Économie du Népal

Népal
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie du Népal
Char à bœufs à Sauraha au Népal.

Monnaie Roupie népalaise
Année fiscale 16 juillet - 15 juillet
Organisations internationales OMC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 35,81 milliards de $ (2010)
Croissance du PIB 4,6 % (2010)
PIB par habitant en PPA 1 200 $ (2010)
PIB par secteur agriculture : 32,8 % (2010)
industrie : 14,4 % (2010)
services : 52,8 % (2010)[1]
Inflation (IPC) 8,6 % (2010)
Pop. sous le seuil de pauvreté 24,7 % (2008)
Population active 1,124 millions (2008)
Taux de chômage 0,6 % (2008)
Commerce extérieur
Exportations 849 millions $ (2009)
Importations 5.26 milliard $ (2009)
Finances publiques
Dette publique 6 % du PIB
Recettes publiques 3 milliard $ (2010)
Dépenses publiques 4,6 milliard $ (2010)
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/np.html

L'économie du Népal est l'une des plus pauvres du monde. Cependant, le taux de la population vivant sous le seuil de la pauvreté a diminué de moitié en passant de 50% en 2004 à 25% en 2011[2]. Cependant, Duncan Campbell de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), souligne que si la pauvreté diminue, elle diminue au regard des standards népalais et non des standards internationaux. Il considère que ce qui est vu comme une diminution de la pauvreté par les autorités népalaises est en réalité une diminution de l’extrême pauvreté se traduisant par une augmentation de la précarité de l’emploi[3]. Près de 70% des ménages népalais sont dans une situation de vulnérabilité où ils risquent de sombrer dans la pauvreté en vivant avec moins de 2,24€ par jour)[4].

Selon les experts internationaux, son PNB classe ce pays parmi les dix plus pauvres du monde. Actuellement, il survit grâce à l'aide internationale et aux organisations mondiales. Aujourd'hui, l'espérance de vie pour les népalais est de 68 ans en moyenne (UNICEF 2012).

L'agriculture est le secteur principal de l'économie du Népal, fournissant un emploi à plus de 80 % de la population et comptant pour 40 % du PNB. L'activité industrielle consiste principalement dans le traitement des produits agricoles comme le jute, la canne à sucre, le tabac et les céréales.

Il y a un peu plus d'un demi siècle seulement, le Népal était encore un royaume fermé aux étrangers. Ce n'est qu'en 1951, lorsqu'il décida de s'ouvrir au monde extérieur, qu'il reçut ses premiers visiteurs.

Secteur primaire

Agriculture

Thé

Récolte du thé par méthode orthodoxe, Kanyam Tea State, Ilam.

L'idée de cultiver du thé au Népal vient au colonel Gajraj Singh Thapa en 1870, alors qu'il visite Darjeeling[5]. Si son beau-père, alors premier ministre, lui cède des terrains, les premières plantations ne voient le jour qu'en 1920 : il s'agit d'Ilam et Soktim et elles font une centaine d'hectares[5]. La première manufacture date de 1960[5]. En 1980, les cinq districts orientaux sont nommés "zones de culture du thé" par le gouvernement[5]. Le secteur du thé est privatisé en 1997[5]. En 2015, il comprend 85 plantations et 7 500 fermiers y travaillent[5].

Guranse Tips G75, récolte d'été 2016.

Autour de 80% de la production est en CTC, essentiellement autour dans le Teraï, en plaines, le reste en méthode orthodoxe[5]. Cette production, manufacturée à Ilam, Dhankuta mais aussi en contre-bande à Darjeeling[5]. En 2012, 18 149 hectares sont cultivés pour 18 726 tonnes de thé produit, récolté quatre fois par an : printemps, juin, après la mousson, et automne[5].

Au début du XXIème siècle, les thés du Népal ont mauvaises réputation en raison de l'usage important de pesticides[6]. Pour lutter contre cela, l'Himalayan Orthodox Tea Producers Association décide en 2007 d'un programme de conversion totale à l'agriculture biologique d'ici 2012[7]. Seulement une partie de la production passe effectivement au bio, en particulier à cause d'un faible accès au crédit bancaire permettant les investissements nécessaires à la transition vers ce mode de production[8].

Pollution et environnement

Il y a cinquante ans, persone ne parlait au Népal de sauvegarde du patrimoine naturel, de protection de la faune et de la flore, ni de pollution. Du fait de l'augmentation des trekkings et des expéditions, certains camps de base s'étaient transformés au fil des années en véritable décharge publique : boîtes de conserve, tentes déchirées, bouteilles d'oxygène et autres détritus jonchaient le sol. La prise de conscience en occident et la réglementation népalaise ont bien amélioré les choses. Les trekkings et expéditions ont maintenant l'obligation de ramener leurs déchets à Katmandou pour pouvoir récupérer la taxe versée à cet effet.

Déforestation dans le district d'Ilam.

L'utilisation systématique du bois de construction et de chauffe par les népalais, associée à l'augmentation de la démographie, ont produit une déforestation massive. De la même façon, le développement des trekkings et des expéditions qui s'approvisionnaient en bois de chauffe pour les besoins des marcheurs, en particulier à des altitudes où la pousse des arbres est extrêmement lente, a largement participé à ce phénomène. C'est ainsi qu'ont déjà disparu des forêts entières de résineux et de conifères, de même que de nombreux arbustes et genévriers. Entre 1960 et 1980, les forêts du Teraï ont perdu un tiers de leur étendue. Érosion et inondations sont les conséquences désastreuses de ce déboisement. Aujourd'hui, des efforts sont entrepris pour tenter de préserver le manteau végétal et la faune du pays (reboisement, création de parcs nationaux, réglementation, etc.), mais ils restent insuffisants. Associés à l'inderdiction de couper du bois pour les trekkings et expéditions, ils ont permis de freiner, sinon d'enrayer, le processus de déforestation.

Secteur secondaire

Artisanat

Tisseuse à Triyuga.

Le Népal exporte une partie de son artisanat, particulièrement des vêtements en laine colorée.

Industrie

Le district de Bhaktapur compte à lui seul plus de 50 briquetteries.

Energie

Le pays compte de nombreuses centrales hydroélectriques.

Secteur tertiaire

Le tourisme

Touriste prenant une photo au temple Siddhi Laxmi.

Au cœur de la chaîne himalayenne, le Népal compte un bon nombre de merveilles naturelles, d'œuvres d'art et de richesses artistiques, culturelles et religieuses. C'est aussi une terre de fêtes, d'accueil et de traditions.

Apparu en 1951, le tourisme fut considéré comme un moyen d'accroître les revenus du pays. En 1961, l'Industrial Enterprises Act encouragea les investissements en exemptant d'impôts les industries touristiques; en 1962, un département ministériel du tourisme fut créé ; dans la vallée, des hôtels poussèrent comme des champignons ; six ans plus tard, les freaks de San Francisco débarquèrent à Katmandou pour y jouir des « plaisirs » de la drogue; par la suite, des groupes de toutes nationalités affluèrent. De 1965 à 1975, le nombre de visiteurs fut multiplié par dix. Ils étaient 5 000 à découvrir ce « pays béni des dieux » en 1962, ils sont aujourd'hui plus de 270 000.

Touristes faisant du trekking dans la région de l'Annapurna.

Le tourisme - première source de devises fortes du pays - représentent plus de 25 % des réserves du trésor. Mais la majorité de ces devises quittent le pays au profit d'investisseurs étrangers qui accaparent les secteurs à hauts profits. Certains se lancent dans l'hôtellerie ou dans les agences qui, pour attirer un large public, proposent des circuits insolites (découvrir le Teraï à dos d'éléphant ou la vallée de Katmandou à bicyclette, descendre des rapides en canoë). Des randonnées en montagnes organisées par des tours-opérateurs américains utilisent des guides étrangers fort bien payés, alors que les Sherpas ne reçoivent qu'un salaire minimal de subsistance. Toutes les marchandises sont importées pour le bien-être des marcheurs. Seuls 20 % des bénéfices reviennent au Népal.

Les problèmes de sécurité que connaît le pays à la suite de l'activité des groupes maoïstes et les répercussions des attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont entraîné une diminution du tourisme, une source importante de devises étrangères.

Le Népal a d'importants projets d'exploitation de son potentiel en énergie hydroélectrique et tourisme, des secteurs qui ont récemment intéressé les investisseurs étrangers. Les perspectives pour le commerce extérieur ou l'investissement dans d'autres secteurs demeurent faibles, cependant, en raison de la petite taille de l'économie, son retard technologique, son éloignement et sa géographie sans littoral, ses problèmes politiques internes et les risques de catastrophes naturelles qu'il connaît.

Le rôle de la communauté internationale qui participe à hauteur de plus de 60 % du budget du développement du Népal et plus de 28 % de dépenses budgétaires totales continuera probablement à être dans l'avenir un facteur important de la croissance du pays.

La nécessité de sauver de la dégradation les monuments du pays

Si les centres touristiques de Katmandou, Patan et Bhadgaon ont été restaurés, dans de nombreux villages des toits s'effondrent, des poutres de bois sculpté cèdent, des temples se couvrent d'herbe. Selon un récent inventaire, 900 bâtiments seraient encore à restaurer, parfois de fond en comble. Il est vrai que les fondations de la plupart de ces édifices sont anciennes (XIVe siècle) et que les moussons et tremblements de terre sont destructeurs. Un plan d'ensemble avec les étapes d'une restauration systématique a été mis sur pied par des experts étrangers en coopération avec les autorités népalaises.

Affluence d'étrangers

L'affluence d'étrangers a aussi perturbé la vie des Népalais. En 1965, le pays enregistrait 5 000 visiteurs par an. Selon les estimations, chaque touriste s'assurait les services d'au moins deux népalais, qui ne vivaient pas nécessairement dans la zone himalayenne. Cela provoqua une "immigration" annuelle de près de 15 000 porteurs dans cette région, alors que la population autochtone ne dépassait pas 3 000 individus. L'économie des villages en fut bouleversée, les paysans préférant vendre la nourriture à prix fort à un étranger qu'à prix coûtant à leurs concitoyens. Et la situation ne s'est guère améliorée depuis.

Diaspora

Article connexe : Népalais non résidents.

L'économie du Népal dépend fortement de l'argent envoyé par ses travailleurs migrants. En 2012, la Banque mondiale a calculé que les envois de fonds représentaient 22% de l'ensemble de la production économique du Népal et ce chiffre est en augmentation[9]. Les chiffres officiels montrent que 294 094 Népalais ont émigré pour trouver du travail en 2010, contre 55 025 en 2000. La majorité se rend en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Malaisie et au Qatar pour y travailler dans la construction, dans la manufacture et comme employés de maison. Les véritables chiffres atteindraient environ le double. Le Népal est la deuxième plus grande force de main-d'œuvre migrante au Qatar après l'Inde (Secteur de la construction au Qatar). Une véritable traite de migrants s'est établie au Népal (2011), le fait d'agences de recrutement aux pratiques malhonnêtes[10].

Notes et références

  1. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/np.html
  2. International Monetary Fund (Eds).(2015).Staff Report for the 2015 Article IV Consultation.International Monetary Fund.IMF Country Report No.15/317.p.4
  3. Campbell D.(2010).Employment-led Growth in Nepal.International Labour Office: Genève, Suisse.pp.20-21
  4. Sijapati B et.al.(2015).Migration and Resilience: Experiences from Nepal’s 2015 Earthquake.Research Paper VII, Centre for the Study of Labour and Mobility, Social Science Baha: Kathmandu, Nepal. (ISBN 978-9937-2-9663-2) p.1
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i Christine Barbaste, François-Xavier Delmas et Mathias Minet, Le guide de dégustation de l'amateur de thé, Paris, Éditions du Chêne, , 247  p. (ISBN 978-2-81231-012-6, notice BnF no FRBNF44302217)
  6. (en) P. Koirala, S. Dhakal et A. S. Tamrakar, « Pesticide Application and Food Safety Issue in Nepal », Journal of Agriculture and Environment, vol. 10, no 0,‎ , p. 128–132 (ISSN 2091-1009, DOI 10.3126/aej.v10i0.2137, lire en ligne)
  7. Agro Enterprise Center Nepal and Federation of Nepalese Chamber of Commerce and Industry (AEC/FNCCI), Tea Development Alliance News (July - August 2007)
  8. (en) Lokendra Karki, Rosa Schleenbecker et Ulrich Hamm, « Factors influencing a conversion to organic farming in Nepalese tea farms », Journal of Agriculture and Rural Development in the Tropics and Subtropics (JARTS), vol. 112, no 2,‎ , p. 113–123 (ISSN 2363-6033, lire en ligne)
  9. Qatar World Cup 2022: 70 Nepalese workers die on building sites sur theguardian.com. 01 Octobre. 2013
  10. Népal — Il faut protéger les migrants népalais, ajouté le 13 décembre 2011. Sur amnesty.be