspects techniques[5].

Début , du fait du confinement de la population et du manque de volontaires pour surveiller le scrutin et alors que le gouvernement propose de généraliser le vote par correspondance, Jarosław Gowin, vice-président du Conseil des ministres et président du parti Alliance, s'y oppose ; Droit et justice menace ainsi d'exclure son parti du gouvernement si la Diète rejette la réforme[23],[24]. Finalement, après avoir proposé une extension de deux ans du mandat d’Andrzej Duda sans possibilité de second mandat pour celui-ci — l'opposition plaide de son côté plutôt pour la tenue du scrutin à l'automne —, Jarosław Gowin annonce sa démission de ses responsabilités ministérielles tout en maintenant son parti dans la majorité[23],[25].

Le lendemain, le , la Diète adopte la proposition de la majorité par 230 voix pour et 226 contre, avec la possibilité pour sa présidente, Elżbieta Witek, de décaler le scrutin d’une semaine afin de laisser le temps aux services postaux de se préparer. Le texte est ensuite envoyé au Sénat, qui est contrôlé par l’opposition et peut faire durer son examen pendant trente jours[26]. Le , Droit et justice se rallie à la proposition de Gowin de réviser la Constitution pour prolonger le mandat présidentiel[27]. Alors que PiS ne possède pas de majorité qualifiée pour faire passer cette réforme et a besoin du ralliement de l'opposition à ce projet, le ministre de la Santé Łukasz Szumowski soutient cette proposition mais précise que, le cas échéant, un vote postal aura lieu à une date non définie[28].

La crise de Covid-19 conduit à un changement de candidat de la Coalition civique : désignée à l’issue d'une primaire, Małgorzata Kidawa-Błońska — qui avait appelé au boycott du scrutin en mai et vu les intentions de vote en sa faveur chuter — se retire après l’annonce du report de l’élection, Rafał Trzaskowski la remplaçant.

Les anciens présidents Lech Wałęsa, Aleksander Kwaśniewski et Bronisław Komorowski, ainsi que tous les anciens présidents du Conseil des ministres encore en vie, sauf ceux membres de PiS, appellent le à un boycott du scrutin, une posture soutenue par la candidate libérale Małgorzata Kidawa-Błońska[29],[30]. Le , le vice-président du Conseil Jacek Sasin évoque la possibilité d'un léger report du premier tour, d'une ou deux semaines, alors que la Cour constitutionnelle a émis un avis négatif sur l'adoption d'une réforme électorale si près du scrutin[31]. Le président de la Commission électorale, Sylwester Marciniak, déclare qu'il est « impossible, pour des raisons d'organisation, de remettre les bulletins de vote à tous les électeurs »[32]. Le président du Sénat, le libéral Tomasz Grodzki, propose la mise en place de l'état d'urgence sanitaire, pour permettre de reporter sine die le scrutin. L'Église catholique appelle à « chercher des solutions qui ne soulèvent pas de doutes légaux ou de soupçons de violation de l'ordre constitutionnel »[33]. Le , le Sénat rejette la proposition d'amendement de la loi électorale[34]. Le lendemain a lieu le débat présidentiel du premier tour ; Małgorzata Kidawa-Błońska y participe alors qu’elle réclame le boycott de l’élection[35].

Le , après un accord au sein de la majorité à la Diète, le scrutin est ajourné sine die, en échange de sa tenue par voie postale et de son organisation par la commission électorale. Le report du scrutin était la condition du parti Alliance — sans lequel le bloc de droite formé autour de PiS ne possède pas de majorité — pour soutenir l'amendement du code électoral[36]. Le scrutin doit avoir lieu avant le  ; la date du est évoquée[37]. Le , la Diète adopte, en seconde lecture, la modification controversée du code électoral et acte le report du scrutin[38],[39]. Une majorité des sondés approuvent alors l’accord « Gowin-Kaczyński »[40]. Le 10 mai, la Commission électorale constate l'impossibilité technique de tenir le scrutin[41]. Le Parlement dispose de deux semaines pour annoncer la nouvelle date de l’élection, qui doit avoir lieu dans les soixante jours après cette annonce[42].

Le , Droit et justice dépose un projet de loi visant à abroger la réforme précédente. Adopté, le texte prévoit la tenue d'un scrutin classique avec la possibilité de voter par courrier pour les électeurs qui le demandent douze jours avant le scrutin, un délai réduit à cinq jours pour les personnes placées en quarantaine. Le scrutin pourrait avoir lieu par voie postale uniquement dans certaines régions où le ministère de la Santé l'estime nécessaire[7]. Par ailleurs, les candidats sortants qui le souhaitent sont maintenus mais de nouveaux candidats peuvent se présenter[43]. Le 1er juin, après la consigne de vote favorable exprimée par la Plateforme civique — qui estime que son nouveau candidat a des chances de remporter le scrutin —, le Sénat approuve la modification du code électoral[23],[44]. Le , la présidente de la Diète fixe la date du scrutin au [7]. La tenue rapide du scrutin est cependant jugée inconstitutionnelle par certains juristes[23]. Le lendemain, le , le gouvernement remporte un vote de confiance inattendu par 235 voix contre 219[17].

Reprise de la campagne

Affiches électorales d’Andrzej Duda (à gauche) et de Rafał Trzaskowski (à droite).

Désigné candidat de la Coalition civique après le retrait de Małgorzata Kidawa-Błońska, le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, fait campagne en parcourant le pays portant un masque de protection. Réputé pour son charisme, il permet rapidement à la coalition libérale de retrouver la deuxième place dans les intentions de vote — qui avait été perdue au profit de Szymon Hołownia et Władysław Kosiniak-Kamysz —, ce qui pourrait contraindre le président sortant, en perte de vitesse, à un second tour incertain[45],[46].

Au cours du mois de , Rafał Trzaskowski tient des rassemblements publics ne respectant pas les comportements-barrière exigés pour lutter contre la propagation de la pandémie[47]. Pendant la campagne, il est dépeint par ses adversaires comme arrogant et faisant partie des « élites déconnectées des préoccupations du peuple ». Il est également critiqué par ceux-ci — notamment le président sortant — et par les médias publics — aux mains du parti au pouvoir — pour ses positions en faveur des droits des LGBT, dont l’« idéologie » est une nouvelle forme de communiste pour le président sortant[48],[49].

Sondages

Sondages en vue du premier tour de l’élection présidentielle.

Résultats

Au niveau national

Résultats préliminaires de la présidentielle polonaise de 2020[50]
Candidats Partis Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Andrzej Duda Droit et justice 8 450 513 43,50
Rafał Trzaskowski Coalition civique 5 917 340 30,46
Szymon Hołownia Indépendant 2 693 397 13,87
Krzysztof Bosak Confédération 1 317 380 6,78
Władysław Kosiniak-Kamysz Coalition polonaise 459 365 2,36
Robert Biedroń La Gauche 432 129 2,22
Stanisław Żółtek Congrès de la Nouvelle Droite 45 419 0,23
Marek Jakubiak Fédération pour la République 33 562 0,17
Paweł Tanajno Indépendant 27 909 0,14
Waldemar Witkowski Union du travail 27 290 0,14
Mirosław Piotrowski Mouvement Europe véritable 21 065 0,11
Votes valides 19 425 459 99,70
Votes blancs et nuls 58 301 0,30
Total 19 483 760 100 100
Abstention 10 721 032 35,49
Inscrits / participation 30 204 792 64,51

Par voïvodie

Résultats des six candidats arrivés en tête du premier tour par voïvodie[50]
Voïvodie Duda Trzaskowski Hołownia Bosak Kosiniak-Kamysz Biedroń
Basse-Silésie 38,21 35,92 14,09 6,44 1,91 2,61
Basses-Carpates 60,69 16,23 9,46 8,96 2,56 1,39
Couïavie-Poméranie 39,54 33,59 15,46 5,88 2,52 2,31
Grande-Pologne 37,85 33,83 16,64 6,03 2,51 2,34
Lublin 56,67 19,32 10,45 7,99 3,04 1,63
Lubusz 34,19 36,94 17,87 6,07 2,02 2,20
Łódź 46,63 28,74 12,92 6,15 2,47 2,30
Mazovie 40,71 34,30 12,74 6,52 2,27 2,55
Opole 40,46 31,88 16,64 6,11 2,33 1,84
Petite-Pologne 51,11 23,92 11,54 7,76 2,94 1,92
Podlachie 50,59 20,60 16,63 7,73 2,11 1,58
Poméranie 33,62 38,58 16,13 6,22 1,91 2,57
Poméranie occidentale 35,38 37,91 15,67 5,59 2,06 2,67
Sainte-Croix 56,02 21,29 10,17 6,93 3,18 1,75
Silésie 41,22 31,28 15,39 7,08 1,92 2,29
Varmie-Mazurie 40,10 33,00 14,78 6,99 2,48 2,21

Notes

  1. Si l'on compare le résultat du PSL en 2015 aux résultats de l'informelle Coalition polonaise en 2019.

Références

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  2. « La Pologne se rêve en grand », sur la-croix.com, (consulté le 7 octobre 2019).
  3. Max-Erwann Gastineau, « Élections législatives en Pologne: faut-il avoir peur du PiS? », sur lefigaro.fr (consulté le 12 octobre 2019)
  4. (en) « Poland election: Ruling Law and Justice party claims victory », sur bbc.co.uk, (consulté le 14 octobre 2019).
  5. a et b Alan Charlish, « Coronavirus-Pologne : les conservateurs changent le code électoral avant la présidentielle », sur boursorama.com, (consulté le 28 mars 2020).
  6. (pl) « Spór o datę wyborów prezydenckich. Opozycja atakuje, koalicja odpiera zarzuty », sur Polskie Radio, .
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  8. (pl) « Kaczyński: Zwycięstwo w wyborach trzeba przypieczętować reelekcją Andrzeja Dudy », sur tvp.info, (consulté le 7 novembre 2019).
  9. « Une célébrité de la télévision polonaise annonce sa candidature à la présidence », sur myblox.fr,
  10. (en) « Key opposition politician ready to stand for President », sur polandin.com, (consulté le 22 novembre 2019).
  11. (pl) « Rafał Trzaskowski kandydatem PO w wyborach prezydenckich », sur wiadomosci.onet.pl, (consulté le 15 mai 2020).
  12. « Donald Tusk ne sera pas candidat à la présidentielle polonaise », sur rfi.fr, (consulté le 7 novembre 2019).
  13. Emmanuel Berretta, « Le sacre annoncé de Donald Tusk à la présidence du PPE », sur lepoint.fr, (consulté le 7 novembre 2019).
  14. (en) « Civic Platform’s presidential candidate is Małgorzata Kidawa-Błońska », sur polandin.com, (consulté le 16 décembre 2019).
  15. (pl) « Prezentujemy PIERWSZY SONDAŻ po debacie w TVP. Kto zyskał a kto stracił? Czy Hołownia utrzymał przewagę nad Kosiniakiem? », sur wpolityce.pl, (consulté le 15 mai 2020).
  16. « Présidentielle en Pologne : la principale candidate d'opposition démissionne », sur rtbf.be, (consulté le 15 mai 2020).
  17. a et b (en) « Polish government wins confidence vote before presidential election », sur reuters.com, (consulté le 19 juin 2020).
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  19. « Pologne : Pourquoi le PiS veut-il maintenir les élections présidentielles ? », sur courrierdeuropecentrale.fr, (consulté le 28 mars 2020).
  20. « Pologne : les plus de 60 ans pourront voter par courrier à l’élection présidentielle », sur leparisien.fr, (consulté le 29 mars 2020).
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