Économie de l'Égypte

Drapeau de l'Égypte Égypte
Indicateurs économiques
Image illustrative de l’article Économie de l'Égypte
Le Caire, ville mondiale et capitale de l'Egypte

Monnaie Livre égyptienne
Année fiscale 1er Juillet - 30 Juin
Organisations internationales OMC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) en augmentation 332,3 milliards de US$
Produit intérieur brut en PPA en augmentation 1 199 milliards de US$ (2017)
Rang pour le PIB en PPA 22e
Croissance du PIB 4,1 % (2017)
PIB par habitant en PPA en augmentation 13 000 US$ (2017)
PIB par secteur agriculture : 11,9 %
industrie : 33,1 %
services : 55 % (2017)
Inflation (IPC) 23,5 % (2017)
Pop. sous le seuil de pauvreté 25,2 % (2016)
Indice de développement humain (IDH) en augmentation 0,69 (2014)[1]
Population active 29,95 millions (2017)
Population active par secteur agriculture : 29,2 %
industrie : 23,5 %
services : 47,3 % (2015)
Taux de chômage Decrease Positive.svg 12,2 % (2017)
Principales industries textiles, transformation des aliments, tourisme, produits chimiques, produits pharmaceutiques, hydrocarbures, construction, ciment, métaux, produits manufacturés légers
Commerce extérieur
Exportations en augmentation 23,53 milliards de US$ (2017)
Biens exportés pétrole brut et produits pétroliers, fruits et légumes, coton, textiles, produits métalliques, produits chimiques, aliments transformés
Principaux clients en 2016 :
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 12,5 %
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 7,7 %
Drapeau de l'Italie Italie 6,5 %
Drapeau de la Turquie Turquie 6,3 %
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 4,6 %
Importations Decrease Positive.svg 53,02 milliards de US$ (2017)
Biens importés machines et équipement, produits alimentaires, produits chimiques, produits du bois, combustibles
Principaux fournisseurs en 2016 :
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 12,9 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 8,7 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 5,3 %
Drapeau de l'Italie Italie 4,5 %
Drapeau de la Turquie Turquie 4,3 %
Finances publiques
Dette publique Decrease Positive.svg 104,4 % du PIB (2017)
Dette extérieure Increase Negative.svg 76,31 milliards de US$ (2017)
Recettes publiques 35,54 milliards de US$ (2017)
Dépenses publiques 55,09 milliards de US$ (2017)
Déficit public 9,8 % du PIB (2017)

Introduction

Carrefour des civilisations, l'Égypte est en 2017 la 1ère puissance économique du continent africain en matière de PIB PPA et la 3ème si l'on prend le PIB nominal, juste derrière l'Afrique du Sud et le Nigeria.[2] Dû au climat désertique du pays, la plupart de l'activité humaine et économique se retrouve concentrée le long du Nil. L'Égypte dispose d'une économie diversifiée a la différence de nombreux pays africains, ainsi par exemple en 2015, 16 % du PIB était dû aux secteurs manufacturiers, 12 % aux secteurs extractifs (à comprendre l'exploitation de ressources naturelles type pétrole) 13 % au commerce de gros et de détail etc.[3] Le gouvernement a entrepris depuis 30 ans des réformes afin de réduire la forte centralisation héritée du président Nasser.

La politique de réformes et d’ouverture économique entreprise par l’Égypte entre 2006 et 2008 a permis des taux records de croissance élevés à 7 % l'an[4], cela aurait probablement pu continuer sur une plus longue période si il n'y avait pas eu la crise des subprimes. Malgré tout, 40 % de la population est restée sous le seuil de pauvreté, ce qui a entraîné une situation politique et civile instable qui à amené a une révolution.

Histoire

Le gouvernement de Gamal Abdel Nasser entreprend de moderniser les infrastructures et de doter l’Égypte d'une industrie. Des nationalisations sont effectuées et le secteur public devient prépondérant. De nombreuses politiques sociales sont impulsées (réforme agraire, gratuité de l'enseignement, salaire minimum, réduction du temps de travail des ouvriers, etc)[5].

Dans les années 1970, Anouar el-Sadate lance la politique de l'Infitah (ouverture) qui vise, en réduisant le rôle de l’État, à attirer les investissements étrangers. Une classe de nouveaux riches se développe rapidement. En 1975, on compte plus de 500 millionnaires en Égypte mais plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et des bidonvilles se développent autour de la capitale[6]. Par ailleurs, le pays accumule une dette monumentale durant les années de l'Infitah. Pour la restructurer, le FMI demande la suppression de toutes les subventions aux produits de base ce qui provoque des émeutes en janvier 1977. Le gouvernement fait intervenir l'armée, générant un nombre de victimes inconnu[6]. Dans les campagnes, Sadate cherche à obtenir le soutien des élites rurales traditionnelles, dont l'influence avait décliné sous le nassérisme. Des paysans sont expulsés des terres contestées[7].

Hosni Moubarak poursuit la politique de libéralisation de l’économie, notamment par la réduction des subventions à l'agriculture et à la consommation, et par la libéralisation des prix. En 1992, il fait annuler les dispositions régissant la location des terres. Généralement appelée « loi pour chasser les paysans de leurs terres », cette loi, combinée aux autres mesures de désengagement de l’État dans l’économie, accroît le mécontentement des populations rurales pauvres en particulier en Haute-Égypte[7]. Le fait que les conditions de vie du peuple ne se soient pas améliorés mènent finalement à des manifestations de grande ampleur puis à une révolution qui voit le renversement d'Hosni Moubarak et l'élection du président de façon démocratique pour la première fois dans toute l'histoire du pays.[8]

Le pétrole, le gaz naturel et le gaz extrait par fracturation hydraulique

Article détaillé : Régions pétrolifères en Afrique.

Les hydrocarbures représentent plus de 9 % du PIB, et 40 % des exportations (en 2008). Les réserves en pétrole placent l'Égypte au 6e rang en Afrique (4,07 milliards de barils) et au 3e rang pour le gaz naturel (2 060 milliards de m3 avec 3 000 milliards de m3 de réserves probables).

Ces secteurs sont administrés par des monopoles d’État : l’Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) pour le secteur pétrolier et l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS) pour le secteur gazier. Les subventions[9] dans le secteur de la commercialisation représentent en 2012 10 % du PIB. Un plan de diminution des subventions est en place depuis 2008 mais a été ralenti par la crise économique mondiale de 2010. En octobre 2012, une réforme progressive des subventions à l’énergie a été annoncé par le Premier ministre.

Une forte hausse de la demande intérieure en pétrole a provoqué une chute des exportations [10]. Toutefois, plusieurs gisements pétroliers importants ont été découverts depuis 2008 dans le désert occidental par l’American Apache Corporation[11] (la production nette d'Apache en Égypte représentait en 2012 un volume quotidien moyen de 100 000 barils de pétrole brut et 10 millions de m3 de gaz. Sinopec, groupe pétrolier chinois, a pour projet de racheter 33 % des actifs de Apache en Égypte durant l'année 2013).

Depuis 2011, l'Égypte consomme plus de pétrole qu'elle n'en produit[12].

L'Égypte possède 9 raffineries[13], ce qui est insuffisant pour le marché intérieur. Elle est donc obligée d'importer des carburants. De nouvelles constructions sont envisagées avec des investisseurs saoudiens, koweïtiens et la Libye.

Plus de 10 millions de tonnes d'engrais (essentiellement phosphates et engrais à base de nitrate) sont produits dans 8 usines permettant une faible exportation vers des marchés de petite taille[14].

La production, la commercialisation et l'exportation du gaz naturel sont en forte augmentation [15] grâce à d'importantes découvertes récentes au large du Delta du Nil en mer Méditerranée (Port Faud, Temsah du Sud et Wakah) et dans le désert occidental. Le gazoduc arabe transporte le gaz naturel vers le Moyen-Orient (et à terme vers l'Europe - projet Nabucco) : Jordanie, Syrie, Turquie, Israël. Ce pays devrait devenir le premier exportateur de gaz naturel liquéfié devant l'Algérie (la recette des Exportation de gaz est passé de : 1,5 milliard USD en 2005 à 7,8 milliards USD en 2008). 

Des trains de liquéfaction DNL (ensemble des unités d’une usine ou d’une installation mobile assurant le traitement et la liquéfaction du gaz naturel) sont en fonctionnement depuis 2005 dans des partenariats avec Petronias (Malaisie), GDF Suez (France)[16] et Union Fenosa (Espagne)[17].

En 2012, l’Égypte s'est engagée sur la voie de la fracturation hydraulique, dans le Western désert. Les réserves seraient de 6 000 milliards de m3 de gaz[18].

En 2015, le groupe italien ENI annonce la découverte du « plus grand gisement offshore de gaz naturel dans les eaux territoriales de l'Égypte, une découverte qui aura des répercussions sur la stabilité énergétique de la Méditerranée[19] », ce gisement sera nommé Zohr. Et, en 2018, la même compagnie annonce une découverte de gaz dans la zone de prospection et d'exploration Faramid South qui se situe à 30 km au nord-ouest de la concession Melehia dans le désert égyptien occidental[20].

Agriculture

Depuis toujours, et jusqu'à la construction du barrage d'Assouan, sa crue du Nil assurait la fertilisation des terres. Encore actuellement, il permet l'irrigation de sa vallée et assure de bonnes récoltes au milieu du désert. Sa vallée est une oasis linéaire. Le barrage d'Assouan procure une réserve de pêche, et retenant plusieurs années de crue, permet d'irriguer des espaces supplémentaires. Le tiers de la population travaille dans le secteur agricole.

Construction

En Égypte, les grandes entreprises de construction utilisent des sous-traitants et les recruteurs de main-d'œuvre pour avoir accès à une main-d'œuvre flexible, plutôt que d'embaucher des travailleurs directement par des contrats légaux. On estime que 90 p. 100 des travailleurs de la construction manuelle sont embauchés de façon occasionnelle en tant que travailleurs salariés ou sont des travailleurs autonomes. Les Coffeehouse des travailleurs de la construction sont les endroits où les sous-traitants et les artisans qui se rencontrent et se socialisent et où le recrutement s'effectue. Les artisans sont embauchés parmi des parents et des amis. Les liens solides entre les employeurs et les travailleurs (patrons et clients) et la cohésion entre les membres du même groupe restreignent l'accès aux emplois par des « étrangers ». Mais le marché pour les travailleurs (qui attendent en dehors des cafés) est plus ouvert[21].

Tourisme

Le tourisme est la première ressource en devises de l'Égypte et l'un de ses principaux secteurs d'activités avec des recettes de l'ordre de 7 milliards de dollars par an, supérieures au transfert des émigrés égyptiens à l'étranger. Cependant cette rente est fragilisée par les attentats qui ont visé des sites touristiques en 1997 et 2004. Cela ne s'est pas amélioré puisque entre 2010 et 2012 le tourisme a diminué de 11 % à cause de l'instabilité politique du pays. Fin 2012 avait aussi été marqué par la demande des salafistes faite auprès du gouvernement égyptien pour détruire les pyramides de Gizeh qu'ils jugent comme des monuments païens[22].

Les chiffres du tourisme

En 2013, le pays a accueilli 9,497 millions de visiteurs, ce qui représente 6,044 milliards $ de revenus.

Le canal de Suez

Le canal de Suez rapporte environ cinq milliards de dollars de recettes par an au budget égyptien en 2012.

Télécommunication

En 2007, l'Égypte comptait 30 millions d'abonnés à la téléphonie mobile, soit 39,82 % de taux de pénétration[23].

Aides internationales

Depuis 1948, l’Égypte a reçu des États-Unis d'Amérique une aide financière évaluée en 2013 à 70 milliards de dollars essentiellement pour le domaine militaire (1,3 milliard par an). Les ÉUA maintiennent leur aide malgré les troubles politiques qui sévissent depuis plusieurs mois dans le pays[24]. Une aide budgétaire complémentaire avait été conclue avec le président Morsi en avril 2013 en attente de l'aide du FMI[25].

L'aide financière du FMI est en suspens depuis juillet 2013. Par contre, l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis qui s’étaient engagés pour une aide de 12 milliards de dollars ont déjà débloqué 5 milliards[26].

Le Qatar en avril 2013 envisageait l'achat d'obligations égyptiennes (3 milliards de dollars) et une aide financière de 5 milliards. Ces décisions ont été suspendues à la suite de la destitution du président Morsi[27].

La Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), institutions financières de l'Union européenne, ont mis au point en novembre 2012 un programme d'assistance aux Égyptiens, de cinq milliards d'euros, qui devait s’étaler jusqu'en 2014. Seulement 16 millions ont été accordés. Le programme est bloqué en raison de l'instabilité du pays depuis la destitution du président[28].

FMI

Un accord technique avec le FMI pour une aide d’un montant de 4,8 Mds USD était en cours en novembre 2012 pour soutenir financièrement la mise en place du programme économique et social du gouvernement au cours de l’année fiscale 2013-2014[29],[30]. Le 16 avril 2013, l'agence Reuters annonce la fin des discussions sans qu'un accord ait pu être conclu[31],[32].

Liens externes

Notes et références

  1. [1]
  2. (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 30 mai 2018)
  3. « Présentation de l'Egypte », sur France Diplomatie : : Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (consulté le 30 mai 2018)
  4. « Égypte - Croissance annuelle du PIB (%) | Statistiques », sur perspective.usherbrooke.ca (consulté le 30 mai 2018)
  5. Anouar Abdel-Malek, « Le nassérisme dans l'histoire de l’Égypte », Manière de voir,‎
  6. a et b Les Pharaons de l'Egypte moderne, Arte,
  7. a et b Dan Tschirgi, « Des islamistes aux zapatistes, la révolte des « marginaux de la terre » », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  8. « Mohamed Morsi, premier président égyptien démocratiquement élu », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  9. http://www.contrepoints.org/2013/04/01/120093-egypte-sortir-du-cauchemar-des-subventions
  10. http://ema.revues.org/1243
  11. http://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/0305-10675-egypte-quatre-nouveaux-puits-de-petrole-dans-le-desert-a-el-farafra
  12. « Energy Balance by Country | The Shift Project Data Portal », sur tsp-data-portal.org (consulté le 11 juin 2016)
  13. http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Environmental-and-Social-Assessments/Projet%20de%20soci%C3%A9t%C3%A9%20%C3%A9gyptienne%20de%20raffinage%20-%20Etude%20d%E2%80%99impact%20environnemental%20et%20social%20-%20r%C3%A9sum%C3%A9%20non%20technique.pdf
  14. http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/energie/accord-entre-sonatrach-et-l-egyptien-oci-27-05-2013-163605_289.php
  15. http://data.lesechos.fr/pays-indicateur/egypte/production-de-gaz-naturel.html
  16. http://www.codegaz.org/fr/actualites/173-temoignage-dun-membre-actif-en-egypte.html
  17. http://www.otfinance.com/references.htm
  18. http://www.agenceecofin.com/gaz-de-schiste/2608-6390-l-egypte-adopte-la-fracturation-hydraulique
  19. « Égypte : découverte du "plus grand" gisement de gaz en Méditerranée (ENI) » (consulté le 30 août 2015)
  20. Jean-Guy Debord, « Eni announces a gas discovery in the Egyptian Western Desert », sur www.euro-petrole.com (consulté le 11 septembre 2018)
  21. Assaad, Ragui. 1993. “Formal and informal institutions in the labor market, with applications to the construction sector in Egypt”, in World Development (Oxford, Pergamon Press), Vol. 21, No. 6, pp. 925-939., cité dans The construction industry in the twenty-first century: Its image, employment prospects and skill requirements. Sur le site de l'Organisation internationale du travail, ilo.org
  22. http://www.lefigaro.fr/culture/2012/11/12/03004-20121112ARTFIG00485-un-leader-djihadiste-appelle-a-la-destruction-de-pyramides.php
  23. Union internationale des télécommunications,ICT statistics
  24. http://trends.levif.be/economie/opinion/chronique-economique/supprimer-l-aide-americaine-a-l-egypte/opinie-4000383053204.htm
  25. https://www.challenges.fr/monde/20130303.REU8769/les-etats-unis-octroient-a-l-egypte-une-aide-budgetaire.html
  26. http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130824-egypte-aide-financiere-fmi-lagarde-fonds-monetaire-international
  27. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/07/10/qui-aide-financierement-l-egypte-apres-la-chute-de-morsi_3445644_3212.html
  28. BRUXELLES, 21 août - RIA Novosti
  29. https://www.tresor.economie.gouv.fr/File/378628 [archive]
  30. http://www.mof.gov.eg/MOFGallerySource/Arabic/PDF/reforms2012-2014-ar.pdf
  31. http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0D303820130416
  32. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/eg.html