École nationale d'administration (Algérie)

École nationale d'administration
Informations
Fondation
Fondateur État Algérien
Régime linguistique français, arabe
Localisation
Coordonnées 36° 45′ 09″ nord, 3° 01′ 17″ est
Ville Alger
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Direction
Directeur Abdelhak Saihi
Divers
Site web www.ena.dz

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École nationale d'administration

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École nationale d'administration

L'École nationale d'administration (ENA), connue sous le nom d’ÉNA d'Alger, est une grande école algérienne créée en 1964 pour assurer la formation des cadres de conception et des hauts fonctionnaires pour les besoins de l’administration de l’État, des collectivités territoriales et des institutions publiques.

Placée depuis le 12 novembre 2005 sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales, elle est chargée aujourd'hui d'assurer la sélection et la formation initiale et continue des hauts fonctionnaires. Elle assure de plus une fonction de recherche pour le compte de l'administration publique algérienne à travers son Centre de Documentation, de Recherche et d'Expertise (CDRE)[1].

L'ENA d'Alger édite la revue semestrielle "IDARA" (Administration)[2].

L’École nationale d’administration (ENA) porte depuis le 10 décembre 2014 le nom d’Ahmed Medeghri, premier ministre algérien de l'Intérieur considéré comme “le père de l’administration algérienne”[3].

Les locaux de l'ENA d'Alger sont situés à Hydra sur les hauteurs de la ville d'Alger. La direction générale de l’ENA est assurée par Abdelhak Saihi depuis janvier 2016[4].

Histoire

Création

L'École Nationale d'Administration a été créée en 1964, deux ans après l’indépendance de l’Algérie, par  le décret présidentiel no 64-155 du 08 juin 1964 (JORADP no 48 du 12 juin 1964, page 655)[5] signé par le premier président de République algérienne, Ahmed Ben Bella. Rattachée directement à la présidence de la République algérienne, le statut de l’école était celui d’un établissement public avec pour mission dévolue la formation des fonctionnaires de conception des administrations centrales et des services extérieurs (administrations territoriales locales).

Contexte historique

Après le départ précipité, à partir du printemps 1962,  des personnels européens, laissant des services administratifs vacants, la création de l’École Nationale d’Administration, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, participait de la volonté de construction de l’État naissant et de la nécessité de faire face aux besoins induits par l’administration d’un vaste territoire ( 2 381 741 km2).

Tutelle de l'ENA

Placée à la date de sa création sous la tutelle de la présidence de la République algérienne, l'école a connu plusieurs changements concernant son rattachement. Ci-dessous un tableau résumant les tutelles successives de l'école:

Tutelle de l'ENA de 1964 à 2005
Année Tutelle
1964 Présidence de la République[6]
Ministère de la réforme administrative et de la fonction publique[7]
1965 Ministère de l’intérieur[8]
1982 Secrétariat d’État chargé de la fonction publique et de la réforme administrative[9]
1984 Premier Ministère[10]
1987 Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique[11]
2005 Ministère de l’intérieur et des collectivités locales[12]

Le siège de l'ENA à Hydra

Enseignements

Formation initiale sur concours

L'admission à l'École se fait sur la base d'un concours sur épreuves, ouvert chaque année par arrêté du ministre de l'intérieur et des collectivités locales. La participation au concours est conditionnée par l’âge (28 au maximum pour les candidats non fonctionnaires, 32 ans au maximum pour les fonctionnaires) et le niveau d’instruction (une licence de l’enseignement supérieur).

Concours

Le concours est constitué de deux phases :

  • la première phase: elle consiste en des épreuves écrites d'admissibilité. Elle porte sur une épreuve de culture générale, une épreuve au choix par spécialité et une épreuve de langues étrangères (français ou anglais).
  • la deuxième phase: elle consiste en une épreuve orale d'admissibilité devant un jury d'examen. L’épreuve orale est un entretien de culture générale, axé principalement sur les problèmes politiques, économiques, sociaux, et culturels.

Cursus

La scolarité des élèves à l’école se déroule sur trois années de formation, ponctuées de stages pratiques en milieu professionnel:

  • Une première année dite de mise à niveau et d’homogénéisation des connaissances. L’objectif de la formation de la première année vise à corriger les carences des élèves dans certaines disciplines par rapport aux exigences du programme de formation et à les préparer aux enseignements dispensés en deuxième et en troisième année.
  • Une deuxième année dite de professionnalisation du profil des élèves. Elle est  orientée sur des  problématiques pluridisciplinaires. Les enseignements sont répartis entre une série de domaines communs de professionnalisation  et un domaine de compétences techniques.
  • Une troisième année d’approfondissement des qualifications des élèves  favorisant une démarche optionnelle sur les grands thèmes ou les grands secteurs de l’administration publique.
  • Un séjour de plusieurs semaines, sous  forme de stages  pratiques en milieu professionnel.

Organisation pédagogique[13]

Les enseignements dispensés durant le cycle de la formation à l’école sont articulés sur les axes suivants : 

  • Les travaux dirigés : Ils sont orientés, par une participation active des élèves, vers des objectifs d’apprentissage et d’approfondissement des enseignements acquis en cours magistraux.
  • Les conférences de méthode : basées sur les techniques de la communication,  et de l'échange, elles visent à développer chez les élèves l’interactivité, la collégialité et le travail en équipe.
  • Les stages et formations pratiques : Les stages pratiques visent à donner aux élèves, futurs responsables publics, une expérience pratique du fonctionnement de l’administration et des institutions publiques.  En première année, les stages se déroulent auprès des administrations publiques locales (commune, daïra, wilaya) ; auprès d’une  institution et administration centrale publique (ministère, présidence de la république, Assemblée nationale…), une entreprise ou une institution financière en deuxième année. En troisième et dernière année, le stage est pratiqué aux fins de l’élaboration du mémoire de fin de formation.

Évaluation et sanction de la formation[14]

Évaluation de la formation

L’évaluation de la formation dispensée aux élèves de l’ENA porte  sur les enseignements, les stages pratiques et l’assiduité.

Chaque matière d’enseignement fait l’objet de deux évaluations, l’une sous forme de contrôle permanent durant l’année scolaire  et l’autre sous forme d’un examen de synthèse. Les deux modes d’évaluations comptent, à raison de 50% chacun, dans le résultat de l’évaluation finale de la matière enseignée.

Le mode d’évaluation des stages de première et de deuxième année est basé sur la note attribué par le jury de soutenance du rapport de stage (60%),  la note d’appréciation de l’encadreur du stagiaire (20%) et, enfin, la note  d’appréciation attribuée par le directeur général de l’École (20 %). L’évaluation du stage de la troisième année est intégrée dans la note du mémoire de fin de formation en fonction de l’appréciation du tuteur de stage (10 %) ; de ’appréciation générale de l’élève par le directeur général de l’école (10%) ; et de la note de soutenance du mémoire de fin de formation (80 %).

La note d’évaluation de l’assiduité de chaque élève est du ressort  du directeur général de l’École au titre de chaque année scolaire.                                                                                                       

Les résultats au titre chaque année scolaire sont proclamés par ordre de mérite.

Sanction de la formation

En application des dispositions réglementaires relatives au statut des élèves  ayant obtenu le diplôme de l’École nationale d’administration, ces derniers sont nommés en qualité de stagiaires dans le grade d’administrateur principal[15].

Formation continue[16]

Depuis l’année 2000, en plus de sa mission classique,  dite formation initiale sur concours,  l'ENA a élargi le champ de ses activités en assurant une formation dite continue, destinée aux cadres en activité, à l’initiative des administrations concernées. Dans ce cadre, trois types de formations sont prises en charge par l’école : le perfectionnement, la post-graduation spécialisée (PGS) et la préparation aux examens et concours.

Actions de perfectionnement

Cette action de formation, organisée en cycles courts (quelques jours), vise  à initier les cadres en activité aux méthodes et techniques modernes de gestion, à la mise à jour de leurs connaissances et à leur préparation aux changements dans l’organisation du travail.

Post-graduation spécialisée

La Post-graduation spécialisée, instituée par le décret exécutif n° 98-254 du 17 août 1998[17], est  assurée sous forme de cycles moyens (700 heures réparties sur une durée allant jusqu’à un an). Centrée sur des enseignements pratiques, cette formation est soumise à des conditions d'accès et est sanctionnée par la délivrance d’un diplôme national.

Concours et examens professionnels

N’excédant pas un mois, des cycles de préparation aux examens et concours professionnels, sont organisés  par l’école en réponse aux demandes exprimées par les institutions et administrations publiques. L’école assure, également, l'organisation matérielle du déroulement des épreuves.

Administration de l'école

L'École nationale d'administration d’Alger est un établissement public à caractère administratif placé actuellement sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales. Les statuts de l’École publiés par décret exécutif en novembre 2006 prévoient son administration par un conseil d'administration et sa direction par un directeur général. L’École est pourvue d'un conseil scientifique et pédagogique.

Conseil d'administration[18]

En vertu des dispositions du décret exécutif n°06-419 du 22 novembre 2006 portant organisation et fonctionnement de l’École nationale d’administration, celle-ci est doté d’un Conseil d’administration.

Le Conseil d’administration est composé de représentants des départements ministériels (ministre de l’intérieur et des collectivités locales, ministère des affaires étrangères, ministère des finances, ministère de la défense nationale, ministère chargé de l’enseignement supérieur, ministère chargé de la communication, autorité chargée de la fonction publique), d’un wali (voir Wilaya ), de représentants d’enseignants permanents de l’École et d’enseignants à temps partiel, d'un représentant du personnel administratif et technique de l’École et d'un représentant des élèves de l’école.

Directeur général[19]

Le directeur général de l’École est nommé par décret présidentiel, sur proposition du ministre de l'intérieur et des collectivités locales. La direction actuelle de l'École est assurée par Abdelhak SAIHI.

Conseil scientifique et pédagogique[20]

Le conseil scientifique et pédagogique est présidé par un enseignant permanent de rang magistral, désigné pour une durée de trois (3) ans par arrêté du ministre de l’intérieur et des collectivités locales sur proposition du directeur général de l’École.

Le conseil scientifique et pédagogique est  composé de représentants de la direction de l’école (direction des études, direction des stages, direction de la formation continue et de la coopération, centre de documentation, de recherche et d'expertise), de représentants du corps enseignant permanent et vacataire, de fonctionnaires représentant l’administration territoriale et l’administration centrale, d’enseignants relevant du département ministériel chargé de l’enseignement supérieur.

Organisation administrative de l'école

L'organisation actuelle de l'ENA, mise en œuvre depuis novembre 2006, prévoit cinq structures[21] : un secrétariat général, une direction des études, une direction des stages, une direction de la formation continue et de la coopération, un centre de documentation, de recherche et d'expertise. Ces structures sont placées sous l'autorité du directeur général de l'école.

La vie à l'école

Résidence des élèves

Centre de documentation (bibliothèque)

Activités sportives et culturelles

Anciens élèves

Depuis sa création en 1964 jusqu'à 2016, l'ENA a formé 6 654 élèves diplômés algériens et 299 élèves étrangers dont 204 dans la filière diplomatique dans le cadre de la coopération du gouvernement algérien avec les pays africains[22].

Promotions de l'ENA

L'École a formé 6 654 élèves algériens et étrangers depuis sa date de création en 1964 (chiffres de 2016). Les promotions sorties de l’ENA d’Alger, au nombre de 45 jusqu’à l’année 2016[23], portent un nom spécifique, à l’instar de l’ENA de Paris, en hommage à un personnage, un événement ou un concept. Il est une tradition établie que la photo de chacune d'entre elles soit affichée sur les murs de l'école.

Liste des promotions de l'ENA entre 1964 et 2016:

Promotions Années Nombre de diplômés
Emir Abdelkader 1964-1968 37
Ben M’hidi 1965-1969 35
Ben Boulaid 1966-1970 36
Didouche Mourad 1967-1971 32
Ben Badis 1968-1972 54
Ibn Khaldoun 1969-1973 73
Mohamed Aslaoui 1970-1974 64
Frantz Fanon 1971-1975 79
Charte Nationale 1972-1976 84
Ahmed Medeghri 1973-1977 72
Malek Haddad 1974-1978 75
Houari Boumediene 1975-1979 67
Malek Bennabi 1976-1980 109
Cheikh Bouamama 1977-1981 131
Chettibi Khemissi 1978-1982 147
Mohamed Seddik Benyahia 1979-1983 175
Cheik Bachir El Ibrahimi 1980-1984 145
Mohamed Laid Al Khalifa 1981-1985 152
Abdelkader Benkaci 1982-1986 309
Moufdi Zakaria 1983-1987 323
Abd El Moumen Ibn Ali 1984-1988 311
Rabah Bouchachia 1985-1989 324
Cheikh Abbas Ben Echeikh El Hocine 1986-1990 293
Constitution 1989 1987-1991 366
Mohamed Boudiaf 1988-1992 147
Mouloud Kassim Nait Belkacem 1989-1993 126
Trentieme Anniversaire de l’E.N.A 1990-1994 128
Mehand Mokhbi 1991-1995 134
16 novembre 1995 1992-1996 207
Abdelmadjid Allahoum 1993-1997 189
Ibn Rochd 1994-1998 166
Unité Africaine 1995-1999 148
Rabah Bitat 1996-2000 118
Saad Dahlab 1997-2001 139
Mohamed Cherif Messadia 1998-2002 120
Mohamed Dib 1999-2003 125
Abdelmadjid Meziane 2000-2004 124
Maurice Audin 2001-2005 121
Hassiba Ben Bouali 2002-2006 162
Mohamed Bellal 2003-2007 153
Mohamed Hardi 2004-2008 318
Boubakeur Belkaid 2005-2009 243
Mostefa Lachraf 2008-2011 98
Ahmed Zahana 2011-2014 94
Assia Djebar 2013-2016 101
Ahmed ben bella 2014-2017

Association d'anciens élèves

Quelques anciens élèves algériens de l’ENA ont fondé en 1989 l’Association des anciens de l’ENA (ADENA)[24]. Censée regrouper les anciens élèves sortis de l'École, ainsi que les anciens élèves étrangers, l’Association des anciens de l’ENA ne connait pas d’activité effective et ne dispose pas de site web officiel.

Anciens élèves célèbres

Personnalités politiques

Notes et références

  1. « Centre de Documentation, de Recherche et d'Expertise (CDRE) »
  2. « Archives de la revue IDARA »
  3. « L’ENA portera le nom d’Ahmed Medeghri », sur http://www.liberte-algerie.com/,
  4. « Saihi Abdelhak, nouveau Directeur général de l'ENA »
  5. « Décret n° 64-155 du 08 juin 1964, JORADP n° 48 du 12 juin 1964, p. 655. »
  6. « Décret n° 64-155 du 08 juin 1964, JORADP n° 48 du 12 juin 1964, p. 5. »
  7. « Décret n° 64-352 du 21 décembre 1964, JORADP n° 104 du 22 décembre 1964, p. 1319. »
  8. « Décret n° 65-197 du 29 juillet 1965, JORADP n° 65 du 6 août 1965, p. 730. »
  9. « Décret n° 82-250 du 24 juillet 1982, JORADP n° 30 du 27 juillet 1982, p. 1052. »
  10. « Décret n° 84-35 du 18 février 1984, JORADP n° 8 du 21 février 1984, p. 166. »
  11. « Décret n° 87-270 du 15 décembre 1987, JORAD n° 51 du 16 décembre 1987, p. 1285. »
  12. « Décret présidentiel n° 05-440 du 12 novembre 2005, JORADP n° 75 du 20 novembre 2005, p. 3. »
  13. « Formation initiale / Organisation pédagogique », sur http://www.ena.dz/ (consulté le 5 octobre 2016)
  14. « Évaluation et sanction de la formation », sur ena.dz (consulté le 16 octobre 2016)
  15. « Arrêté interministériel du 28 décembre 2009 fixant les programmes de formation, l’organisation des stages, les modalités d'évaluation et de délivrance du diplôme de l'École nationale d’administration, JORAD n° 13 du 21 février 2010, p. 12. », sur joradp.dz, (consulté le 16 octobre 2016)
  16. « Formation continue », sur ena.dz (consulté le 13 octobre 2016)
  17. « Décret exécutif n° 98-254 du 17 août 1998, JORADP n° 60 du 19 août 1998, p. 9. » (consulté le 13 octobre 2016)
  18. « Décret exécutif n°06-419 du 22 novembre 2006, JORADP n° 75 du 26 novembre 2006, p. 3, 4. »
  19. « Décret exécutif n°06-419 du 22 novembre 2006, JORADP n° 75 du 26 novembre 2006, p. 4, 5. »
  20. « Décret exécutif n°06-419 du 22 novembre 2006, JORADP n° 75 du 26 novembre 2006, p. 5. »
  21. « Décret exécutif n°06-419 du 22 novembre 2006, JORADP n° 75 du 26 novembre 2006, p. 5, 6. »
  22. « Chiffres clés »
  23. « Promotions de l'ENA » (consulté le 3 octobre 2016)
  24. « 1964-2014, que sont devenus nos énarques ? »
  25. « Biographie : Abdelmadjid Tebboune » (consulté le 15 octobre 2016)
  26. « Biographie : Azzedine Mihoubi », sur premier-ministre.gov.dz (consulté le 15 octobre 2016)
  27. « Biographie : Mohamed El Ghazi », sur premier-ministre.gov.dz/fr/ (consulté le 15 octobre 2016)
  28. « Biographie : Noureddine Bedoui », sur premier-ministre.gov.dz/fr/ (consulté le 15 octobre 2016)

Voir aussi

Bibliographie

Liens internes

Liens externes