Élection présidentielle française de 2017

Élection présidentielle française de 2017

(1er tour)

(2e tour)
Type d’élection Élection présidentielle
Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Corps électoral et résultats
Population 66 990 826[2]
Inscrits 47 582 183[1]
Votants au 1er tour 37 003 728
77,77 %  −1,7
Votes exprimés au 1er tour 36 054 394
Votes blancs au 1er tour 659 997
Votes nuls au 1er tour 289 337
Votants au 2d tour 35 467 327
74,56 %  −5,8
Votes exprimés au 2d tour 31 381 603
Votes blancs au 2d tour 3 021 499
Votes nuls au 2d tour 1 064 225
Débat(s) (1er tour)
(1er tour)
(2e tour)
Emmanuel Macron during his meeting with Vladimir Putin, June 2017 (cropped).jpg Emmanuel Macron – EM
Voix au 1er tour 8 656 346
24,01 %
Voix au 2e tour 20 743 128
66,10 %
Marine Le Pen (2017-03-24) 01 cropped.jpg Marine Le Pen – FN
Voix au 1er tour 7 678 491
21,30 %
 +3,4
Voix au 2e tour 10 638 475
33,90 %
François Fillon 2010.jpg François Fillon – LR
Voix au 1er tour 7 212 995
20,01 %
Meeting Mélenchon Toulouse - 2017-04-16 - Jean-Luc Mélenchon - 41 (cropped 2).jpg Jean-Luc Mélenchon – FI
Voix au 1er tour 7 059 951
19,58 %
 +8,5
Benoit Hamon (23761616132) (cropped).jpg Benoît Hamon – PS
Voix au 1er tour 2 291 288
6,36 %
Nicolas Dupont-Aignan Palais Bourbon 2017 (cropped).jpg Nicolas Dupont-Aignan – DLF
Voix au 1er tour 1 695 000
4,70 %
 +2,9
Résultats du premier tour par département
Carte
Candidat arrivé en tête :
  •      Emmanuel Macron
  •      Marine Le Pen
  •      François Fillon
  •      Jean-Luc Mélenchon
Résultats du second tour par département
Diagramme
Président de la République
Sortant Élu
François Hollande
(PS)
Emmanuel Macron
(EM)
elections.interieur.gouv.fr

L'élection présidentielle française de 2017, onzième élection présidentielle de la Ve République et dixième au suffrage universel direct, est un scrutin permettant d'élire le président de la République pour un mandat de cinq ans, se déroulant les dimanches et — par dérogation : les samedis et dans plusieurs territoires hors métropole[3]. Le président sortant François Hollande a décidé de ne pas se présenter à sa propre succession, fait inédit pour un président de la Ve République en fin de premier mandat. Autre inédit, l'élection présidentielle a lieu sous état d'urgence, décrété après les attentats du 13 novembre 2015.

En amont de l'élection, trois élections primaires, ouvertes aux sympathisants et non pas seulement aux militants : la « primaire de l'écologie » pour Europe Écologie Les Verts[N 1], la « primaire ouverte de la droite et du centre » pour Les Républicains et la « primaire citoyenne » pour le Parti socialiste et ses alliés. La campagne électorale est notamment perturbée par des affaires politiques et judiciaires visant François Fillon et sa famille, ainsi que Marine Le Pen et son parti.

Le premier tour de scrutin voit s'affronter onze candidats. Emmanuel Macron arrive en tête devant Marine Le Pen et tous deux se qualifient pour le second tour. Néanmoins, avec François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, les scores des quatre candidats ayant recueilli le plus de voix sont serrés (4,43 points entre le 1er et le 4e).

Pour la première fois, aucun des candidats des deux partis politiques pourvoyeurs jusque-là des présidents de la Ve République, n'est présent au second tour. Celui-ci se tient le dimanche et se solde par la victoire d'Emmanuel Macron, avec 66,1 % des suffrages exprimés en sa faveur, face à la candidate du Front national, qui recueille 33,9 %. Le scrutin est néanmoins marqué par une forte abstention (25,4 %) pour un second tour d'élection présidentielle et par un record de votes blancs ou nuls, plus de 4 millions.

Lors de la passation de pouvoir, le dimanche 14 mai, Emmanuel Macron devient le plus jeune chef d'État républicain français après Napoléon Bonaparte (âgé de 30 ans en 1799). S'ensuivent, les 11 et 18 juin suivant, des élections législatives qui donnent une majorité confortable au nouveau président et sont marquées par une très forte abstention.

Élection présidentielle française de 2017

Sommaire

Mode de scrutin

Le président de la République est élu au suffrage universel direct. Il est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours[4].

Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, un second tour a lieu quatorze jours plus tard où seuls peuvent se présenter les deux candidats arrivés en tête au premier tour après retrait éventuel de candidats mieux placés[5].

Chaque candidat doit satisfaire plusieurs conditions :

  • être de nationalité française et ne pas être privé de ses droits civiques concernant l'éligibilité ;
  • avoir au minimum 18 ans ;
  • être inscrit sur une liste électorale ;
  • avoir établi une déclaration de situation patrimoniale ;
  • posséder un compte bancaire de campagne.
  • recueillir 500 « parrainages » de parlementaires ou d'élus locaux : ces parrainages doivent provenir d'au moins trente départements ou collectivités d'outre-mer différents et pas plus d'un dixième des élus signataires ne doit provenir du même département ou de la même collectivité d'outre-mer. La période de réception des parrainages va du au [6]. La loi organique du de modernisation de diverses règles applicables à l'élection présidentielle impose la publication de l'ensemble des noms, au lieu de 500 tirés au sort comme c'était le cas antérieurement[7]. Ils doivent être envoyés directement au Conseil constitutionnel, par voie postale, qui les publie au fur et à mesure sur le site mis en place pour cette élection.

La Constitution prévoit que[5] :

  • en cas d'empêchement ou décès dans la dernière semaine de dépôt des candidatures d'une personne qui a annoncé son intention d'être candidate, le Conseil constitutionnel peut reporter l'élection ;
  • en cas d'empêchement ou décès d'un candidat avant le premier tour, l'élection est reportée ;
  • en cas d'empêchement ou décès d'un candidat qualifié pour le second tour, il est procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales.

Le Conseil constitutionnel est, selon l'article 58 de la Constitution, garant de la régularité de l'élection, de l'examen des réclamations et de la proclamation des résultats.

Logo de l'élection présidentielle française de 2017.

Le corps électoral annoncé début mars 2016 est 45,678 millions d'inscrits (en hausse de 824 000 unités, + 1,8 %), soit 88,6 % des Français majeurs résidant sur le territoire, et 1,3 million de Français établis hors de France inscrits sur les listes électorales consulaires. Comme tous les cinq ans, le nombre de nouveaux inscrits connaît un pic de 1,562 million de nouveaux électeurs[8]. Toutefois, un rapport parlementaire de 2016 portant sur l'élection de 2012 chiffrait le nombre de mal-inscrits (inscrits dans une autre ville que celle où ils résident), à 6,5 millions[9].

Contexte

La campagne et la désignation des candidats rompent avec celles des élections présidentielles précédentes, lui revêtant un caractère d'imprévisibilité et annonçant une certaine recomposition du paysage politique français. Pour la première fois sous la Ve République, le président sortant, François Hollande, choisit de ne pas être candidat à sa succession à l'issue de son premier mandat. Le résultat des primaires ouvertes organisées par différents partis de gouvernement crée également la surprise : les favoris (Alain Juppé, et dans une moindre mesure Nicolas Sarkozy, pour Les Républicains ; Manuel Valls et Arnaud Montebourg pour le Parti socialiste ; Cécile Duflot pour Europe Écologie Les Verts) se voient éliminés au profit de candidats moins attendus (François Fillon, Benoît Hamon et Yannick Jadot). Marquée par plusieurs rebondissements ainsi que par des affaires présumées de favoritisme, de corruption et d'emplois fictifs (pour François Fillon et Marine Le Pen), la campagne voit une certaine fragilité, dans les intentions de vote, des candidats des deux grands partis de gouvernement, au profit de candidats dont les partis n'ont pas exercé le pouvoir (Emmanuel Macron pour En marche !, Marine Le Pen pour le Front national et Jean-Luc Mélenchon pour La France insoumise). Plusieurs partis traditionnels du paysage politique français, enfin, ne sont pas directement représentés à cette élection (Europe Écologie Les Verts, le MoDem, l'UDI ou encore le Parti communiste), ayant chacun privilégié un système d'alliances avec d'autres mouvements.

Contexte mondial et européen

L'élection de 2017 intervient dans un contexte agité : crise migratoire en Europe, questions de plus en plus vives sur la mondialisation, avec des montées protectionnistes[10],[11], des questions sur le devenir de l'Union européenne à la suite notamment du référendum britannique sur l'Europe, et de manière générale à une montée des incertitudes géopolitiques due notamment à des attentats terroristes islamistes, à la montée en puissance de la Chine et à la question des relations de l'Union européenne avec la Russie après la crise ukrainienne, ainsi que des incertitudes sur l'avenir avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche[12]. Ces inquiétudes favorisent le réarmement. En France, le chef d'État-major des armées, dans un article paru en , demande une augmentation des sommes allouées à la défense[13]. Sur le plan intérieur, la France est également confrontée à de nombreux défis : chômage, questions sur la pérennité des régimes de retraite et de la sécurité sociale, problèmes d'équilibre budgétaire et de dette publique, problèmes d'insécurité publique, de pollution, etc.

Dans un contexte de grande vigilance des forces de police, deux hommes soupçonnés de préparer des attentats en rapport avec l'élection présidentielle sont arrêtés le , quelques jours avant le premier tour[14].

Le sondeur Jérôme Fourquet relève que, comme il a été observé à l'occasion de scrutins étrangers en 2016 — référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, élection présidentielle autrichienne et élection présidentielle américaine —, « la variable du niveau de diplôme est une donnée de plus en plus centrale » et impose « une nouvelle segmentation des sociétés occidentales entre les gagnants et les perdants de la mondialisation » qui « concurrence, voire supplante désormais parfois la traditionnelle opposition gauche/droite ». Dans le scrutin français, cette ligne de fracture s'observe en particulier entre Marine Le Pen (nettement en tête chez les moins diplômés) et Emmanuel Macron (nettement en tête chez les plus diplômés), qui plaident d'ailleurs tous deux pour un remplacement du clivage gauche-droite par un nouveau (entre les « mondialistes » et les « patriotes » pour la première ; entre les « progressistes » et les « conservateurs » pour le second)[15].

Alors que la Russie est accusée d'ingérences dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et qu'En marche !, parti du candidat Emmanuel Macron, l'accuse en février 2017 de tentatives de déstabilisation par le biais de cyberattaques, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault déclare que Paris « n'acceptera aucune ingérence que ce soit dans son processus électoral » et une séance exceptionnelle du conseil de Défense et de Sécurité nationale est organisée à la demande de François Hollande afin d'aborder le sujet[16]. En mars 2017, le chef de la commission du Renseignement du Sénat américain Richard Burr affirme à son tour que la Russie est « activement impliquée » dans l'élection présidentielle française[17],[18]. Les médias russes, en particulier Sputnik et RT, soutiennent la candidature de Marine Le Pen — reçue par Vladimir Poutine le 24 mars 2017 — et alimentent une campagne négative à l'encontre d'Emmanuel Macron[19],[20]. D'après une étude menée par la firme britannique Bakamo, publiée quatre jours avant le premier tour, un quart des liens Internet partagés par les utilisateurs français au sujet de la campagne électorale entre le 1er novembre et le 4 avril diffusait des contenus mensongers (« fake news ») et favorisait nettement les candidats eurosceptiques ; au sein de cette catégorie, un lien sur cinq était lié à un média russe d'État[20].

Décision du président en exercice de ne pas se présenter

Le président de la République sortant François Hollande renonce le 1er décembre 2016 à briguer un second mandat. Il s'agit d'une première sous la Cinquième République.

Le à 20 h, le président en exercice François Hollande annonce publiquement lors d'une allocution solennelle qu'il renonce à solliciter un second mandat présidentiel, ce qui constitue une première dans l'histoire de la Cinquième République[21],[22],[23]. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision : son niveau de popularité très bas dans les sondages, l'effet préjudiciable à son image du livre de son ancienne compagne, Merci pour ce moment, ou celui plus récent de deux journalistes, intitulé Un président ne devrait pas dire ça…[24].

Le politologue Eddy Fougier relève que dans l'histoire de la Cinquième République, les élections sans président sortant, « qui se sont produites en 1969, en 1974 et en 2007, ont été un peu différentes des autres. Elles ont contribué à un renouvellement du personnel politique avec des candidats qui se présentent pour la première fois à la présidentielle, qui appartiennent à une nouvelle génération et qui expriment une volonté manifeste de dépoussiérer la façon de faire de la politique (Giscard en 1974 ou Sarkozy en 2007). Ces élections ont aussi en grande partie favorisé le centre, en l'occurrence le centre droit avec Alain Poher présent au second tour en 1969, la victoire de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et le bon score réalisé par François Bayrou en 2007 (19 %) »[25].

Primaires ouvertes

En amont de cette élection, plusieurs partis politiques organisent des primaires en vue de désigner le candidat pour leur parti pour l'élection présidentielle.

Partis politiques face à l'élection présidentielle

Le parti Les Républicains organise une primaire ouverte pour la première fois pour une élection présidentielle, la Primaire française de la droite et du centre de 2016, tout comme l'avait fait Europe Écologie Les Verts en 2011, ainsi que le Parti socialiste et le Parti radical de gauche en 2011 ; elle est remportée par François Fillon. À gauche est organisée une « primaire citoyenne ».

Le politologue Pascal Perrineau observe une « gauche française [qui] vole en éclats à la fois sur le terrain des orientations économiques et sociales (loi Macron, loi El Khomri) mais aussi sur le terrain des valeurs (débat autour de la déchéance de nationalité). Face à ce processus qui ne cesse de s'accentuer et au-delà de la fracture entre droite de gouvernement et Front national, le fractionnement des droites, s'il est réel, peut paraître relativement modeste. Il est davantage le fruit d'un choc des hommes et des ambitions personnelles dont ils sont porteurs que d'un affrontement des idées ». Il constate plus globalement « un contexte de relatif épuisement des logiciels politiques tels qu'ils se sont reconstruits et mis en place après la Seconde Guerre mondiale », estimant qu'ils « sont entrés en crise et font l'objet de remises en question parfois profondes »[26].

Le journaliste Éric Dupin souligne que « l'électeur français n'a [...] jamais eu à choisir entre un candidat de la gauche libérale, de la gauche socialiste et de la gauche radicale » (à travers les candidatures respectives d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon)[27].

Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch relève la présence de deux candidats conspirationnistes avec Jacques Cheminade et François Asselineau[28].

Rapport des Français à la politique

Dans un sondage OpinionWay publié par Les Échos du , 89 % des personnes interrogées pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas assez de ce que « pensent les gens comme nous », et 70 % pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien. Pourtant, 56 % déclarent s'intéresser à la politique, et 46 % estiment que le vote aux élections est le meilleur moyen de se faire entendre[29].

Candidats

Le , le Conseil constitutionnel a publié les noms des 11 candidats (classement selon le tirage au sort effectué par le Conseil) dont les 500 parrainages ont été validés[30],[31]. Pour la première fois, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique rend publiques les déclarations de patrimoine des candidats à l'élection présidentielle[32].

Candidat (nom et âge[33]) et
parti ou mouvement politique
Fonction(s) politique(s) Campagne, slogan(s) et
consigne de vote
Détails
Nicolas Dupont-Aignan
(56 ans)

Debout la France (DLF)

Nicolas Dupont-Aignan Président de DLR, puis de DLF
(depuis 2008)
Député de l'Essonne
(depuis 1997)
Maire de Yerres
(1995-2017)
Logo de Nicolas Dupont-Aignan
(Campagne • Positions)
Debout la France !
Élimination au 1er tour
(vote Marine Le Pen)
Après une première tentative en 2012 où il était arrivé septième et la relative progression de son parti Debout la France aux régionales de 2015, il annonce une seconde candidature le 15 mars 2016[34] et publie deux livres-programme intitulés France, lève-toi et marche (2016) et Mon agenda de président (2017).
Marine Le Pen
(48 ans)

Front national (FN)

Marine Le Pen Présidente du Front national
(depuis 2011)
Députée européenne
(2004-2017)
Logo de Marine Le Pen
(Campagne • Positions)
Remettre la France en ordre
(premier tour)
Choisir la France
(second tour)
Élimination au 2d tour
Présidente du Front national depuis 2011, elle en a déjà été la candidate en 2012 où elle a terminé troisième. Après la forte progression du FN aux scrutins de 2014 et 2015, elle est jugée en bonne position par les observateurs pour faire un score important à la présidentielle de 2017[35], à laquelle elle se porte candidate le 8 février 2016[36].
Emmanuel Macron
(39 ans)

En marche ! (EM)

Emmanuel Macron Président d'En marche !
(2016-2017)
Logo d'Emmanuel Macron
(Campagne • Positions)
La France doit être une chance pour tous
(premier tour)
Ensemble, la France !
(second tour)
Vainqueur au 2d tour
Ministre de l'Économie de François Hollande en août 2014, il gagne en popularité et fonde en avril 2016 son propre mouvement, qui se veut transpartisan. Il quitte le gouvernement en août avant de publier son livre Révolution et de se déclarer candidat le 16 novembre[37], présentant la particularité de n'avoir jamais été candidat à une élection auparavant. Entre février et avril 2017, il est rallié par le centriste François Bayrou[38], le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian[39] et les anciens Premiers ministres Manuel Valls[40] et Dominique de Villepin[41].
Benoît Hamon
(49 ans)

Parti socialiste (PS)

Benoît Hamon Député des Yvelines
(2012 et 2014-2017)
Logo de Benoît Hamon
(Campagne • Positions)
Faire battre le cœur de la France
Élimination au 1er tour
(vote Emmanuel Macron)
Ancien ministre de François Hollande dont il rejette le positionnement social-libéral, il annonce sa candidature le [42]. Le , il remporte la primaire de la Belle Alliance populaire[43]. Il est investi par le Parti socialiste le [44]. Le 23 février 2017, il est rallié par le candidat écologiste Yannick Jadot[45].
Nathalie Arthaud
(47 ans)

Lutte ouvrière (LO)

Nathalie Arthaud Porte-parole de Lutte ouvrière
(depuis 2008)
Logo de Nathalie Arthaud
(Campagne)
Faire entendre le camp des travailleurs
Élimination au 1er tour
(vote blanc)
Déjà candidate en 2012, elle est investie par son parti le 14 mars 2016 pour représenter une seconde fois Lutte ouvrière à la présidentielle[46].
Philippe Poutou
(50 ans)

Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

Philippe Poutou Militant du NPA
(depuis 2009)
Logo de Philippe Poutou
(Campagne)
Nos vies, pas leurs profits !
Élimination au 1er tour
(aucune consigne de vote)
Malgré sa rupture en 2014 avec la direction du NPA[47] qu'il avait représenté en 2012, il est réinvesti le 20 mars 2016 par le parti anticapitaliste[48]. Il connaît des difficultés pour rassembler les 500 parrainages nécessaires pour être présent à l'élection mais y parvient in extremis[49].
Jacques Cheminade
(75 ans)

Solidarité et progrès (S&P)

Jacques Cheminade Président de Solidarité et progrès
(depuis 1996)
Logo de Jacques Cheminade
(Campagne • Positions)
Se libérer de l'occupation financière
Élimination au 1er tour'
(refuse de voter Marine Le Pen)
Déjà présent en 1995 et 2012, il annonce sa candidature le 4 avril 2016[50]. Il réussit pour la troisième fois à obtenir les 500 parrainages[51].
Jean Lassalle
(61 ans)

Résistons !

Jean Lassalle Député des Pyrénées-Atlantiques
(depuis 2002)
Maire de Lourdios-Ichère
(1977-2017)
Logo de Jean Lassalle
(Campagne • Positions)
Le temps est venu
Élimination au 1er tour
(vote blanc)
Pilier du MoDem et ancien proche de François Bayrou, il prend ses distances sur fond de désaccord stratégique et quitte le parti en 2016. Connu pour sa marche à travers la France entre avril et décembre 2013[52], il officialise sa candidature, indépendante, le 17 mars 2016, souhaitant représenter notamment les milieux ruraux et agricoles[53]. Fin 2016, il nomme son mouvement de campagne « Résistons ! »[54].
Jean-Luc Mélenchon
(65 ans)

La France insoumise (FI)

Jean-Luc Mélenchon Député européen
(2009-2017)
Logo de Jean-Luc Mélenchon
(Campagne • Positions)
La force du peuple
Élimination au 1er tour
(abstention, vote blanc ou Emmanuel Macron)
Arrivé quatrième sous les couleurs du Front de gauche en 2012, il s'en éloigne progressivement, désapprouvant les choix de ses partenaires communistes. Il lance le mouvement La France insoumise[55] et officialise sa candidature le 10 février 2016[56], puis publie son livre-programme L'Avenir en commun en décembre. Alors qu'il est finalement rallié par le PCF[57], les observateurs se montrent étonnés par le dynamisme de sa campagne et son recours massif aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies[58],[59].
François Asselineau
(59 ans)

Union populaire républicaine (UPR)

François Asselineau Président de l'UPR
(depuis 2007)
Logo de François Asselineau
(Campagne • Positions)
Un choix historique
Élimination au 1er tour
(aucune consigne de vote)
Souverainiste parfois qualifié de complotiste[60] par ses opposants, il échoue à se présenter en 2012. Néanmoins, à la surprise générale, il atteint 587 parrainages pour l'élection de 2017[61],[62]. Malgré la faible notoriété de son parti, l'UPR, il compte un nombre relativement important de militants très actifs sur Internet[63].
François Fillon
(63 ans)

Les Républicains (LR)

François Fillon Député de Paris
(2012-2017)
Logo de François Fillon
(Campagne • Positions)
Une volonté pour la France
Élimination au 1er tour
(vote Emmanuel Macron)
Annoncée dès 2013[64], sa candidature est officialisée le [65]. Il publie deux livres : Faire en [66], puis Vaincre le totalitarisme islamique en [67]. Le , il remporte la primaire ouverte de la droite et du centre[68] et le conseil national des Républicains valide sa nomination le [69]. Sa campagne est fortement perturbée à partir de janvier 2017 par une série d'affaires révélées entre autres par Le Canard enchaîné, qui entachent son image[70].

Déroulement

Primaires

Primaire de l'écologie

La primaire écologiste a lieu les 19 octobre et 7 novembre 2016. Seuls les militants à jour de cotisations peuvent y participer.

Au premier tour, Yannick Jadot arrive en tête (avec 35,61 % des voix) devant Michèle Rivasi (30,16 %), Cécile Duflot (24,41 %) et Karima Delli (9,82 %).

Au second tour, Yannick Jadot confirme sa première place avec 54,25 % face à Michèle Rivasi (40,75 %).

Finalement, le 23 février 2017, Yannick Jadot se retire et le parti décide de soutenir la candidature de Benoit Hamon. Depuis 1969, c'est la première fois qu'il n'y a pas de candidat écologiste à une élection présidentielle.

Primaire ouverte de la droite et du centre

De 2014 à 2016, Alain Juppé est donné favori dans les enquêtes d'opinion. Mais il perd au second tour de la primaire de la droite et du centre.

La primaire de la droite et du centre a lieu les 20 (1er tour) et 27 novembre 2016 (2d tour).

Alors que les sondages prédisent durant longtemps une large avance pour le duo Juppé-Sarkozy au 1er tour, les sondages à partir du mois de novembre, et plus particulièrement à partir du 18 prédisent un second tour pour le duo Juppé-Fillon.

À l'issue du premier tour, François Fillon arrive largement en tête avec 44,08 % des voix, suivi d'Alain Juppé (28,56), Nicolas Sarkozy (20,67), Nathalie Kosciusko-Morizet (2,56), Bruno Le Maire (2,38), Jean-Frédéric Poisson (1,45) et Jean-François Copé (0,30).

Au second tour, François Fillon confirme son avance sur Alain Juppé avec respectivement 66,49 % et 33,51 % des voix.

Primaire de la Belle Alliance populaire

Article détaillé : Primaire citoyenne de 2017.

La précédente primaire à l'élection présidentielle de 2012 a proclamé François Hollande comme candidat de la gauche.

Au cours de l'année 2016, le Parti socialiste décide à nouveau d'organiser une primaire pour l'élection présidentielle de 2017. Dans le contexte de forte impopularité du président, la question se pose par la suite de maintenir ou non la primaire. Suite à la décision de François Hollande de ne pas se représenter, la primaire a finalement lieu avec plusieurs candidats.

Alors que les sondages annoncent vainqueurs au premier tour Manuel Valls et Arnaud Montebourg, c'est finalement Benoît Hamon (36,51 %) et Manuel Valls (31,90 %) qui l'emportent face à Arnaud Montebourg (17,75 %), Vincent Peillon (6,90 %), François de Rugy (3,88 %), Sylvia Pinel (2,02 %) et Jean-Luc Bennahmias (1,03 %).

Benoit Hamon arrive en tête du second tour avec 58,69 % face à Manuel Valls avec 41,31 % des voix.

Campagne du premier tour

Affaires judiciaires

Manifestation de soutien à François Fillon le 5 mars 2017, place du Trocadéro.

À partir du 24 janvier 2017, la campagne est perturbée par la sortie d'un premier article du Canard enchaîné concernant d'éventuels emplois fictifs du candidat François Fillon. Parallèlement, le FN doit faire face à l'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen et à l'affaire Jeanne. Les semaines suivantes plusieurs autres articles écornent un peu plus l'image publique de François Fillon et font dire à François Hollande « On parle de quoi dans cette campagne ? Des affaires, des mises en examen, des pseudo-cabinets noirs (…) mais où sont les comparaisons utiles ? », le 16 avril, dans l'émission « C Politique » sur France 5. Un avis partagé dans la plupart des camps. « Les affaires ont tout obscurci dans cette campagne. Derrière ce brouillard, chacun retourne sur ses fondamentaux », indique Jérôme Rivière, soutien de Marine Le Pen. Selon Le monde, ces fondamentaux étant « Immigration chez les uns, libéralisme chez les autres… »[71].

Début mars, les autres candidats commencent à protester contre la trop grande couverture médiatique des affaires qui rendent inaudible le débat politique sur les projets[72],[73].

Débats et entretiens télévisés

Jean-Luc Mélenchon lors de son second meeting en hologramme[74], à Dijon, le 19 avril 2017.

Pour la première fois dans une élection présidentielle en France[75],[76], différents débats télévisés entre les candidats sont organisés avant le scrutin du premier tour, dans la lignée de ceux ayant eu lieu pour les primaires de la droite et de la gauche dans les mois précédents[75],[77].

Diffusé notamment sur TF1, le , le premier débat avec les cinq principaux candidats rassemble plus de 10 millions de téléspectateurs[78],[79]. Le second débat télévisé, mis en place par BFM TV et CNews le 4 avril et auquel participent les onze candidats[80],[81], est suivi par environ 6,3 millions de téléspectateurs[82].

Un troisième et dernier débat devait initialement avoir lieu le , organisé par France 2[83]. Cependant, le 28 mars, Jean-Luc Mélenchon annonce qu'il refuse de participer à ce dernier débat, en raison notamment de la date tardive (trois jours avant le premier tour) et d'une absence de concertation[84], tout comme Emmanuel Macron[85]. Le groupe France Télévisions annonce le jour même qu'il maintient le débat prévu le 20 avril[86]. François Fillon, de son côté, déclare que ce troisième débat n'a « aucun intérêt » si tous les candidats ne sont pas présents[87]. Le CSA se montre, par ailleurs, « préoccupé » par cette date trop proche du scrutin, qui empêcherait les candidats de répondre à d'éventuelles polémiques, et propose un dialogue entre la chaîne et les candidats[88]. Le , France 2 annonce qu'elle renonce à organiser ce débat préférant proposer à chacun des onze candidats une série d'entretiens de quinze minutes face à Léa Salamé et David Pujadas, qui sont diffusés à la même date du 20 avril[89],[90].

20 mars : premier débat, à cinq

Le premier, animé par les journalistes Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau, s'est tenu le à 21 h en direct sur TF1, LCI, ainsi que France 24 (en français et traduit en arabe et en anglais)[91], réunissant cinq des onze prétendants au poste de chef d'État — ceux ayant au moins 10 % d'intentions de vote dans les sondages — François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon[92]. Il a lieu sur le plateau du studio 217 de la Plaine Saint-Denis[93]. Après une introduction où les candidats ont défini le président qu'ils seront, le débat a été divisé en trois thématiques : le modèle de société (comprenant des questions, entre autres, sur les institutions, la sécurité, l'immigration, l'identité et l'écologie), le modèle économique (le travail, le commerce international, la protection sociale et la fiscalité) et enfin la place de la France dans le monde (la géopolitique, l'Europe, le terrorisme ou encore les frontières)[94],[95]. Les cinq candidats avaient deux minutes pour répondre à chaque question ; au bout de min 30 s, les adversaires pouvaient toutefois les interpeller[96]. Ce premier débat a rassemblé plus de 10,1 millions de téléspectateurs sur TF1 et LCI[78], soit 49,6 % de part d'audience (dont 47,9 % pour la première chaîne[97]).

L'organisation de ce débat, avec une partie seulement des candidats, est critiquée par les candidats non invités[98],[99]. Ainsi, Nicolas Dupont-Aignan, qui en a été exclu, dénonce un « viol démocratique[100] » et appelle au boycott de ce débat[101], saisissant à cette occasion le CSA[102],[103] puis le Conseil d'État, mais se voit débouté ; François Asselineau, quant à lui, appelle au désistement des candidats[104],[105]. TF1 prévoit alors de recevoir les candidats qui ne participent pas au débat dans un module de dix minutes au sein de son Journal de 20 heures[103]. Lors de la séquence du 18 mars présentée par Audrey Crespo-Mara où le candidat de Debout la France est invité, celui-ci dénonce le manque de démocratie dont fait preuve la chaîne et, en geste de protestation, décide de quitter prématurément le plateau tout en donnant deux jours à TF1 pour inviter l'ensemble des candidats[106]. Le soir du débat, François Fillon, puis Emmanuel Macron et Marine Le Pen, commencent leur intervention par une critique de cette situation[107].

4 avril : second débat, à onze

Le deuxième débat, animé par Ruth Elkrief et Laurence Ferrari[108], s'est tenu le à 20 h 40 en direct sur BFM TV, CNews, RMC et Dailymotion[109]. Il a eu lieu dans les studios de la Plaine Saint-Denis. Les candidats disposent chacun d'une minute d'introduction et d'une minute de conclusion[110]. Ils débattent ensuite autour de trois thématiques : l'emploi, le modèle social français et la protection des Français[110]. Chaque prétendant a 1 minute 30 pour répondre à une question[110]. Les autres concurrents peuvent l'interpeller. Au final, chaque candidat aura pu s'exprimer durant plus de 18 minutes[110], le débat ayant duré près de quatre heures.

Ce deuxième débat aura attiré plus de 6,3 millions de téléspectateurs sur BFM TV et CNews, soit 32 % de part d'audience[82]. BFM TV s'est classée première chaîne de la soirée pour la première fois de son histoire, réunissant 5,5 millions de personnes, établissant du même coup le record historique pour une chaîne de la TNT, depuis leur introduction en 2005.

20 avril : série d'entretiens
Article détaillé : 15 minutes pour convaincre.
Hommages aux victimes sur l'avenue des Champs-Élysées (photo prise le 4 juin 2017).

France 2, n'ayant pu organiser un débat à onze, a finalement opté pour une série d'entretiens longs d'un quart d'heure[111], intitulée 15 minutes pour convaincre[112],[N 2], de façon analogue à ce que la chaîne avait proposé cinq ans auparavant dans le cadre de l'émission Des paroles et des actes (hormis le fait qu'en 2012, il y avait deux émissions avec cinq candidats). L'émission est retransmise à partir de 20 h sur France 2, la chaîne France Info et sur la radio France Inter, et est animée par David Pujadas et Léa Salamé, comme pour L'Émission politique.

Bien que certains candidats ont au départ refusé de participer, tous ont finalement accepté. Les thèmes initialement abordés sont le pouvoir d'achat, le chômage, l'international, et l'Europe. Chaque candidat a l'occasion d'apporter un objet qui représenterait sa campagne, et dispose d'une carte blanche en milieu d'entretien pour s'exprimer pendant plusieurs minutes sur un sujet de son choix. À l'issue des onze entretiens, les candidats se réunissent sur le plateau pour une conclusion longue de 2 minutes 30. Au total, l'émission a duré quatre heures et a été suivie en moyenne par 4,7 millions de téléspectateurs[113].

Cette émission est bouleversée par une fusillade sur les Champs-Élysées survenue aux alentours de 21 h. Alors que France Info a basculé son antenne pour couvrir l'événement, l'émission a été maintenue sur France 2 et France Inter, avec des points réguliers sur la situation au cours des entretiens (la première annonce ayant été faite durant le passage de Nicolas Dupont-Aignan). De ce fait, les sujets du terrorisme et de la sécurité intérieure ont dû être abordés plus longuement par les candidats passant après l'annonce de la fusillade, et chaque candidat a pu ensuite s'exprimer à ce sujet durant la conclusion. À la suite du débat, France 2 et France Inter ont proposé une édition spéciale[114].

Suite à cet attentat, certains candidats bouleversent leur calendrier. Ainsi, François Fillon (qui l'a annoncé dès sa conclusion dans 15 minutes pour convaincre), Marine Le Pen et Emmanuel Macron annulent leurs déplacements du 21 avril[115],[116], dernier jour de la campagne officielle du premier tour, et font des allocutions dans la matinée[117].

Premier tour

C'est la première fois qu'une présidentielle se déroule sous état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015. Suite à l'attentat sur l'avenue des Champs-Élysées, le ministère français de l'Intérieur renforce le dispositif chargé d'assurer la sécurité des deux tours de l'élection[118]. Plus de 50 000 policiers et gendarmes (dont 12 000 dans l'agglomération parisienne), appuyés par 7 000 militaires de l'opération Sentinelle sont mobilisés pour sécuriser les 67 000 lieux de vote[118], ce qui correspond à un quart des effectifs totaux des forces de l'ordre en France[119]. Plusieurs maires prennent à leur charge le coût d'agents de sécurité privée et de vigiles supplémentaires déployés au niveau des lieux de vote[120].

Le vote débute le samedi 22 avril à h du matin (12 h heure de Paris) à Saint-Pierre-et-Miquelon, suivi de la Guyane, des Antilles et des Amériques[121]. Si la participation semble faible en Guyane, qui sort juste d'un long conflit social[122], l'affluence est importante au Canada, notamment à Montréal où l'attente devant les bureaux de vote dépasse deux heures[123].

Après les résultats du premier tour qualifiant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les marchés réagissent positivement en France et à l'étranger[124].

Second tour

Campagne

Dès le soir du 23 avril 2017, François Fillon et Benoît Hamon appellent à voter pour Emmanuel Macron pour battre Marine Le Pen[125]. Les autres candidats éliminés ne donnent alors aucune consigne de vote.

Jean-Luc Mélenchon appelle les 450 000 personnes qui l'ont investi via une plateforme numérique comme candidat à la présidentielle à se prononcer pour décider de la position du mouvement au second tour[125]. Le 28 avril, il annonce qu'il ira voter et qu'il « ne voter[a] pas FN » mais ne donne pas de consigne de vote[126], certains analystes estimant que ses propos indiquaient qu'il voterait personnellement pour Macron[127]. Nathalie Arthaud annonce qu'elle votera blanc tandis que Jacques Cheminade indique qu'il refusait à titre personnel de voter en faveur de Marine Le Pen[125]. Le 28 avril, Nicolas Dupont-Aignan annonce qu'il soutient Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, précisant avoir signé un « accord de gouvernement élargi » avec la candidate du Front national[128]. Jean Lassalle indique quant à lui qu'il votera blanc au second tour[129].

La LICRA, SOS Racisme[130], le CRIF[131], le CFCM et l'UOIF ont appelé à voter en faveur d'Emmanuel Macron[132],[133].

Le Emmanuel Macron a obtenu le soutien « exigeant » de 150 politiques « anti-Le Pen » d'horizons variés[134]. Le 30 avril, le centriste Jean-Louis Borloo, ancien ministre, déclare qu'il s'« engage à fond » en faveur de Macron[135].

Marine Le Pen reçoit le soutien de plusieurs mouvements et personnalités de droite parmi lesquels Nicolas Dupont-Aignan qui annonce le 28 avril qu'il soutient Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, précisant avoir signé un « accord de gouvernement élargi » avec la candidate du Front national[128]. Marine Le Pen annonce le lendemain qu'elle nommera Dupont-Aignan Premier ministre en cas de victoire[136]. D'autres comme Christine Boutin[137] (qui annonce que son « objectif c'est d'affaiblir Emmanuel Macron »[138]), Jacques Bompard[139], Marie-France Garaud[140], Bruno North (CNIP)[141], Françoise Hostalier[142], Christian Vanneste[143], Jean-Paul Brighelli[144] ou encore Henry de Lesquen[145] appellent à voter pour la candidate.

Au sein des Républicains, une division interne sur les consignes de vote de François Fillon a lieu. Même si la grande majorité des figures du parti annonce qu'elle va voter Macron, d'autres comme Laurent Wauquiez[146] ou Éric Ciotti[146] refusent de donner des consignes de vote. Il y a également ceux qui appellent à voter blanc et qui s'engagent contre Emmanuel Macron comme Lionnel Luca[147], Georges Fenech[148], Nadine Morano[146], Nicolas Dhuicq[149], Guillaume Larrivé[149], Brice Hortefeux[149], Jacques Myard[149], Yannick Moreau[150] ou encore Henri Guaino[151]. De même, Jean-Frédéric Poisson, responsable du Parti chrétien-démocrate, membre associé de LR, annonce qu'il refuse de soutenir Macron[146].

Article détaillé : Débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle française de 2017.

Traditionnellement (depuis 1974 et à l'exception notable de l'élection de 2002), un débat télévisé entre les deux finalistes a lieu quelques jours avant ce second tour. Contrairement à Jacques Chirac, qui avait refusé de débattre face au candidat du Front national en 2002, Emmanuel Macron accepte le débat face à Marine Le Pen[152]. Le débat se déroule le 3 mai 2017 à partir de 21 h pour une durée de 2 h 20, et est diffusé sur TF1, France 2 et les chaînes d'information en continu[153]. TF1 et France 2 ont proposé que le débat soit animé par Gilles Bouleau et David Pujadas mais, après la réserve du CSA sur la mise en place d'un duo qui ne soit pas mixte, les deux chaînes s'accordent finalement sur une paire composée de Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq[153].

Le , Emmanuel Macron obtient le soutien de Barack Obama[154].

Fausses informations

Plusieurs fausses informations se sont répandues pendant la campagne, notamment de la part du FN et de certains internautes[155]. Ainsi, expliquent notamment Samuel Laurent et Adrien Sénécat dans Le Monde : « À lui seul, Emmanuel Macron a été ciblé par toute une gamme d'attaques. On a ainsi tenté de lui trouver de prétendues « affaires » (une première rumeur de compte offshore juste avant le premier tour et un prétendu « cadeau fiscal » de 14 milliards d'euros à Patrick Drahi) ; des propositions impopulaires lui ont été imputées à tort (par exemple le souhait de faire entrer la Turquie dans l'Europe ou une supposée « taxe sur les loyers fictifs » pour les propriétaires) ; d'autres, enfin, ont été montées de toutes pièces pour écorner son image, tel son prétendu refus de serrer des mains d'ouvriers ou le financement de sa campagne par l'Arabie saoudite »[156].

Après le débat du 3 mai entre les deux adversaires du deuxième tour, plusieurs médias démontrent la façon dont une simple rumeur, totalement fabriquée, sur un compte bancaire caché que posséderait Emmanuel Macron aux Bahamas, est arrivée dans les propos de Marine Le Pen dans les derniers instants de ce débat[157],[158],[159],[160]. Le lendemain du débat Emmanuel Macron porte « plainte contre X » pour « propagation de fausse nouvelle »[161].

Quatre chercheurs, Oscar Barrera et Ekaterina Zhuravskaya de l'École d'économie de Paris et Sergei Guriev et Emeric Henry de Sciences Po Paris, établissent, à partir d'une étude menée auprès de 2 500 électeurs sur les fausses informations prononcées par Marine Le Pen sur l'immigration, que « le fact-checking échoue complètement à contrecarrer l'effet persuasif des arguments populistes fondés sur les faits alternatifs »[162].

Principales tribunes médiatiques

Sondages

Incertitude des sondeurs sur la participation en 2017

Fin 2016, on avait « observé un rush pour s'inscrire sur les listes électorales », rappelle le politologue Thomas Guénolé ; l'offre politique « très renouvelée », favorise « une plus forte politisation de l'électorat »[174].

Un sondage BVA publié le 23 février pour Saleforce, Orange et la Presse régionale indique que 47 % des sondés ayant décidé de voter n'ont pas encore arrêté leur choix et l'IFOP prévoit que leur part « va, campagne aidant, se restreindre »[175]. Les indécis sont encore 40 % à un mois du premier tour[176].

Huit jours avant, le Cevipof note que l'abstention pourrait « pourrait séduire » 32 % des électeurs[177], BVA l'estimait, deux jours avant, entre 20 % et 24 %[178].

Évolution des intentions de vote au premier tour de l'élection.

Recettes et dépenses par candidat

En août 2017, les autorités officielles ont révélé les comptes de campagne, dont le coût cumulé de tous les candidats s'élève à 74,1 millions d'euros, en baisse par rapport à 2012.

Source Boursorama[179] Source plafond légal : Le Figaro[180]

Pour les deux candidats retenus au second tour, les recettes sont les suivantes :

  • Recettes de Macron :
    • emprunts :10 millions d'euros
    • contribution d'En marche ! : 4,2 millions d'euros
    • dons de personnes physiques : 1 million d'euros
  • Recettes de Le Pen :
    • emprunts : 11,8 millions d'euros
    • dons : 43 435 euros

Pour les deux candidats retenus au second tour, les dépenses sont les suivantes[181] :

  • Dépenses de Macron :
    • réunions publiques : 5,8 millions d'euros
    • propagande : 3,7 millions
    • promotion téléphonique (SMS et appels ciblés) : 396 443
    • sondages : 325 643
  • Dépenses de Le Pen :
    • Réunions publiques : 4,9 millions d'euros
    • personnels : 2,4 millions d'euros
    • frais financiers : 840 982
    • matériels : 451 000
    • sondages : 189 814

Résultats

Taux de participation à l'élection présidentielle française
(pour la France métropolitaine)
Taux
de participation
1er tour 2d tour Différence entre
les deux tours
En 2012 En 2017 Différence En 2012 En 2017 Différence
à 12 heures 28,29 %[182] 28,54 %[183]  +0,25 30,66 %[184] 28,23 %[185]  −2,43  −0,31
à 17 heures 70,59 %[186] 69,42 %[183]  −1,17 71,96 %[187] 65,30 %[187]  −6,66  −4,12
final 79,48 %[188] 77,77 %[189]  −1,71 80,35 %[188] 74,56 %[189]  −5,79  −3,21

Lors du premier tour de l'élection, les estimations données à 20 h par les médias français, à partir d'estimations fournies par les instituts de sondages[190],[191], confirmées par les données communiquées par le ministère de l'Intérieur dans la nuit, donnent qualifiés pour le second tour[192] :

Des estimations très différentes ont été publiées à 20 h concernant le score de la candidate du FN (23 % sur TF1, 21,7 % sur France 2, , etc.). Le ministère de l'Intérieur annonçant à 20 h 23 une avance de la candidate du FN à 25,06 % mais sur la base de 6,7 millions de bulletins dépouillés. La tendance ne s'inverse qu'en soirée avec la prise en compte des bureaux de vote fermant à 20 h avec Macron à 23,11 % devançant pour la première fois Le Pen à 23,07 % à 23 h 35 sur la base de 76 % des inscrits[193].

Malgré une interdiction légale sur le territoire français, la RTBF diffuse des estimations de résultats sur Internet vers 18 h, sans indiquer de sources. Elle estime que « son rôle n'est pas de taire ces chiffres »[194]. Les entreprises de sondages françaises affirment pour leur part ne pas avoir communiqué de données[195].

Seuls les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, lors de la conférence de presse de son président Laurent Fabius le 17 h 30), ont valeur officielle[196]. Ce jour-là, le Conseil constitutionnel proclame officiellement l'élection d'Emmanuel Macron sans modifier les résultats de l'élection[197].

Premier tour
Second tour
Nombre % des inscrits Nombre % des inscrits
Inscrits 47 582 183 100,00 % 47 568 693 100,00 %
Abstentions 10 578 455 22,23 % 12 101 366 25,44 %
Votants 37 003 728 77,77 % 35 467 327 74,56 %
% des votants % des votants
  Bulletins blancs 659 997 1,78 % 3 021 499 8,52 %
  Bulletins nuls 289 337 0,77 % 1 064 225 3,00 %
  Suffrages exprimés 36 054 394 97,45 % 31 381 603 88,48 %
Candidat
Parti politique
Voix % des
exprimés
Voix % des
exprimés
  Emmanuel Macron
En marche !
8 656 346 24,01 % 20 743 128 66,10 %
  Marine Le Pen
Front national
7 678 491 21,30 % 10 638 475 33,90 %
  François Fillon
Les Républicains
7 212 995 20,01 %
  Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise
7 059 951 19,58 %
  Benoît Hamon
Parti socialiste
2 291 288 6,36 %
  Nicolas Dupont-Aignan
Debout la France
1 695 000 4,70 %
  Jean Lassalle
Résistons !
435 301 1,21 %
  Philippe Poutou
Nouveau Parti anticapitaliste
394 505 1,09 %
  François Asselineau
Union populaire républicaine
332 547 0,92 %
  Nathalie Arthaud
Lutte ouvrière
232 384 0,64 %
  Jacques Cheminade
Solidarité et progrès
65 586 0,18 %
Sources :

Site officiel du Conseil constitutionnel : Élection présidentielle 2017
Site du Ministère de l'Intérieur : Élection présidentielle 2017


Emmanuel
Macron
(66,10 %)
Marine
Le Pen
(33,90 %)

Analyse géographique

Premier tour

     Emmanuel Macron ;      Marine Le Pen ;      François Fillon ;      Jean-Luc Mélenchon.

Taille de la commune Jean-Luc Mélenchon

(FI)

Emmanuel Macron

(EM)

Marine Le Pen

(FN)

Commune de 1 hab. à 1 999 hab. 16,98 % 20,00 % 26,76 %
Commune de 2 000 hab. à 14 999 hab. 18,67 % 23,03 % 24,01 %
Commune de 15 000 hab. à 49 000 hab. 22,84 % 24,93 % 18,55 %
Commune de 50 000 hab. à 99 000 hab. 23,66 % 25,55 % 16,01 %
Commune de 100 000 hab. à 199 000 hab. 23,60 % 26,09 % 15,38 %
Commune de plus de 200 000 hab. 24,93 % 27,71 % 12,06 %
Source : Présidentielle : Macron favori des centres-villes aisés ; Le Pen, des campagnes, lemonde.fr, 25 avril 2017, citant l'INSEE et le ministère de l'Intérieur.

Les grandes villes ont davantage voté pour Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon que pour Marine Le Pen et François Fillon. Emmanuel Macron est en tête à Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Nantes[198]. Bien que quatrième au plan national, Jean-Luc Mélenchon se classe premier à Marseille, Toulouse, Lille, Montpellier et Grenoble[199].

Second tour

     Emmanuel Macron ;      Marine Le Pen.

Analyse sociologique du vote du premier tour

Article détaillé : Sondages par catégories sociologiques au premier tour.

Profil des abstentionnistes

Article détaillé : Abstention électorale en France.

Comme à chaque élection, l'abstention s'invite dans la campagne. Le taux d'abstention de ce premier tour s'élève à un peu plus de 22 %, selon le ministère de l'Intérieur. Près de huit électeurs sur dix se sont rendus aux urnes[200].

Les jeunes représentent la plus grande part des abstentionnistes. Près de 30 % des moins de 35 ans (29 % chez les 18-24 ans, 28 % des 25-34 ans) ne se sont pas déplacés pour ce 1er tour de la Présidentielle 2017, selon l'Ipsos. Ce sont les retraités qui comptent la plus forte participation, de 87 % contre 13 % d'abstention.

Les catégories socioprofessionnelles jouent un rôle sur l'abstention. Plus le statut social est élevé plus la participation aux élections est importante. Lorsque le niveau de revenu du foyer est inférieur à 1 250 par mois, le taux d'abstention est de 30 %. De 26 % dans la tranche 1 250 -2 000 , 20 % dans la tranche de 2000 à 3 000 et de 16 % au sein des foyers qui disposent d'un revenu mensuel supérieur à 3 000 . En effet, le taux d'abstention est dégressif lorsque le revenu du foyer augmente. Ainsi l'Ipsos recense 29 % d'abstentionnistes chez les employés et les ouvriers, pour 21 % chez les cadres et 22 % chez les professions intermédiaires.

De plus, 28 % de ceux qui déclarent « s'en sortir très difficilement avec les revenus du ménage » ne sont pas allés voter, contre 18 % chez ceux qui déclarent s'en sortir « facilement ».

Profil des votants

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Électorat d'Emmanuel Macron

Arrivé en tête avec 24,01 %, le candidat d'En marche ! a réuni plus de 20 % des suffrages dans toutes les tranches d'âge à partir de 25 ans. Du côté socioprofessionnel, il a séduit 1 cadre sur 3 ; un quart des « professionnels intermédiaires » et des retraités ; 1 salarié sur 4 (public comme privé) et un quart des électeurs « à leur compte ». Au second tour, 74 % des retraités votent pour lui dont 78 % pour les 70 ans et plus[201].

Il a récolté la majorité des suffrages chez les électeurs plus aisés : c'est-à-dire dont le revenu mensuel du foyer est compris entre 2 000 et 3 000 (25 %) ou supérieur à 3 000 (35 %). Mais aussi un tiers de ceux qui déclarent « s'en sortir facilement » avec les revenus du ménage et 35 % de ceux de la « France optimiste » (vivent bien et pensent que la prochaine génération vivra mieux encore). Au second tour, il enregistre également ses meilleurs résultats auprès de ceux qui déclarent « s’en sortir facilement avec les revenus du ménage » (79 %)[202].

47 % des électeurs de François Hollande – au 1er tour de la présidentielle 2012 – ont voté pour l'ex-ministre de l'Économie ainsi que les 17 % qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy. Plus globalement on compte : 45 % des sympathisants PS, 46 % du Modem, 36 % proches de l'UDI et 60 % qui se définissent comme centristes.

Électorat de Marine Le Pen

La candidate de l'extrême droite a perdu sa suprématie dans l'électorat le plus jeune (18-24 ans) avec 21 % contre 30 % pour Jean-Luc Mélenchon. Cependant elle arrive en tête chez les 35-49 ans avec 29 % et les 50-59 ans avec 27 %. Marine Le Pen a séduit 1/3 des employés (32 %), mais surtout la majorité des salariés privés avec 26 % et des ouvriers (39 %).

Électorat de François Fillon

François Fillon a été le candidat de l'électorat âgé avec 45 % des suffrages des plus de 70 ans et plus et 36 % chez les retraités, mais jamais plus de 25 % dans les autres catégories d'âge. Par rapport aux catégories socioprofessionnelles, les plus diplômés préfèrent François Fillon à 24 %. Il est cependant devancé par Emmanuel Macron qui comptabilise 30 %. Les plus riches ont voté en faveur de Emmanuel Macron et François Fillon.

Électorat de Jean-Luc Mélenchon

Battant la candidate du FN chez les 18-24 ans (30 %) mais aussi chez les chômeurs (31 %), le candidat de La France insoumise a dépassé les 20 % auprès des professionnels intermédiaires (22 %), des employés (22 %) et des ouvriers (24 %). Côté des diplômes, il a touché 21 % des personnes ayant arrêtés leurs études après le baccalauréat, 22 % des titulaires d'un bac+2 et 20 % qui ont poussé leurs études au-delà. Jean-Luc Mélenchon a remporté les voix d'un électeur sur quatre dans les deux tranches de revenus inférieures (revenus du foyer en dessous de 1 250 ou compris entre 1 250 et 2 000 ). Il a aussi séduit un électeur sur cinq chez ceux « qui s'en sortent difficilement avec les revenus du ménage ».

Politiquement, près du quart de l'électorat de François Hollande au premier tour de 2012 (24 %) et des proches du PS (23 %) ont voté pour le candidat de gauche radicale, ainsi que 38 % des sympathisants EELV chez qui il devance Benoît Hamon (22 %). Il s'est révélé être le candidat préféré des électeurs se positionnant « à gauche ».

Électorat des autres candidats

Ci-dessous, l'électorat pour les candidats ayant eu moins de 10 % des voix[203].

Par âge
Candidats Voix au 1er tour 18-24ans 24-35ans 35-49ans 50-59ans 60-69ans 70 et +
Benoît Hamon – PS 6,36 % 10 % 8 % 7 % 6 % 5 % 3 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 6 % 3 % 6 % 6 % 5 % 4 %
Autres 4,4 % 6 % 5 % 4 % 6 % 3 % 2 %
Par profession
Candidats Voix au 1er tour Cadres Professions intermédiaires Employés Ouvriers Retraités
Benoît Hamon – PS 6,36 % 8 % 9 % 6 % 5 % 4 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 4 % 6 % 7 % 5 % 5 %
Autres 4,4 % 2 % 5 % 6 % 8 % 3 %
Dernier diplôme obtenu
Candidats Voix au 1er tour Inférieur au Baccalauréat Baccalauréat Bac +2 Au moins Bac +3
Benoît Hamon – PS 6,36 % 4 % 6 % 6 % 10 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 6 % 5 % 5 % 4 %
Autres 4,4 % 5 % 5 % 4 % 3 %
Par niveau de revenu mensuel du foyer
Candidats Voix au 1er tour Moins de 1 250 De 1 250 à 2 000 De 2 000 à 3 000 Plus de 3 000
Benoît Hamon – PS 6,36 % 7 % 6 % 7 % 5 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 5 % 3 % 7 % 5 %
Autres 4,4 % 5 % 6 % 6 % 2 %
Votes au 1er tour des présidentielles de 2012
Candidats Voix au 1er tour J-L Mélenchon F. Hollande F. Bayrou N. Sarkozy M. Lepen
Benoît Hamon – PS 6,36 % 5 % 15 % 5 % 1 % 0 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 1 % 3 % 9 % 4 % 3 %
Autres 4,4 % 1 % 2 % 8 % 2 % 1 %
Sympathie partisane
Candidats Voix au 1er tour EXG (Extrême Gauche) FG (Front de Gauche) EELV PS En Marche ! Modem UDI LR FN Autres partis
Benoît Hamon – PS 6,36 % 2 % 5 % 22 % 27 % 1 % 3 % 2 % 0 % 1 % 3 %
Nicolas Dupont-Aignan – DLF 4,70 % 0 % 1 % 7 % 1 % 1 % 12 % 9 % 4 % 2 % 12 %
Autres 4,4 % 7 % 4 % 8 % 3 % 0 % 4 % 1 % 1 % 2 % 12/ %

Structure des votes

Le Monde estime que « rarement le souverainisme n'aura été aussi présent dans une campagne présidentielle »[204]. Certains analystes considèrent que cette élection traduit une progression notable du souverainisme et du populisme[205],[206],[207]. Olivier Costa relève que « les enjeux européens ont émergé comme la toile de fond de la campagne, dans le contexte de la montée du populisme et de l'euroscepticisme sur le continent européen » : alors que cinq candidats appellent implicitement ou explicitement au retrait de la France de l'Union européenne (François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Philippe Poutou), seuls François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron ont adopté une « position modérée » sur l'Union européenne[208].

Réactions immédiates

On relève plusieurs cas de violence policière à Paris et à Rennes la nuit du 24 avril[209],[210].

Dès l'annonce des résultats du premier tour, des groupes hétéroclites de casseurs, de militants antifascistes et de partisans de Jean-Luc Mélenchon se rassemblent dans l'Est parisien pour protester contre la présence de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron au second tour. Des dégradations de mobilier urbain, de magasins et de véhicules privés ont lieu en marge de ces manifestations, dans certains quartiers de Paris (Stalingrad, Belleville)[211].

Le lundi 24 avril, le CAC 40 gagne 4,1 % dès l'ouverture, poussé vers le haut par les valeurs bancaires prenant entre 7 et 9 % ; les marchés sont en effet rassurés par la victoire considérée comme probable d'Emmanuel Macron[212].

Dépenses par voix du premier tour

En aout 2017, les autorités officielles ont révélé les comptes de campagne.

Source Boursorama[179]

Réactions internationales

Réactions en Europe
  • Drapeau : France Dès le soir de l'élection, le président sortant François Hollande félicite chaleureusement Emmanuel Macron pour sa large victoire face à Marine Le Pen[213].
  • Union européenne Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker félicite Emmanuel Macron et déclare que « les Français ont fait le choix d'un « avenir européen » »[213] ainsi que le président du Conseil européen Donald Tusk a salué la décision des Français en faveur de « la Liberté, l'Égalité, la Fraternité »[214].
  • Drapeau : Allemagne Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel salue une victoire « pour une Europe forte et unie et pour l'amitié Franco-Allemande »[213].
  • Drapeau : Royaume-Uni La première ministre du Royaume-Uni Theresa May « félicite chaleureusement » Emmanuel Macron pour sa large victoire et ajoute que « le Royaume-Uni veut un partenariat fort avec l'UE, une UE sûre et prospère une fois que nous l'aurons quittée »[213].
  • Drapeau : Italie Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni a déclaré : « Vive Macron président, une espérance pour se tourner vers l'Europe »[215].
  • Drapeau : Espagne Le chef du gouvernement Mariano Rajoy : « Coopérons en France et en Espagne pour une Europe stable, prospère et plus intégrée »[213].
  • Drapeau : Belgique Le Premier ministre de la Belgique Charles Michel a déclaré que l'élection Macron est « un rejet clair d'un projet de repli dangereux pour l'Europe qui triomphe »[215].
  • Drapeau : Grèce Le Premier ministre de Grèce Alexis Tsipras pense que l'élection du nouveau président français est « une inspiration pour la France et l'Europe »[215].
Réactions en Afrique
  • Drapeau : Algérie Le président algérien Abdelaziz Bouteflika félicite Emmanuel Macron en affirmant que les français ont élu « un ami de l'Algérie »[216].
  • Drapeau : Côte d'Ivoire Le président ivoirien Alassane Ouattara « [félicite chaleureusement] Emmanuel Macron suite à sa brillante victoire à l'élection présidentielle française » et ajoute que « sa disponibilité a œuvré au raffermissement des liens d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et la France »[217].
  • Drapeau : Mali Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est dit soulagé de la victoire d'Emmanuel Macron. La France est très impliquée dans ce pays depuis 2012 avec les opérations militaires Serval et Barkhane, dans la lutte contre le terrorisme, il croit « que c'est une belle victoire, peut-être également le début d'une belle expérience, pour la France et tous ses pays amis »[217].
  • Drapeau : Sénégal Le président sénégalais Macky Sall a rapidement félicité Emmanuel Macron et adressé une lettre au nouveau président français, lui souhaitant un « plein succès dans ses nouvelles fonctions » et ajoute qu'il « [se réjouit] à l'idée de poursuivre et de renforcer avec [lui] les liens privilégiés entre [les] deux pays »[217].
  • Drapeau : Guinée Le président de la Guinée Alpha Condé s'est dit « convaincu que les relations de coopération (franco guinéennes) iront en se renfonçant sous le magistère du président Macron ». Il a ajouté : « En tant que président de l'Union Africaine, je ne peux en aucun cas partager les positions de Marine Le Pen et donc je suis très heureux qu'Emmanuel Macron soit président »[217].
  • Drapeau : Tchad Le président tchadien Idriss Déby pense que l'élection d'Emmanuel Macron « est un soulagement par rapport à Marine Le Pen »[217].
  • Drapeau : Maroc Le roi du Maroc Mohammed VI juge que l'élection d'Emmanuel Macron « couronne » son parcours politique[217] : « Félicitations les plus chaleureuses au nouveau président français et vœux sincères de réussite dans la haute mission que les Français lui ont confiée ». Il conclue par « Votre pays a fait le choix du progrès, de l'ouverture et de la confiance en l'avenir ».
Réactions en Amérique
  • Drapeau : États-Unis Dès le soir de l'élection, Donald Trump, président des États-Unis, félicite Emmanuel Macron pour sa « large victoire aujourd'hui comme prochain président de la France » et déclare : « je suis impatient de travailler avec lui ! »[213].
  • Drapeau : Canada Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a félicité le nouveau président de l'Hexagone par voie de communiqué. « Je suis impatient de travailler de près avec le président désigné Macron au cours des prochaines années pour « mettre en œuvre un agenda progressiste afin de promouvoir la sécurité internationale » et « créer de bons emplois pour la classe moyenne des deux côtés de l'Atlantique. Notamment, nous continuerons d'assurer la mise en œuvre de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne » (CETA)[214].
  • Drapeau : Québec Le Premier ministre du Québec Philippe Couillard a lui aussi souligné la victoire d'Emmanuel Macron. « Au plaisir de travailler ensemble pour faire progresser la relation directe et privilégiée »[214].
  • Drapeau : Brésil Le président brésilien Michel Temer déclare sur Twitter « Je félicite @EmmanuelMacron pour sa victoire lors de l'élection présidentielle française »[214].
Réactions en Asie 
  • Drapeau : République populaire de Chine Le président chinois Xi Jinping félicite Emmanuel Macron et déclare que son pays se tient prêt à « travailler avec la France » sur les partenariats économiques et stratégiques entre les deux pays, à un niveau supérieur[218].
  • Drapeau : Corée du Nord Le chef de l'État de la Corée du Nord, Kim Yong-nam, a félicité Emmanuel Macron et lui a souhaité « de réussir dans son travail responsable en vue du développement et de la prospérité de la France[219] ».
  • Drapeau : Japon Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé que le résultat de l'élection présidentielle française « est une victoire symbolique contre les tendances de repli sur soi et protectionnistes et montre un vote de confiance dans l'UE. »[220]
  • Drapeau : Israël Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé après le résultat de l'élection que « le terrorisme islamiste est l'une des grandes menaces pour le monde entier, qu'il attaque à Paris, Jérusalem ou dans d'autres villes du monde. La France et l'Israël sont des alliées de longues dates et je suis convaincu que nos relations vont se renforcer »[215].
  • Drapeau : Russie Le président de la Russie Vladimir Poutine a annoncé à Emmanuel Macron : « Les citoyens Français vous ont fait confiance pour diriger le pays dans une période difficile pour l'Europe et pour l'ensemble de la communauté internationale »[215].

Dans la culture

Œuvres d'anticipation

  • La Présidente est une bande dessinée sortie en 2015 qui imagine d'un point de vue critique ce que seraient les 100 premiers jours de pouvoir de Marine Le Pen après son éventuelle élection à la présidence de la République française. Œuvre de politique-fiction de l'historien François Durpaire, elle a été dessinée en noir et blanc par le dessinateur Farid Boudjellal[221],[222]. Deux autres tomes imaginent la suite : Totalitaire et La Vague, respectivement sortis en 2016 et 2017.
  • Une élection ordinaire, roman de Geoffroy Lejeune sorti en 2015, imagine la candidature d'Éric Zemmour[223].
  • Dans la neuvième et dernière saison de la série télévisée Fais pas ci, fais pas ça, diffusée en février 2017, les deux premiers épisodes se projettent dans un futur proche, dans lequel il est question de l'élection présidentielle de 2017. La candidature de François Bayrou est imaginée, le personnage d'Eliott Bouley devenant un de ses partisans. Le deuxième épisode se termine le jour du premier tour de l'élection présidentielle : les personnages principaux, issus des deux familles, sont réunis devant la télévision et se montrent surpris du résultat, qui n'est toutefois pas dévoilé. Les épisodes suivants n'apportent pas de réponse puisque l'histoire se déroule dans un futur plus lointain, en 2022, où Nicolas Hulot est élu président.
  • Le Séisme, Marine Le Pen présidente de Michel Wieviorka décrit les premiers mois du mandat de la présidente Marine Le Pen et présente les différentes mesures qu'elle essaie de prendre avec son Premier ministre Nicolas Dupont-Aignan telles qu'un Frexit, un rapprochement avec la Russie ou le rétablissement de la peine de mort, tout en tentant de contenter sa base ainsi que la coalition parlementaire qui soutient son gouvernement[224],[225].

Autres

Notes et références

Notes

  1. Le vainqueur de la primaire de l'écologie, Yannick Jadot, retirera cependant sa candidature suite à son ralliement au candidat du Parti socialiste Benoît Hamon, vainqueur de la primaire citoyenne.
  2. Le titre de l'émission s'inspire de 100 minutes pour convaincre, ancienne émission politique de France 2, diffusée de septembre 2002 à juin 2005. David Pujadas l'indique d'ailleurs en fin d'émission.

Références

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  33. Par convention, l'âge des candidats est calculé à la date de publication officielle par le Conseil constitutionnel le 21 mars 2017.
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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Liens externes

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