Économie du travail

Économie du travail
Sous classe de
Objet

L'économie du travail est une branche de l'économie appliquée à l'analyse du marché du travail.

Cadre théorique

Approche macroéconomique

Analyse néoclassique

Sur le marché du travail, la confrontation de l’offre et de la demande conduit à déterminer deux grandeurs : le salaire et le niveau d’emploi. La théorie néo-classique utilise ce mécanisme de marché pour démontrer que le chômage ne peut être durable. Il suffit en effet de diminuer les salaires pour que la demande de travail des entreprises s’accroisse et fasse disparaître le chômage. Le salaire, qui est la variable stratégique, permet la réalisation de l’équilibre. Cependant de multiples rigidités (intervention des syndicats par exemple), influencent les salaires (réels) qui s’éloignent du niveau d’équilibre, créant ce faisant un sous-emploi qui peut être important et durable[réf. souhaitée].

Analyse keynésienne

Les économistes keynésiens ont contesté le mécanisme du marché car une baisse des salaires réduit le pouvoir d'achat des travailleurs et donc la demande des biens et services qui s’adresse aux entreprises, ces dernières ne seraient plus incitées à embaucher pour accroître leur production en bien et services. Les keynésiens affirment qu’il n’existe pas un véritable marché du travail car les quantités de travail demandées par les entreprises ne sont pas liées à court terme au prix du travail (à savoir le salaire), mais au niveau de la demande effective c'est-à-dire au niveau des ventes attendues par les entreprises[réf. souhaitée].

Approches microéconomiques

Analyse néoclassique en concurrence parfaite

Dans l'analyse néo-classique du marché du travail, l'offre de travail est constituée par les ménages qui font un arbitrage entre le travail et le loisir. La courbe d'offre de travail associe à chaque taux de salaire la quantité d'heures maximum qu'un travailleur est prêt à offrir aux employeurs pour une période de temps donnée.

La demande de travail est le résultat d'un calcul de maximisation de la fonction de profit du producteur.

L'équilibre sur le marché du travail est alors défini comme le point où la courbe d'offre agrégée rencontre la courbe de demande agrégée.

Thèmes

Rendements de l'éducation sur le marché du travail

Article détaillé : Équation de Mincer.

Depuis les travaux de Gary Becker sur le capital humain et de Spence sur la théorie du signal, de nombreux travaux empiriques cherchent, à la suite du travail pionnier de Jacob Mincer à estimer les rendements privés de l'éducation et de l'expérience sur le marché du travail.

Discriminations sur le marché du travail

Gary Becker a appliqué la microéconomie pour comprendre les phénomènes de discrimination sur le marché du travail (Becker 1971).

Empiriquement, la méthode de la décomposition de Blinder-Oaxaca permet de mesurer la part de la différence de salaires entre deux groupes qui n'est pas explicable par des facteurs observables comme le niveau d'éducation ou le nombre d'années d'expérience.

Effet du salaire minimum

L'analyse néo-classique du marché du travail en concurrence parfaite laisse penser qu'une hausse du salaire minimum a pour conséquence d'exclure du marché du travail les personnes dont la productivité est inférieure au salaire minimum.

En 1994, les économistes David Card et Alan Krueger ont publié une étude empirique qui remet en question cette évidence. Leur étude compare l'évolution de l'emploi dans le secteur des fast food dans l'état du New Jersey et en Pensylvannie avant et après la hausse du salaire minimum dans le premier état en utilisant la méthode des doubles différences. Les auteurs montrent que la hausse du salaire minimum n'a pas eu d'effet négatif sur l'emploi[2].

Effet de l'immigration

Plusieurs travaux cherchent à mesurer l'effet de l'immigration sur le marché du travail. En 1990, David Card utilise l'expérience historique de l'exode de Mariel comme une expérience naturelle pour mesurer l'effet d'une arrivée massif de travailleurs sur le marché du travail à Miami. Son étude montre qu'il n'y a pas d'augmentation du taux de chômage lié à l'arrivée des travailleurs cubains[3].

Revues spécialisées

Bibliographie

  • (en) Gary S. Becker, Human Capital : A Theoretical and Empirical Analysis, with Special Reference to Education, Chicago, University of Chicago Press, , 3e éd. (1re éd. 1964) (ISBN 978-0-226-04120-9)
  • (en) Gary S. Becker, The Economics of Discrimination, Chicago, University of Chicago Press, , 2e éd. (1re éd. 1957) (ISBN 0-226-04115-8)
  • (en) Joshua D. Angrist et Alan B. Krueger, « Chapter 23 – Empirical Strategies in Labor Economics », dans Handbook of Labor Economics, (DOI https://doi.org/10.1016/S1573-4463(99)03004-7)
  • Patrick Cotelette, Économie du travail et des politiques de l'emploi, Paris, Ellipses, coll. « Hors Collection », , 288 p. (ISBN 978-2-340-02725-1)
  • Guy Caire, Économie du travail, Paris, Bréal, coll. « Amphi », , 224 p. (ISBN 978-2-8429-1804-0)
  • Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le Marché du travail, Bruxelles, De Boeck, coll. « Ouvertures économiques », , 714 p. (ISBN 978-2-8041-3710-6)
  • Gérard Duthil, Économie du travail et des ressources humaines, Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques économiques », , 366 p. (ISBN 2-7475-6547-5)
  • Michel Stambouli, L'Économie du travail : Des théories aux politiques, Paris, Armand Colin, coll. « Circa », , 192 p. (ISBN 2-200-34374-4)
  • (en) Orley Ashenfelter (dir.) et al., Handbook of Labor Economics, North-Holland, 1986-2011, 7 vol.
  • (en) Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et André Zylberberg, Labor Economics, Cambridge, MIT Press, , 2e éd., 1080 p. (ISBN 978-0-262-02770-0)
  • Pierre Cahuc et André Zylberberg, Économie du travail : La formation des salaires et les déterminants du chômage, Bruxelles, De Boeck, coll. « Ouvertures économiques », , 608 p. (ISBN 2-8041-2425-8)
  • Bernard Gazier, Économie du travail et de l'emploi, Paris, Dalloz, coll. « Précis », , 2e éd. (ISBN 2-247-01418-6)
  • Dominique Redor, Économie du travail et de l'emploi, Paris, Montchrestien, coll. « ECO », (ISBN 2-7076-1022-4)
  • (en) Donald Bellante et Mark Jackson, Labor Economics : Choice in Labor Markets, McGraw-Hill Education, , 2e éd., 351 p. (ISBN 007004399X)
  • (en) Belton M. Fleisher et Thomas J. Kniesner, Labor Economics : Theory, Evidence, and Policy, Prentice Hall, , 3e éd., 536 p. (ISBN 0135174171)
  • (en) Richard B. Freeman, Labor Economics, Prentice Hall, , 2e éd., 200 p. (ISBN 0135174821)
  • (en) Richard B. Freeman, « Labour Economics », dans John Eatwell, Murray Milgate, Peter Newman, The New Palgrave: A Dictionary of Economics, vol. 3, Palgrave Macmillan, , 72–76 p. (DOI 10.1057/9780230226203.2907)
  • Dominique Gambier et Michel Vernières, Le Marché du travail, Economica, , 2e éd., 217 p. (ISBN 2-7178-0887-6)
  • François Sellier et André Tiano, Économie du travail, Paris, PUF, coll. « Thémis », , 2e éd., 672 p.
  • André Tiano, Économie du travail, Paris, PUF, coll. « Thémis », , 669 p. (ISBN 2-13-041997-6)

Notes et références

  1. (en) David Card et Alan B. Krueger, « Minimum Wages and Employment : A Case Study of the Fast-Food Industry in New Jersey and Pennsylvania », American Economic Review, vol. 84,‎ , p. 772-793
  2. (en) David Card, « The Impact of the Mariel Boatlift on the Miami Labor Market », Industrial and Labor Relations Review, vol. 43,‎ , p. 245-257

Voir aussi

Articles connexes