Éditions Danger public

Danger public est une maison d'édition française créée en 2002 par Philippe Moreau (journaliste né en 1973).

À l'origine, elle avait pour objectif de publier des textes sur deux supports : le papier et l'Internet. Le nom « Danger public » est d'ailleurs une référence à une phrase de Françoise Giroud publiée dans les colonnes du Nouvel Observateur : « L'Internet est un danger public puisque ouvert à n'importe qui pour dire n'importe quoi. »

Les débuts

Si la petite maison s'émancipe rapidement du concept papier/Web, elle ne renonce pas à ses objectifs initiaux : publier des essais et des documents qui ont pour point commun l'engagement citoyen. Un Monde meilleur est possible ou Franc-Tireur — un portrait du militant contre la guerre d'Algérie Georges Matteï — comptent parmi ses premières productions.

Danger public s'essaie aussi à la littérature : Recherche au sang, le premier roman d'Elsa Marpeau remporte en 2003 le Prix Carrefour Savoirs du Premier Roman.

La maison se tourne enfin vers l'enquête économique, en publiant Multinationales 2005 (des journalistes David Garcia et Walter Bouvais), un travail sur les cinquante plus grosses multinationales du monde.

L'entrée au groupe La Martinière-Seuil

À l'automne 2005, Danger public rejoint le groupe La Martinière-Seuil et déménage au 96, boulevard du Montparnasse à Paris.

L'affaire du Pays où Bouygues est roi

Danger public conserve sa prédilection pour les enquêtes économiques en publiant notamment Le Pays où Bouygues est roi en 2006. Ce travail du journaliste David Garcia accuse la multinationale française Bouygues de collusion avec une dictature d'Asie centrale, le Turkménistan, dirigée par un « autocrate fou », Saparmyrat Nyýazow, décédé en 2006.

Pour le journaliste David Garcia[1], une partie de la rédaction de TF1, filiale de Bouygues, a organisé une interview de complaisance du dictateur pour s'attirer ses bonnes grâces. Un reportage à ce sujet devait être diffusé dans Le Vrai Journal, l'émission de Karl Zéro, mais pour l'animateur, « à l'heure de la fusion TPS-Canal Sat [bouquets satellites de TF1 et de Canal+] Canal+ a censuré la diffusion de ce sujet »[2] .

David Garcia, s'il croit lui aussi à la censure, nuance tout de même ces propos « Karl Zero dit qu'il y a effectivement eu censure mais vu ses rapports avec Canal+ que faut-il en penser ? »[3].

Victor Robert, rédacteur en chef du Vrai Journal à l'époque, dément la censure dans une interview par Jean-Marc Morandini sur Europe 1 (et avec David Garcia) : « Il n'y a pas eu pression de Canal, puisqu'on n'a jamais proposé ce sujet à Canal+ au comité éditorial du lundi matin. Donc censure à Canal+, il n'y a pas eu. Arnaud Muller a fait sont boulot, nous on a fait une demande de visa au Turkménistan, qu'on n'a pas eue parce que je crois David Garcia ne l'a pas eue non plus puisqu'il n'est pas allé au Turkménistan. » [4]. Insinuant que sans Visa, il ne pourrait pas faire d'émission sur le sujet.

Les autres collections

À côté de ce travail d'enquêteur, la maison d'édition Danger public lance Les Mots à l'endroit, la première collection de contes pour enfants dyslexiques. Elle s'ouvre sur L'Enfant et l'Oiseau de Katia Wolek et Anne Sorin (respectivement institutrice et graphiste), publié en janvier 2006.

Elle lance aussi une collection de livres d'humour, Les NRV, qui publie notamment Da Vinci Digicode, de Jul, dessinateur pour Charlie Hebdo.

Notes et références

  1. images à l'appui
  2. Actualités en temps réel - Forums Nouvel Obs
  3. Interview de David Garcia sur Fluctuat
  4. Europe 1 : Jean-Marc Morandini

Lien externe