Élection présidentielle française de septembre 1920

Élection présidentielle française de septembre 1920
Élection présidentielle française de septembre 1920
Alexandre Millerand 02.jpg Alexandre Millerand – Sans étiquette
Voix 695
88,42 %
Delory, Gustave (Meurisse 1914 detail).jpg Gustave Delory – SFIO
Voix 69
8,78 %
Président
Sortant Élu
Paul Deschanel
ARD
Alexandre Millerand
Sans étiquette

L'élection présidentielle française de septembre 1920 s'est déroulé le 23 septembre 1920 suite à la démission du président Paul Deschanel et s'est soldée par l'élection du président du Conseil Alexandre Millerand.

Contexte

Élu le 17 janvier, le président Deschanel souffre d'une maladie nerveuse qui l'empêche d'exercer correctement ses fonctions. Le vendredi 17 septembre, il charge Millerand d'annoncer sa démission au conseil des ministres, qui décide alors de convoquer les deux chambres du parlement le mardi 21[1]. Le message de démission de Deschanel est ainsi lu au Sénat et à la Chambre des députés, qui doivent se réunir en Assemblée nationale le surlendemain, jeudi 23 septembre, afin d'élire un nouveau président.

La candidature de Millerand, chef du gouvernement, s'impose naturellement à la majorité issue des élections législatives de 1919. Celle-ci appartient au Bloc national, vaste coalition de centre droit (allant de la droite aux radicaux dissidents) dont l'ancien socialiste indépendant fait figure de leader.

Millerand ayant tout d'abord repoussé les premières offres d'investiture afin de pouvoir continuer plus efficacement son action gouvernementale, le sénateur Charles Jonnart ainsi que le président de la Chambre, Raoul Péret, ont été envisagés et approchés[1], mais tous deux ont préféré encourager la candidature du président du Conseil[2]. Ce dernier, également sollicité par Aristide Briand et Louis Barthou, a finalement accepté et rendu publique cette décision au soir du 20 septembre[3]. Les déclarations de Millerand en faveur d'une future révision constitutionnelle inquiètent cependant certains républicains opposés à un régime présidentiel, tels que Gaston Doumergue, président de la Gauche démocratique du Sénat[4].

Réunion plénière et Assemblée nationale

Réunion plénière du 22 septembre : Steeg, ministre de l'Intérieur, dépose son bulletin dans l'urne.

Le 22 septembre, conformément à la tradition parlementaire, une réunion plénière est organisée au Palais du Luxembourg afin de désigner le candidat unique des républicains. Des bulletins de vote ont été préparés au nom de Millerand, Léon Bourgeois et Péret. Or, ces deux derniers, sollicités en vain par les radicaux, ont décliné toute candidature, Bourgeois ayant prétexté l’incompatibilité de la présidence de la république avec celle de la Société des Nations.

Fort de 528 des 804 suffrages exprimés (contre 157 à Péret et 113 à Bourgeois)[5], Millerand est assuré d'être élu le lendemain. Outre huit bulletins blancs[5], quelques bulletins nuls, dont un au nom de Georges Mandel, ont été déposés. Les socialistes, qui ont manifesté leur opposition à Millerand en portant leurs suffrages sur les deux autres noms, décident de présenter contre lui le député du Nord Gustave Delory[6], mais ils ne sont que 68 à la Chambre[4].

Dans ces conditions, Alexandre Millerand est très largement élu dès le premier tour de scrutin, à Versailles, avec 695 voix contre 69 pour Delory. Une centaine de parlementaires, principalement issue des rangs radicaux, a préféré voter blanc[7], tandis que 22 voix se sont égarées sur divers noms (Jonnart, Pams, Foch, de Monzie, Bourgeois, Doumergue et Péret)[8].

Candidat Parti Premier tour
Alexandre Millerand Sans étiquette 88,92 % (695)
Gustave Delory SFIO 8,78 % (69)
Autres 2,80 % (22)

L'élection d'Alexandre Millerand fut à l'époque une avec l'un des plus fort taux de pourcentage en faveur d'un candidat, malgré les critiques à l'encontre de sa volonté d'un renforcement de la fonction présidentielle (notamment lors de la négociation des traités)[6].

Notes et références

  1. a et b Le Gaulois, 18 septembre 1920, p. 1.
  2. Le Gaulois, 19 septembre 1920, p. 1.
  3. Le Gaulois, 21 septembre 1920, p. 1.
  4. a et b Jean-Marie Mayeur, La Vie politique sous la Troisième République 1870-1940, Paris, Seuil, 1984, p. 253-263.
  5. a et b Le Gaulois, 23 septembre 1920, p. 1.
  6. a et b La Lanterne, 23 septembre 1920, p. 1.
  7. L'Humanité, 24 septembre 1920, p. 2.
  8. La Croix, 24 septembre 1920, p. 2.