Édith Moskovic

Édith Moskovic
Photographie d'Edit MOSKOVIC (2007).jpg
Capture écran d'un enregistrement réalisé en 2007 par les Archives départementales de l'Hérault
Biographie
Naissance
(88 ans)
Sevlusi (Hongrie)
Autres informations
Organisation
Yad Vashem
Distinction

Édith Moskovic, née le 12 août 1931 à Sevlusi (Hongrie), enfant juive cachée pendant la Seconde Guerre mondiale[1], est déléguée en Languedoc-Roussillon du Comité français pour Yad Vashem, et chevalier de la Légion d'honneur[2].

Biographie

Édith Moskovic est née le 12 août 1931 à Sevlusi (Hongrie). Elle est issue d’une famille hongroise juive ashkénaze, fille d’un père tailleur et d’une mère au foyer.

À cause des lois antisémites du régent Horthy, sa famille s'exile avant-guerre à Bruxelles en 1935, puis à His en Haute-Garonne, le 10 mai 1940, accueillie par une population bienveillante. Arrêtée fin 1941 par la gendarmerie française, avec ses sept frères et sœurs, Édith est internée au camp du Récebédou en Haute-Garonne[3], dans les conditions des déportés de l'Europe asservie. Aidée par des gardiens soudoyés, la famille s'évade et réussit à franchir la ligne de démarcation à Abbeville, en Picardie. De retour à Bruxelles, elle retrouve la maison familiale dévastée.

En septembre 1942, de nouvelles lois anti-juives d'exclusion totale pousse le père de famille à cacher ses huit enfants auprès de familles inconnues, le plus souvent dans la clandestinité. Âgée alors de neuf ans, Édith est confiée dans un premier temps à des voisins, dans le grenier desquels elle reste enfermée à clé, dans l'obscurité, sans pouvoir évaluer le nombre de jours passés. Elle est ensuite envoyée sous une nouvelle identité (Éliane Martin) dans une institution catholique pour handicapés mentaux à Ottignies dirigée par Renée Jacqmotte.

À la Libération, elle retrouve toute sa famille saine et sauve. Devenue secrétaire médicale, mariée et mère de famille, elle se tait sur son enfance pendant 50 ans.

Établie à Montpellier, elle est déléguée en Languedoc-Roussillon du Comité français pour Yad Vashem, et à ce titre participe aux remises de médailles et de diplômes de Juste parmi les nations. Après un apprentissage à l’École internationale de la Shoah à Jérusalem[4], elle parle pour la première fois de son vécu d'enfant juive cachée[5], en mars 1998 à l'université du temps libre de Montpellier. Elle témoigne depuis sans relâche devant les élèves[6], et participe notamment chaque année à l'organisation du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Prix, hommages et distinctions

Notes et références

  1. Jean-Pierre Roland, « «Laurette 1942», un film d'espoir en mémoire du camp du Récébédou », sur ladepeche.fr, (consulté le 4 décembre 2018)
  2. « HONNEUR À MADAME EDITH MOSKOVIC », sur www.zakhor.fr, (consulté le 5 décembre 2018)
  3. Réalisation : Philippe Perron, « Un DVD-Rom pédagogique consacré aux camps d'internement du Midi de la France », sur Fondation pour la Mémoire de la Shoah, (consulté le 4 décembre 2018)
  4. École internationale de la Shoah.
  5. Danielle Bailly, Enfants cachés : analyses et débats actes de la journée d'étude du 18 novembre 2005 organisée à l'Université Paris VII-Denis Diderot, UFR d'études anglophones, l'Harmattan, coll. « Judaïsmes », (ISBN 9782296011809, lire en ligne)
  6. « Édith Moskovic : « J’ai connu le pire et le meilleur » », sur midilibre.fr, (consulté le 4 décembre 2018)
  7. Décret du 13 juillet 2009 portant promotion et nomination (lire en ligne)

Liens externes