Église néo-apostolique

Église néo-apostolique
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Logo de l'Église néo-apostolique.

Repères historiques
Fondation
Lieu de fondation Flag of Hamburg.svg Hambourg, Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Siège Zurich, Drapeau de la Suisse Suisse
Fiche d'identité
Courant religieux Millénarisme, christianisme
Vocation Enseignement de l’Évangile de Jésus-Christ, baptiser d'eau et du Saint-Esprit
Dirigeant Jean-Luc Schneider
Membres 8 923 420 (janvier 2016)
Sur Internet
Site internet http://www.nak.org
Église néo-apostolique de Metz, France
Église néo-apostolique de Metz.

L’Église néo-apostolique est une Église chrétienne à caractère international. Sa doctrine repose sur les Saintes Écritures. Issue, en 1863, de l’Eglise catholique-apostolique, elle est dirigée par des apôtres, à l’instar des premières communautés chrétiennes[1]. En 2015, l'Église néo-apostolique est représentée dans presque 190 pays et compte 8,8 millions de membres, dont 7,4 millions en Afrique[2].

Histoire

En 1860, Heinrich Geyer (18181896) et Friedrich Wilhelm Schwartz (18151895) sont exclus de l'Église catholique apostolique pour avoir voulu nommer six nouveaux apôtres en remplacement de ceux qui étaient déjà morts. Ils fondent en 1865 la Mission chrétienne apostolique universelle qui se sépare en deux groupes après une dissension entre Geyer et Schwartz. Le groupe de Geyer disparaît peu après la mort de celui-ci.

Après la mort de Schwartz, le chef de gare Fritz Krebs (1832-1905) est considéré comme apôtre-patriarche par les autres apôtres et met en place la structure actuelle de l'Église. La structure se développe en Allemagne et aux Pays-Bas, puis s'implante en Suisse à partir de 1894. Le nombre de douze apôtres est à nouveau atteint en 1900.

Hermann Niehaus (1848-1932) devient le second apôtre-patriarche en 1905. En 1906 l'assemblée prend le nom de Communauté néo-apostolique, puis plus tard d'Église néo-apostolique.

Johann-Gottfried Bischoff (1871-1960) devient le troisième apôtre-patriarche en 1930. À noter qu'en allemand son nom, Bischoff, signifie « évêque », ce qui peut prêter à confusion : en effet, dans l'Église néo-apostolique les ministères d'apôtre et d'évêque sont distincts. Le , il affirme que Jésus va revenir de son vivant. Ces affirmations deviennent un aspect important de la doctrine de l'Église jusqu'à la mort de Bischoff le [3].

Ce décès provoque une crise au sein de l’Église, et de nombreux déçus la quitteront. Cependant, l’Église néo-apostolique continue à prospérer. Le , Walter Schmidt (1891-1981) est nommé apôtre-patriarche. Il sera suivi le par Ernst Streckeisen (1905-1978), puis par Hans Urwyler (1925-1994) le .

Le , le suisse Richard Fehr devient le septième apôtre-patriarche. Il prend sa retraite le lors du service divin solennel de Pentecôte au cours duquel il institue Wilhelm Leber, apôtre du district d'Allemagne du Nord, dans le ministère d'apôtre patriarche. Wilhelm Leber devient donc le huitième apôtre-patriarche.

En France, elle a été considérée en 1995 comme une secte par le rapport 2468 de l'Assemblée nationale[4],[5], rapport toutefois considéré depuis 2007 comme caduque[6].

Le , lors du service divin de la Pentecôte, l'Apôtre-patriarche Wilhelm Leber a mandaté l'Apôtre de district de France, Jean-Luc Schneider, comme apôtre patriarche adjoint.

Lors du service divin de Pentecôte du , l'Apôtre-patriarche Wilhelm Leber a institué l'Apôtre-patriarche adjoint Jean-Luc Schneider dans le ministère d'Apôtre-patriarche et a été admis à la retraite[7].

Doctrine

L'Église néo-apostolique est un mouvement millénariste qui professe l'imminence du retour de Jésus-Christ.

Confession de foi

La confession de foi de l'Église néo-apostolique[8] comporte dix articles dont les trois premiers reprennent globalement le Symbole des Apôtres. Les autres articles sont propres à l'Église néo-apostolique et complètent et interprètent les deux symboles de l'Église ancienne dans le domaine des ministères sacerdotaux, des sacrements, de l'eschatologie et des relations du croyant avec les autorités temporelles.

Sacrements

L'Église néo-apostolique connaît trois sacrements : le Saint-Scellé, le Saint baptême d'eau et la Sainte-Cène[9].

  • Le Saint-Scellé ou dispensation de l'Esprit Saint est réalisé par l'imposition des mains et la prière d'un apôtre de l'Église[10].
  • Le Saint baptême d'eau est dispensé par aspersion d'eau consacrée en dessinant trois croix sur le front du baptisé et par l'imposition des mains du prêtre, au nom de la Trinité divine.
  • La Sainte-Cène est la distribution d'une hostie par le prêtre au moment de l'Eucharistie.

Au sein de l'Église néo-apostolique, le Baptême et le Saint-Scellé sont donc deux sacrements distincts, bien que complémentaires.

Catéchisme

Depuis décembre 2012 l'Église néo-apostolique est dotée d'un catéchisme[11] qui reprend et approfondit les notions développées dans des écrits plus anciens comme l'ouvrage Questions et réponses concernant la foi néo-apostolique. Ce catéchisme a pour but d'être une référence pour la vie de foi néo-apostolique[12].

Structure et organisation

Organisation cultuelle

L'Église néo-apostolique est hiérarchisée ainsi[13] :

  • apôtre-patriarche ;
  • apôtre de district ;
  • apôtre ;
  • évêque ;
  • ancien de district ;
  • évangéliste de district ;
  • berger ;
  • évangéliste ;
  • prêtre ;
  • diacre ;
  • sous-diacre.

À son sommet on trouve l'apôtre-patriarche qui siège depuis 1975 à Zurich en Suisse. Le nombre d'apôtres a suivi l'expansion de l'Église, de douze à l'origine, ils sont maintenant plus de trois cents[14].

Apostolat

Le ministère d'apôtre joue un rôle fondamental dans l'Église qui en tire d'ailleurs son nom. Les apôtres sont les envoyés de Jésus-Christ, de la même manière que les apôtres de l'Église chrétienne primitive. Ils sont seuls habilités à dispenser le sacrement du Saint-scellé et à ordonner les ministres de l'Église.

Les apôtres de district ont la responsabilité d'un champ d'activité (souvent plusieurs pays) dans lequel ils veillent aux soins pastoraux, au suivi des communautés et à la formation spirituelle des ministres.

L'Apôtre-patriarche a pour tâche de remplir le ministère pétrinien, c'est-à-dire de présider le cercle des apôtres, de veiller à leur unité ainsi qu'à la doctrine. Il est l'autorité spirituelle suprême de l'Église.

Ministères sacerdotaux

Du prêtre jusqu'à l'évêque, les ministres sacerdotaux ont reçu mandat d'un apôtre de dispenser les sacrements du Saint baptême d'eau et de la Sainte cène et d'annoncer le pardon des péchés. Ils célèbrent les services divins et les cérémonies religieuses et s'occupent du suivi pastoral des membres de l'Église.

Diaconat

Les diacres sont des serviteurs qui œuvrent au sein des communautés et aident les prêtres dans le travail pastoral.

L’Église néo-apostolique s’est dotée d’une charte spécifiant sa conception de l’exercice des fonctions de service et de direction en son sein[15].

Structure juridique

L'Église néo-apostolique internationale (ENAI) a son siège à Zurich en Suisse. Elle est représentée dans certains pays où elle est active par des organisations cultuelles ou associations relevant du droit local. Juridiquement l’Église néo-apostolique de France a le statut d’association à vocation exclusivement cultuelle[16]. En Autriche, l’Église néo-apostolique est officiellement reconnue par l’État Autrichien[17]. Dans plusieurs pays comme l'Argentine, la Zambie et l'Afrique du Sud, l'Église néo-apostolique semble accueillie favorablement par les pouvoirs publics.

Organisations humanitaires

L'Église néo-apostolique a fondé dans un certain nombre de pays des organisations humanitaires qui œuvrent dans le domaine de la santé, de l'éducation et du développement[18]. La plus importante est NAK-Karitativ[19] qui a son siège à Dortmund en Allemagne[20].

Structures annexes

Propriétaire de la Maison d’édition Friedrich Bischoff Sarl[21] (Francfort), elle publie plusieurs revues, dont le mensuel Notre famille. L'imprimerie Friedrich Bischoff Druckerei GmbH a quant à elle été cédée à un entrepreneur privé[22].

Relations avec les autres églises chrétiennes

Œcuménisme

L'Église néo-apostolique cherche à entretenir des relations fraternelles avec les autres Églises chrétiennes. Elle a entre autres le statut d'Église invitée dans un certain nombre de cercles œcuméniques en Allemagne et en Suisse[23].

L'Église néo-apostolique reconnait les baptêmes des autres confessions chrétiennes dès l'instant où ceux-ci ont été célébrés au nom de la Trinité divine et au moyen d'eau[24].

Dissidences

L’Église néo-apostolique connaît quelques dissidences :

Les trois derniers ont fondé l'Union des communautés apostoliques en Europe en 1956 à Düsseldorf en Allemagne.

Notes et références

  1. Peter Johanning, « Qui sommes-nous: Eglise néo-apostolique internationale », sur www.nak.org (consulté le 1er octobre 2016)
  2. (de) Neun Millionen Mitglieder in knapp 190 Ländern, sur nac.today
  3. http://www.nak.org/fr/actualites/communiques-officiels/article/18069/
  4. « N° 2468 », sur assemblee-nationale.fr
  5. « Les 172 sectes qui ont envahi la France », sur lexpress.fr
  6. « La fin des listes noires », Le Point,‎ (lire en ligne)
  7. http://www.nak.org/en/news/naci-news/article/18093/
  8. http://www.e-n-a.org/l-eglise/doctrine/
  9. http://www.nak.org/fr/catechisme/8-les-sacrements/
  10. http://fr.wikisource.org/wiki/Actes_des_Apôtres#Actes_des_Ap.C3.B4tres_8
  11. http://www.nak.org/fr/catechisme/
  12. http://www.nak.org/fr/catechisme/preface/
  13. http://www.e-n-a.org/orga/spirituelle0/
  14. http://www.nak.org/fileadmin/download/pdf/structur-organisation-en.pdf
  15. http://www.e-n-a.org/orga/chartededirection/
  16. http://www.e-n-a.org/orga/juridique/
  17. http://www.bmukk.gv.at/ministerium/kultusamt/ges_anerk_krg.xml
  18. http://www.nak.org/fr/actualites/projets-humanitaires/
  19. http://www.nak-caritativ.de
  20. http://www.nak-karitativ.de/organisation.html
  21. http://www.bischoff-verlag.de
  22. http://www.bischoff-verlag.de/public_vfb/pages/de/family/news/100303druckereiverkauf.html
  23. http://www.nak.org/de/news/news-display/article/15197/
  24. http://religion.info/french/articles/article_223.shtml#.UTE04aUbGrM

Liens externes

Sources universitaires

Sources du mouvement

  • Église néo-apostolique de France
  • Église néo-apostolique internationale
  • Église néo-apostolique Suisse
  • ENArc-en-ciel Chrétiens néo-apostoliques homosexuels, bisexuels et transsexuels
  • Reportage de la SRF (resp. RTS: Radio Télévision Suisse), publié le 7 juillet 2013